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RAISED FIST + SEPTICFLESH : Ubiquité! (+ MOONSPELL) – Lundi 30 mars 2015 – Toulouse, Le Metronum + La Dynamo –

Posted in RAISED FIST / SEPTICFLESH Toulouse 30.03.2015 with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 31 mars 2015 by JATA LIVE EXPERIENCES
AISED FIST SEPTICFLESH MOONSPELL Toulouse 30 mars 2015

RAISED FIST SEPTICFLESH MOONSPELL Toulouse 30 mars 2015

Qui n’a jamais rêvé, à défaut d’avoir l’étoffe d’un super héro, de posséder au moins un pouvoir, unique, magique? Ce soir, il fallait revêtir le don d’ubiquité si l’on voulait profiter du magnifique plateau métal que nous proposaient les nombreuses associations hyper actives dévolues à notre musique au sein de la ville rose.

SEPTICFLESH Toulouse Le Metronum 30.3.2015 - Photos JATA - (12)Ce sentiment de se trouver à plusieurs endroits au même moment, ce jour là,  pour la première fois, je l’ai un peu ressenti…

La date était pourtant calée, excitante à souhaits : Moonspell revenait déjà nous rendre visite après son passage réussi au Bikini il y a un peu moins de deux ans (lire Pas de panique! ) accompagné d’un groupe majeur, vu lors du dernier Hellfest mais aussi avec Amon Amarth au Bascala en octobre 2011 (lire Des Vikings de coton): Septicflesh. Bref, une aubaine…RAISED FIST Toulouse La Dynamo 30.3.2015 - Photos JATA - (6)

Lors de l’été dernier, Raised Fist fut ma révélation de l’Xtrême Fest, un coup de cœur inattendu! Je me croyais hermétique à tout ce qui s’apparente au Hard Core et venais pourtant de prendre une décharge qui marquait à jamais ma si riche vie de concerts. Je n’espérais qu’une chose, revoir les suédois au plus vite en tête d’affiche!

N’osant espérer un passage dans ma ville, les prestations du groupe demeurant rarissimes, la jubilation fut totale quand la date de La Dynamo fut confirmée par Niko et Noiser. Joie toutefois de courte durée, le chevauchement avec la date SPM s’avérant des plus agaçants. Une seule issue, l’ubiquité! Plus facile à dire qu’à réaliser! J’en connais plus d’un qui aimeraient, l’espace de certains Hellfest profiter de ce pouvoir illusoire…

SEPTICFLESH Toulouse Le Metronum 30.3.2015 - Photos JATA - (10)Quoi qu’il en soit, une solution se profilait à l’horizon… Le running time allait me permettre d’assister au concert de Septicflesh de 20h à 21 h puis de filer tranquillement à La Dynamo afin de prendre une déflagration monumentale dès 22 h pour Raised Fist. Damned, j’aurais même pu apprécier 3 chansons de Moonspell mais ne voulant tenter le diable, j’optais pour un pacte subtil avec celui-ci, m’agrippant à ses cornes et me laissant succomber allègrement aux rythmes subversifs de ses tentations tentaculaires en cette soirée des plus particulières.SEPTICFLESH Toulouse Le Metronum 30.3.2015 - Photos JATA - (14)

Cerise sur cornes : si la soirée du Metronum attire 500 metalheads, celle de La Dynamo affiche un beau sold out de plus de 300 coreux déchainés. Si l’on ajoute qu’en cet étrange lundi soir et malgré la concurrence la petite soirée  avec les excellents Hirax  tire son épingle du jeu aux Pavillons Sauvages avec plus d’une centaine de thrashers, l’enfer métallique se situe bien au sein de notre citée rose sang!

