Archive pour CHILDREN OF BODOM Toulouse 5.11.2013

CHILDREN OF BODOM : Sans Passion (& DECAPITATED & MEDEIA) – Mardi 5 Novembre 2013 – Toulouse, Le Bikini –

Posted in CHILDREN OF BODOM Toulouse 5.11.2013 with tags , , , , , , , , , , on 6 novembre 2013 by JATA LIVE EXPERIENCES

tWV0KZNdQBAmk9hEleinRl3GzdMrPar-QDh4qIuLAdkIl y a des moments où la vie se joue de coïncidences et de prémonitions qui vous laissent à tout jamais perplexe. Par exemple, environ quatre années avant l’écriture de cette chronique, je fis l’acquisition d’une place pour mon premier concert de Children Of Bodom, attendu avec impatience depuis ma découverte  du  groupe  en  1999.

La  date  prévue  de  ce  show était  la  suivante  :  le  09  mai  2011. Comment  aurais-je  pu  deviner  qu’en  lieu  et  place  d’un  premier  rang au  Bikini  pour  admirer  les éructions  démoniaques  d’Alexi  Laiho,  je  me  trouverais  aux  premières  loges  d’une  salle d’accouchement pour assister aux premiers cris angéliques de Maxence, mon premier fils. Je pensais pourtant avoir bien calculé mon coup en prenant cette place datée de quinze jours avant le terme prévu de la  grossesse  de  ma femme et  j’avais  bien  envoyé  valser  les  nombreux amis  qui  m’assuraient  en ricanant, parfois jusqu’à m’en faire douter, qu’elle accoucherait le jour même du concert… Et c’est bien ce qui se produisit. Le jour venu, à peine deux heures avant mon départ supposé pour le Bikini, les contractions débutèrent,  puis s’accentuèrent rapidement, me forçant  à me rendre à l’évidence  : Children Of Bodom, ce serait pour une autre fois et c’était bien évidemment pour la meilleure des raisons ! Mon fils naîtra après minuit,  le 10, juste histoire de faire un (léger) pied de nez aux mauvaises langues qui espéraient bien fort ce cas de figure pourtant peu probable.

C’est en clôture du Hellfest 2012 que j’aurais l’occasion de voir le Wildchild et sa bande pour la première  fois.  Ce  spectacle  d’une  heure  fut  excellent,  avec  un joli  décor  de  scène  et  quelques explosions bien sympathiques. Le groupe était dans une forme éblouissante et Alexi, à coup sûr bien alcoolisé,  n’aura cessé haranguer la foule et de jouer des tours à ses musiciens, le tout  dans une ambiance bon enfant. Je garde de cette première un excellent souvenir, bien que la fatigue plombante d’un dimanche soir au Hellfest aura quelque peu freiné mes ardeurs ! Mais c’est avec l’espoir de voir cet essai être transformé que je me rends donc au Bikini ce mardi 05 novembre 2013 pour une séance de rattrapage, sans pression car cette fois-ci ma femme n’est pas sur le point d’accoucher.

La soirée débute à 20h pétante avec l’entrée en lice d’un petit nouveau fraîchement embarqué par Children  Of Bodom depuis  sa  Finlande  natale,  un  groupe  de  death  métal  moderne  et  mélodique nommé Medeia. Affichant déjà deux albums à son compteur,  ce jeune sextet  va délivrer un show énergique et plein de positivité. Pourtant, le public reste peu réactif à sa musique qui intègre des refrains travaillés avec de nombreux vocaux clairs de la part du chanteur principal mais aussi de la claviériste qui apporte une touche de finesse à un ensemble toutefois très agressif. Le groupe terminera son set d’une demi-heure par un bon bain de foule, venant avec tous ses membres remercier et saluer le public depuis la fosse aux photographes. Une belle entrée en matière !