SEPTICFLESH Toulouse Le Metronum 30.3.2015 - Photos JATA - (11)Il est 20 heures pétantes au Metronum. SEPTICFLESH entre en scène fort de leur excellent et dernier opus Titan qui ne déroge guère de l’inspiration de leurs précédents efforts discographiques. Beaucoup de fans semblent s’être déplacés pour les Grecs. Les fans ne vont ni être déçus, ni bouder leur plaisir, réservant au quartet de belles ovations.SEPTICFLESH Toulouse Le Metronum 30.3.2015 - Photos JATA - (3)

Servis par un son optimal et amenés par le charisme sans faille du frontman Seth Siros vers lequel convergent tous les regards, l’emphase grandiloquant des hymnes death lyriques installent une ambiance qui envoûte, capture l’attention, suscite une certaine solennité…

SEPTICFLESH Toulouse Le Metronum 30.3.2015 - Photos JATA - (6)Si le groupe a mis à l’écart  la première partie de sa carrière (même l’excellent album Revolution DNA passe à la trappe), il dispose à son actif de tant de classiques (Anubis et Pyramid God illustrent à la perfections l’intensité de ces parcelles de messes fascinantes) que l’heure qui lui est dévolue parait bien courte.SEPTICFLESH Toulouse Le Metronum 30.3.2015 - Photos JATA - (5)

Seul bémol, éternel s’il en est, la profusion (néanmoins inévitable) de samples, et surtout l’absence d’un musicien supplémentaire aux claviers, sans doute hors budget pour la viabilité du groupe mais qui lui offrirait peut être une crédibilité accrue lui ouvrant de nouvelles perspectives. D’autant plus que les titres issus du dernier album font mouche (Order of dracul et Prototype, quels hits!).

SEPTICFLESH Toulouse Le Metronum 30.3.2015 - Photos JATA - (13)C’est aussi l’occasion pour le groupe de nous présenter leur nouveau batteur Krimh que l’on avait vu déjà jouer dans Decapitated et qui délivrera ce soir une fort belle impression. S’il demeurera délicat se de faire oublier l’excellent Fotis, la jeune recrue, amenée sur le devant de la scène par Seth en fin de set (sic) récoltera les vivas de la foule.

Evidemment, il manque quelques titres majeurs tels le magistral Persépolis. Ne boudons pas néanmoins notre plaisir, SEPTICFLESH vient de nous offrir une excellent show, d’une cohérence et d’une amplitude délectable .

Le set se conclue magistralement avec l’offrande de leur tout nouveau single (et clip), dark lyrique à souhaits, le malsain Prometheus. De quoi marquer les esprits et patienter un tout petit peu, le groupe nous invitant à les revoir dans notre ville avant la fin de l’année!SEPTICFLESH Toulouse Le Metronum 30.3.2015 - Photos JATA - (20)

RAISED FIST Toulouse La Dynamo 30.3.2015 - Photos JATA - (9)La plupart de nos amis semblent sous le choc. Ils ont presque tous opté pour l’affiche du Metronum ce soir. En ce qui nous concerne, Jimmy et moi nous délectons de ce qui nous attend après cette fascinante ouverture de soirée. Après avoir emprunté le chemin des ténèbres oniriques symphoniques, le temps était venu d’embraser la route de la révolte.

Dix petites minutes et nous voilà plongés dans une toute autre ambiance. La dynamo suinte déjà allègrement des vociférations de Black Knives dont le set touche à sa fin.RAISED FIST Toulouse La Dynamo 30.3.2015 - Photos JATA - (1)

RAISED FIST Toulouse La Dynamo 30.3.2015 - Photos JATA - (14)Sylvie, tranquillement perchée sur la rochelle frontale s’impatiente de lever enfin son poing tandis que nous investissons le premier rang. Dès les premiers accords de Sound of the republic offerts par les suédois, la déflagration s’avère tout simplement inimaginable, pas même entravée par un son qui ne suit pas. Même sur Flow, le dernier single, la voix ne parvient pas à transpercer les premiers rangs tandis que le jack HF du guitariste blondinet Jimmy Tikkanen s’avère récalcitrant. Pris par la fuerie, suis-je le seul à m’interroger, à vouloir aussi en prendre plein les oreilles et pas seulement plein des côtes, les pieds, le dos, le crane?RAISED FIST Toulouse La Dynamo 30.3.2015 - Photos JATA - (17)

Le groupe stoppe tout, change le jack, affine les derniers réglages et repart de plus belle, servi cette fois par une sono digne de son rang. Bienvenu dans une jubilation totale! Le Chaos est lancé… La transe est telle qu’elle illustre humainement la révolte perspicace d’un groupe tout simplement magique. Uniques en son genre, les hurlements d’ Alexander Hagman sont si harmonieux, les refrains tellement travaillés qu’ils pourraient même être sifflotés sous la douche tels en attestent Some of these times, WoundsPretext ou encore Killing it.  L’empreinte vocale s’avère prépondérante, unique, teintée de fièvre et de passion. RAISED FIST Toulouse La Dynamo 30.3.2015 - Photos JATA - (8)Parfaits contrepoids de couplets si syncopés qu’ils se déploient sur nous tels un rouleau compresseur à clous, la jubilation s’avère totale, servie par du hard core aux consonances métal dans l’âme. Bref, jubilatoire! Les corps s’entremêlent, se choquent, convulsent à tout va. Ce n’est même plus des pogos, une sorte de marée slammeuse où les pieds se confondent avec les cranes s’abbat sur la Dynamo. Prendre des photos dans de telles conditions relève de la performance, ranger son appareil tant qu’il est encore temps requiert une concentration sans précédent.

RAISED FIST - Toulouse - Official photo - I'm on the right side!

RAISED FIST – Toulouse – Official photo – I’m on the right side!

RAISED FIST Toulouse La Dynamo 30.3.2015 - Photos JATA - (28)RAISED FIST Toulouse La Dynamo 30.3.2015 - Photos JATA - (27)Rentrons enfin un peu plus dans la danse. Prendre la vague tel un surfeur de foule, ne pas se lasser happer par un courant contraire, vivre l’instant de délire déflagratif comme il se doit. Le sol est désormais parsemé de flaques de sueur. Terrain glissant en perspective. Loin de s’atténuer, le mouvement s’amplifie, la petite salle du centre ville surplombée par la Vierge explose à tout va. Coup de casque arrière dans mon nez, une semaine plus tard, je le sens encore. Mais peu importe, certains doivent encore ressentir également les dommages de ma présence. Les corps s’entrechoquent avec respect. Les risques d’un style, un cri de rage envers le quotidien. Les filles s’avèrent en fuerie, grimpent partout, se jettent sur les gars, s’agitent quasi hystériques.RAISED FIST Toulouse La Dynamo 30.3.2015 - Photos JATA - (11)

RAISED FIST Toulouse La Dynamo 30.3.2015 - Photos JATA - (4)Musicalement, Dieu que c’est bon. Certes quelques intros en rappellent d’autres (Man & Earth vs Friends and traitors) mais le groupe est tellement impliqué que l’osmose s’avère totale. Si Jimmy et Alle sont depuis longtemps torse nus, la perfection de leur buste aux abdos et pectoraux ciselés telle de la dentelle organique, n’annihile nullement la présence et la performance de leur  trois comparses Daniel Holmgren, Matte Modin et Andreas Johansson.RAISED FIST Toulouse La Dynamo 30.3.2015 - Photos JATA - (15)

13 titres seulement dont 3 du dernier opus From the North, à peine 55 minutes sur scène mais un tel déploiement d’énergie, une décharge d’adrénaline de tous les instants, des fulgurances magistrales, que demander de plus? Nous aurions certes aimé être galvanisés par l’imparable In Circle mais le point de rupture scrute l’horizon, chaque veine du coup de Alle dessine un chemin si précis que l’issue ne peut se substituer à un précipice fatal s’il rajoute quelques chapitres à la performance.

Ce groupe culte venu du Nord qui avait disparu 6 ans durant et dont j’ignorais tout jusqu’à l’été denier nous a proposé une offrande divine, une prestation telle un brûlot qui hantera à jamais les murs du futur hôtel qui a eu la peau de la Dynamo. Tels des symboles de l’oppression sociétale et des méfaits du pognon à tout va, la soirée se conclue par Perfectly broken et le chef d’oeuvre attendu par tous: Friends and traitors. Tout est dit, cassé, sali. Nous voici embarqué au dessus de la masse, le poing levé!

La classe et le talent ont exsudé leur rage ce soir, partout dans la ville rose. Pour en profiter, il fallait malheureusement avoir un pouvoir, un seul, l’ubiquité….

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Chronique : Titi. Merci à Conan Akiro.

Photos et mise en page : Titi

Merci à SPM et à Fred en particulier! Merci à Noiser et à Niko en particulier!

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LES PHOTOS JATA DE SEPTICFLESH :

LES PHOTOS JATA DE RAISED FIST :

Bonus : le live report de MOONSPELL by Conan Akiro

Une tragique nouvelle a frappé le groupe MOONSPELL dans la journée puisque le guitariste Ricardo Amorim a eu la douleur de perdre son père. Après un moment de réflexion, le groupe a décidé de continuer la tournée (seule la date de Londres a été déplacée pour que Ricardo aille aux obsèques). L’ambiance risque d’être particulière en émotions.

On retrouve MOONSPELL dans les circonstances dramatiques évoquées plus haut. Mais on peut en tout cas admirer leur scène magnifique et un peu malsaine créée par Seth Siros, le frontman de SEPTICFLESH, déjà auteur de nombreuses pochettes d’albums (dont celles des trois derniers opus des portugais). Comme pour les Grecs précédemment, le son est nickel et on peut se délecter des nouvelles offrandes de l’excellent dernier album: le puissant Breathe, le nouveau classique Extinct (vraiment très bon avec sa petite touche indus) ou encore The future is dark très chargé en émotions  avec sa ligne mélancolique. Alors évidemment, par rapport à la puissance de Septicflesh, la musique de MOONSPELL est bien plus calme et l’ambiance est quelque peu retombée. Mais cela n’empêche pas le public d’être très chaleureux en applaudissements. Et puis, il faut bien dire que le groupe ne va pas se « lâcher », vu le drame qui les touche. Cela n’empêche en rien le show d’être excellent.

Bien-sûr, un concert de Moonspell ne peut se faire sans les grands classiques que sont MephistoVampiriaAlma mater,  ou Opium . Mais je suis content également d’entendre des titres plus rares comme Wolfshade issu de l’album Wolfheart dont on fête les 20 ans cette année. Et bien sûr, c’est le traditionnel Full Moon Madness qui clôt la soirée.

On a beau voir Moonspell très souvent sur Toulouse, il est décidément impossible d’être déçu par un concert du groupe. A chaque fois, ils trouvent le petit truc pour se renouveler et garder leur popularité intacte. On leur souhaite encore une longue carrière. Bravo!

ENTOMBED AD : Still alive! (+ GRAVE + REPUKED) – Samedi 27 septembre 2014 – Toulouse, La Dynamo –

Posted in ENTOMBED A.D Toulouse 27.9.2014 with tags , , , , , , , , , , , on 28 septembre 2014 by JATA LIVE EXPERIENCES

entAprès la trêve estivale, nous voici de retour pour une nouvelle série de comptes rendus sur nos concerts métal préférés. Quelle rentrée mes amis puisqu’en moyenne un voire deux concerts ont lieu par semaine sur Toulouse jusqu’à la mi-décembre. La grande question est maintenant de savoir si le public va suivre ce rythme effréné. D’autant plus qu’en ce samedi soir, deux affiches sont proposées en même temps: ENTOMBED à la dynamo et les excellents Français de MANIGANCE au Metronum (lire notre reportage ici). Visiblement, ces derniers ne s’en ont pas mal sortis avec 150 personnes au compteur, ce qui n’est un bon score compte tenu de la concurrence. La Dynamo est par contre presque pleine. Il est vrai que l’affiche proposée ce soir est vraiment exceptionnelle pour les fans de metal extreme scandinave.

Nous avons droit à une affiche 100% suédoise donc. Et cela commence avec REPUKED, du death metal old school. La première chose que l’on remarque est le chanteur complètement allumé, les yeux exorbités et la mine ravagée. Avec son bandana, il nous fait penser à ce cinglé de Niklas Kvarforth, leader de Shining (les insultes envers le public en moins!). Le son est bon et le restera pour le reste de la soirée. Leur musique n’est pas innovante et ne fait pas dans la dentelle (… les titres tournent beaucoup autour du mot fuck!) mais c’est plaisant à regarder meme si on se demande parfois si le chanteur ne va pas s’écrouler sur scène (Qu’a-t-il  pris avant le show?).

 Les choses sérieuses commencent avec GRAVE, groupe pionnier du death metal suèdois même s’il ne reste certes plus grand monde de la formation originale des années 80-90 (seul le guitariste Ola Lindgren est encore là).Là encore, rien de vraiment nouveau musicalement mais la magie opère toujours. La fureur et la technique du groupe sont toujours impressionnantes aujourd’hui. Côté foule, les premiers pogos partent dans le public tandis qu’une chaleur lourde et moite envahit la Dynamo devant la forte affluence de ce soir. Les musiciens sont impressionnants. Comment ne pas apprécier le son de basse énorme du bassiste Tobias Christiansson? Oui, ce groupe démontre qu’il reste encore aujourd’hui une des meilleures formations europééennes du genre. Bravo!

 On croyait le meilleur passé d’autant plus qu’ENTOMBED sort tout juste d’une crise qui a vu les anciens membres du groupe s’entre-déchirer pour finalement voir le chanteur L-G Petrov former ENTOMBED A-D.

C’est donc cette nouvelle formation qui est présente ce soir et on se demande si le combo a bien digéré ce divorce… Fort heureusement,  les premiers morceaux joués nous rassurent. L’énergie est toujours là et la folie gagne littéralement le public. Les slams et pogos ne s’arrêteront plus. Le groupe alternera parfaitement les  extraits de leur nouvel album Pandemic Rage et les titres cultes des années 90 (I for an eye, Wolverine…). Le show est du coup très varié, allant du thrash au death teinté de punk. Ceux qui avaient annoncé la fin du groupe en début d’année en seront pour leurs frais: le combo suédois est bien vivant et il le fait savoir ce soir. Longue vie à eux!

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Chronique : Conan Akiro

Merci à Noiser pour la vidéo complète du concert disponible ci-dessous:

BENIGHTED : Porc Epique! ( + LOUDBLAST + FLESHDOLL) – Mardi 4 mars 2014 – Toulouse, Le Connexion Live –

Posted in BENIGHTED / LOUDBLAST Toulouse 4.3.2014 with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 5 mars 2014 by JATA LIVE EXPERIENCES

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Certaines galettes relèvent du choc absolu. Mis K.O par l’uppercut Collapse lors d’un été ensoleillé, nous ne nous sommes jamais complètement remis de ce premier choc avec l’univers BENIGHTED. Depuis, c’est be (29)une longue histoire : cette chanson est devenue l’hymne de nos soirées Hellfest et métal, l’incontournable de nos instants de délire, l’assurance de prodiguer une banane générale même aux plus réfractaires du style. Il arrive parfois  sans être un grand fan d’un genre ou d’un autre, d’y trouver le petit plus qui fait la différence. Ce supplément d’âme, je l’ai croisé au détour de mes quatre concerts du groupe à travers une proximité unique avec la foule telle une orgie de sons tout aussi violents que subtils. Servi avec maestria par d’excellents compositeurs mais surtout par un Julien Truchan à la fois possédé, impliqué mais détaché, au charisme enivrant et fédérateur, le personnage vous offre l’espace d’une heure de quoi sortir de votre corps et vivre une expérience rare. Un tour de force à lui tout seul, la réincarnation d’une truie en souffrance qui confère à son brutal death métal un souffle de porc des plus épiques…

Vous l’aurez vite compris, nous sommes là pour la bande de Stéphanois enragés. Quoi qu’il en soit, c’est  un riche plateau français qui nous est proposé ce soir dont le plat principal se nomme rien moins que les vieux routards de LOUDBLAST

be (2)be (1)En ce mardi de vacances scolaires, si les étudiants ont quelque peu déserté la ville rose, nous sommes tout de même plus de 300 à honorer les trois groupes extrêmes de cette Brutale Coalition dont l’escale toulousaine va s’avérer des plus réussies, festive et enivrante à souhaits.

Nous voici donc au Connexion Live, ravi à l’idée d’enchaîner 3 concerts, même si le second de la soirée propulsera le thermomètre de l’excitation, du déchaînement et de la fureur dans une sphère de laquelle les oreilles sensibles doivent s’éloigner.

Cette affiche 100% française constitue la preuve éclatante  de la bonne qualité de notre scène hexagonale.  Grosse valeur montante du death toulousain, FLESHDOLL ouvre le bal. Le groupe est rodé, parfaitement en place et n’en est pas à ses premiers balbutiements, enchaînant les concerts, même au Japon… Toutefois, difficile de percer réellement en France et ailleurs.  Les tempis sont très massifs, lourds et techniques. Cela rappelle beaucoup la scène floridienne du début des années 90. Ce n’est donc pas un hasard si  le groupe nous interprète une reprise des légendaires Cannibal Corpse (Stripped raped and strangled) qui, pour le coup va réveiller un public quelque peu contemplatif jusque là.  Tout au long de son set, les toulousains auront démontré un grand professionnalisme aidé par une nouvelle recrue bienvenue en la personne de son nouveau batteur, l’ex Gorod nommé Samuel Santiago  qui confère derrière ses fûts de la subtilité à l’entreprise. Une très bonne prestation qui présage le meilleur pour eux à l’avenir!be (8)

be (17)be (21)Je suis loin d’être le seul à attendre de pied ferme les stéphanois de BENIGHTED! Si ces derniers jouissent d’une  solide réputation en live, celle-ci est assortie d’une déferlante de louanges de la presse spécialisée autour de leurs derniers opus. C’est peu dire que le tout nouveau Carnivore Sublime (concept album relatant la dérive psychiatrique d’un individu qui finira par assassiner sa compagne pour la dévorer… lol…) atteint des sommets dans le style. Toutefois, peu importe le sens, les degrés, le niveau de lecture, les velléités existentielles et démoniaques qui s’emparent d’êtres perturbés ou pas… Nous sommes là pour le fun, pour partager la fureur, humer l’atmosphère de la porcherie , loin du pays des bisounours.

On annonçait une guerre totale. Elle a bien eu lieu! Un véritable déferlement de violence et de cris inhumains. Car c’est vrai qu’on se demande si  Julien est vraiment de cette planète quand il grouine à nous faire vibrer nos tympans extatiques, lui qui retrouve tout son charme, son humanité, son sens de l’humour (« Un beau moment de poésie, n’est ce pas? ») dès qu’il complimente la foule avec ce subtil ravissement teinté de bonhomie qui confère au personnage le contrepoids parfait de l’onde de choc qu’il vient de nous asséner. Tout simplement ahurissant!  Ce gars est juste extraordinaire, courant d’un coté et de l’autre de la scène pieds nus, tout en faisant la démonstration de son chant incroyable (alternant cris porcins, growls et chant clair).be (9)

be (27)Et le reste du groupe me direz-vous? Malgré deux changements majeurs du line-up, les petits nouveaux n’ont rien à envier à leurs prédécesseurs, c’est toujours aussi pro même si les anciens membres existaient tout de même précédemment un peu plus, aux côtés de ce monstre de Julien Truchan. be (14)  Toutefois, les deux guitaristes dont le fidèle Olivier et le nouveau Alexis n’en finissent plus de distiller riffs accrocheurs et heavy à souhaits, pluie d’harmoniques, pont thrashisants et autres interludes des plus mélodiques. La basse demeure sobre et solide tandis que les fûts sont malmenés avec une rage de circonstance et une dextérité qui illustre à la perfection les compositions déjantées des maestros du métal extrême. Dans le public,  le carnage se propage avec fureur tant la succession de slams, circle pits et wall of death ne laissera aucun répit aux guerriers qui ont investi les 15 premiers rangs du pit.be (30)

 Vous l’aurez compris, l’ennui est ce soir proscrit tant les instants de bravoure se succèdent dans ce délire sonore (le son reste pur, clair et puissant) où les compos particulièrement variées chavirent la foule  dans un pur torrent de brutalité. L’ivresse générale est telle que Julien n’y tenant plus, déploie son quintal telle une divinité de basse court hissée par les frêles bras d’une foule en transe érigeant growls porcins au firmament d’une communion extrême. Servi par un orgasme sonore dévastateur, l’interprétation transcendante du chanteur schizophrène nous propulse dans un tourbillon de folie où l’individu se détache de lui même. Que le Hellfest et autre Wacken se préparent à cette pure décharge d’adrénaline, sans quoi certains festivaliers risquent de ne jamais s’en remettrent. Nous voici quant-à nous toujours vivants mais désormais à jamais hantés par quelques beuglements porcins. Une certaine forme de jouissance qui restera à jamais inconnue du « grand public »….be (37)

be (35)be (33)Après cette baffe mémorable, dur pour les vétérans de LOUDBLAST de prendre le relais. N’était-il pas plus judicieux que Benighted soit la tète d’affiche? D’autant plus qu’une bonne partie du public semble être venu surtout pour voir ces derniers. Heureusement, la légende est toujours vivante. Stéphane Buriez en frontman d’exception qu’il est, le démontre une fois de plus ce soir. Première satisfaction, le groupe bénéficie lui aussi d’un son optimal. Et, il faut bien le dire, ça fait plaisir de voir à quel point ce combo était avant-gardiste au début des années 90 quand il offrait des titres comme My last journey qui n’a pas pris une ride. Même si les compos sont un peu moins violentes que pour le groupe précédent, le public reste présent et démontre une fois de plus son enthousiasme (les pogos sont toujours aussi nombreux…). Seul petit bémol, la durée du set ne dépasse pas l’heure et il n’y aura pas de rappel  (contrairement à Benighted) : les spectateurs auraient pourtant bien repris une petite dose de rab. Malgré tout, LOUDBLAST a démontré ce soir qu’il est bien plus qu’un dinosaure et que ses titres sont toujours aussi percutants.

Alors oui, les anciens sont encore bien présents mais ce soir, il convient de l’avouer, le porc fut ô combien épique!

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Chronique : Titi ( Intro et Benighted) & Conan Akiro ( Fleshdoll et Loudblast)

Photos : Titi ( Benighted et Fleshdoll) & Jimmy (Loudblast)

Merci à toute l’équipe de SPM et à Fred en particulier!

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GALERIES PHOTOS :

BENIGHTED :

LOUDBLAST :

 

FLESHDOLL : 

MOONSPELL : Pas de panique! ( & INSOMNIUM) – Mercredi 1er Mai 2013 – Toulouse, Le Bikini –

Posted in MOONSPELL / INSOMNIUM Toulouse 1.5.2013 with tags , , , , , , , , , , on 2 mai 2013 by JATA LIVE EXPERIENCES

MOOSPELL Toulouse 1.5.2013 by JATA (32)La malveillance de la lune est telle qu’elle nous a probablement jeté un mauvais sort. Voilà ce qui a probablement traversé l’esprit de l’équipe de SPM au regard des faibles réservations affichées pour le concert des apôtres du métal gothique. Celui-ci s’apparente t-il à un genre un petit peu tombé dans l’oubli ? Certes, la situation actuelle ne parait pas aussi reluisante que dans les années 90 où des groupes comme Type O Negative ou Paradise Lost  se classaient haut dans les charts mondiaux, mais l’orga espérait tout de même bien mieux que les 150 réservations affichées la veille du concert! Surtout pour un combo qui n’a jamais renié ce style et qui continue son petit bout de chemin sans avoir jamais perdu vraiment sa popularité.

Heureusement, une fois de plus, les toulousains semblent prendre plaisir à jouer avec les nerfs des organisateurs et c’est encore près de  350 personnes qui sont venues ce soir applaudir le groupe portugais réputé pour  n’avoir jamais déçu sur scène.INSOMNIUM Toulouse 1.5.2013 by JATA (3)

INSOMNIUM Toulouse 1.5.2013 by JATA (11)Cette prise de conscience soudaine se couple pour beaucoup avec le fait de vouloir aussi profiter du savoureux hors d’œuvre aux petits oignons finlandais  qui nous sera servi en première partie! Ce ne  sont en effet rien moins que les Finlandais d’INSOMNIUM qui déboulent sur scène. Dans un style pourtant fort  différent de la tête d’affiche,  c’est à une symphonie de death metal mélodique, si populaire dans les pays scandinaves, que nous sommes conviés. D’entrée , le sourire est sur toutes les lèvres, le batteur Markus Hirvonen rejoignant son kit sur un petit vélo suscitant les vivas de la foule! INSOMNIUM Toulouse 1.5.2013 by JATA (12)Le groupe particulièrement en place, jouant au clic puisqu’ils  sont soutenus de nappes synthétiques donnant une ampleur magistrale à leur univers.  Alternant passages rapides et techniques avec des morceaux plus planants et plus mélancoliques, fleurtant parfois avec le pagan et le doom. Le set s’avère envoutant tant et si bien que le public reste étrangement apathique. Phénomène de prime abord surprenant tant les deux guitaristes Markus Vanhala et Ville Friman enchainent les headbangings de folie accompagnés dès qu’il le peut par Niilo Sevänen, bassiste et growleur de l’entreprise. Or, l’atmosphère est si prenante ( écoutez Through the Sahdows , le Unsung de Toulouse ou l’excellentissime One for Zorro) que le public vit cette offrande de manière intérieure et n’éprouve pas le besoin d’extérioriser sa fougue. Quoi qu’il en soit, ces 45 minutes satisferont en tout points la grande majorité des passionnés et des néophytes qui seront venus pour eux où auront découvert, comme nous, une formation à réécouter et à suivre avec intérêt.   Satisfait, Markus reprend alors son micro vélo et regagne les coulisses avec le même petit bonheur juvénile…

Il y a tant de potes, visages connus et autres amis proches que l’interlude entre les deux groupes et presque trop court tant on se délecte de vivre ce jour férié quasi en famille, telle une fête que l’équipe de SPM à eu la riche idée de nous offrir.MOOSPELL Toulouse 1.5.2013 by JATA (2)

MOOSPELL Toulouse 1.5.2013 by JATA (9)Et cette bonne humeur va se poursuivre avec le  début du show de MOONSPELL. La  scène est particulièrement bien habillée (superbes draperies signées de Seth Siro Anton de Septic Flesh) tandis que un Fernando Ribeiro, le frontman du groupe, nous offre une entrée des plus théâtrales : demi pied de micro en forme d’épée et  un casque antique type Maximus! Visuellement impressionnant. Heureusement car ni le titre d’ouverture Axis Mundi , ni le premier quart d’heure ne semble convaincre grand monde. Plus d’un semble rester stoïque et on se demande si la mayonnaise va prendre.MOOSPELL Toulouse 1.5.2013 by JATA (13) Or, passé les tout premiers morceaux, les ressources et l’inspiration du groupe commencent à opérer comme en témoignent les excellents Opium + Awake . Peu à peu, nous voilà imprégnés de cet univers particulier. Chaque musicien en impose, bon look, belle attitude proche, regards francs et directs. Le show  gagne encore en chaleur lorsque Fernando Ribeiro passe enfin avec bonheur du grawl à une voix claire séduisante et maitrisée. A titre d’exemple, force est de constater que nombre d’extraits du nouveau double album passent très bien l’épreuve du live tels Alpha noir ou le single Lycanthrope. Toutefois, les lusitaniens  vont surtout marquer les esprits en faisant également un gros retour sur la première partie de leur carrière. En effet, nous avons droit ce soir à presque l’intégrlité de l’album Wolfheart, sorti en 1995 avec de superbes titres comme Wolfshade, Trebaruna, An erotic alchemy, Alma Mater repris en cœur par la foule et même le très rare et folklorique Ataegina, un régal qui interpelle tant, durant deux chansons, on bascule dans une ambiance de farandoles festives.MOOSPELL Toulouse 1.5.2013 by JATA (16)

Cerise sur le gâteau, Vampiria leur titre phare, sera magnifié par une apparition. Celle de la merveilleuse danseuse franco-libanaise Johanna. Devenue l’icône des métalleux français (elle intervient sur les dates de Therion, Orphaned Land, Yossi Sassi, Marty Fridman, Motörhead), nombre d’entre nous  nous délectons de la retrouver ici! Grimée en Vampirella orientale, elle apporte toute sa sensualité et son charme à un titre que ces courbes contribuent à introduire dans une toute nouvelle dimension. Les objectifs sont déployés et les yeux restent rivés sur cet océan d’originalité. Seul regret, nous aurions aimé revoir Johanna danser sur un autre titre.MOOSPELL Toulouse 1.5.2013 by JATA (22)

La fin du set offre la part belle à l’album Irreligious dont quatre 4 titres sont interprétés dont  Mephisto et bien sur Full Moon Madness qui comme à l’accoutumée, clôt un show de 110 minutes dont même les néophytes ont pu suivre avec un plaisir non dissimulé. Pas de panique donc, une fois de plus Moonspell a  vaincu . Il y aura même un peu de rab pour ceux qui le désirent, dans un mois et demi au Hellfest, comme quoi les aspérités de la lune ne masquent pas que de mauvais sorts…MOOSPELL Toulouse 1.5.2013 by JATA (34)

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Chronique : Titi & Conan Akiro

Photos et mise en page : Titi

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Merci à Fred, à toute l’équipe de SPM et du Bikini.

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LIENS :

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