La soirée se poursuit entre 20h45 et 21h25 avec un groupe polonais qui illustre à merveille la subtile recherche de patronyme qui incombe au style de musique qu’ils représentent : Decapitated. Inutile de préciser qu’avec un nom pareil les quatre bougres ne font pas dans la comptine pour enfants mais il est important de préciser qu’il s’agit de brutal death technique (si, si, ça existe). Il est vrai qu’il devient vite  très  complexe de distinguer une quelconque différence entre  chacun des  morceaux et  que la technique vocale du chanteur est aussi monocorde que les ronflements d’un ours en pleine hibernation. Ce groupe est d’ailleurs réputé comme une pointure du genre, à en juger les dires de certains qui seraient venus spécialement pour lui. Personnellement j’aurais bien chaussé des bottes de sept lieux, histoire d’aller faire un tour ailleurs en vitesse si seulement je étais pas obligé de rester accroché à la barrière pour la suite. Sans doute est-ce la faute au son horriblement saturé en basse ou à l’aspect rébarbatif des compositions, mais sans vouloir leur faire d’affront j’ai plus saisi la brutalité que la technique! Ceci ne sera pas l’avis général du public qui semble dans sa majorité apprécier ce magma sonore indescriptible et qui offre au groupe le droit de quitter la scène sous de vives acclamations.

Les enfants de Bodom investissent la scène à 22h pour un concert d’à peine 1h15 qui sera plaisant, mais soyons direct, ne restera pas dans les annales. Malgré une setlist pertinente n’oubliant presque aucun des grands moments de leur discographie (au moins un extrait de chaque album) et un public réjouit de cela, les cinq scandinaves, son leader de chanteur en tête, n’ont pas enflammé le Bikini comme ils avaient pu le faire au Hellfest en 2012.

Musicalement il  n’y a pourtant presque rien à redire : le son  est une fois de plus à la hauteur d’un tel groupe qui balance des morceaux oscillant toujours entre le black et le heavy traditionnel avec une touche de progressif subtilement apportée  par  les  nombreux et  très  techniques  solos  de clavier.  Ce son  spécifique fait  la  force de Children Of Bodom, un son inimitable qui est leur marque de fabrique et qui a toujours rompu avec la monotonie  sonore  parfois  inhérente  au  métal  extrême  (cf.  Decapitated).  Le  choix  des  titres interprétés ce soir là m’a semblé judicieux, alternant morceaux ultra-rapides, plutôt significatifs de leur début de carrière, avec des chansons plus mi-tempo qu’ils développèrent en plus grand nombre dans les albums plus récents. Sur ce point là, même les fans de la première heure, très exigeants et peu avares en critiques sur les derniers méfaits du groupe, furent ravis. Là où le bât blesse c’est plutôt sur la prestation  scénique  du  combo  qui   est  restée  aussi  froide  que  les  températures moyennes relevées lors d’un hiver bien rude en Laponie.

Alexi, principal compositeur et âme du groupe : concentré, le chanteur guitariste nous  a  tout  juste  jeté  un  regard  ou  deux,  restant  cloitré  dans  sa  ronde  d’amplis,   balançant passablement quelques médiators toujours au même endroit de la fosse sans jamais regarder où ils retombent. Cette distance est d’autant plus dommageable que le bonhomme est véritablement la star du groupe, celui vers qui tous les regards convergent. Heureusement ses solos endiablés, qui ornent de la plus belle des manières chaque chanson, auront un effet salvateur sur sa prestation scénique globalement de piètre qualité.

Henkka le bassiste et Roope le second guitariste nous ont heureusement gratifiés d’ une plus grande attention, sans pour autant faire preuve d’un plaisir de jouer débordant, mais se déplaçant  sur  l’ensemble  de  la  scène  en  permanence.  Janne  le  claviériste  ne  s’est  pas  non  plus transcendé sur scène, c’est le moins que l’on puisse dire, et seul le batteur Jaska aura fait preuve d’un véritable  enthousiasme,  répondant  aux  sollicitations  du  public  par  des  clins  d’œil  et  montrant régulièrement du bout de ses baguettes ceux qui lui faisaient des signes, votre serviteur y compris. Cela va sans dire mais quand un musicien répond positivement, ne serait-ce par un petit geste, à vos marques de reconnaissance, le plaisir procuré par cette complicité furtive est réel.

Voilà ce qui manquait à Children Of Bodom ce soir là : de la complicité avec son public et faire preuve d’un plaisir d’être sur scène pour jouer la musique qui est censée être leur passion tout comme la notre. Il ne faut pas oublier que c’est avant tout une passion commune qui rassemble les musiciens et leur public, et que malgré le rythme routinier des tournées qui est bien compréhensible, un groupe comme celui-ci ne devrait pas se contenter d’être en roue libre comme c’est désormais le cas.  La  chance  d’être  musicien  professionnel,  qui  est  un  rêve  pour  un  nombre  incalculable  de personnes, mérite qu’on lui donne plus de crédit qu’à un simple travail alimentaire. Alexi Laiho, avec tout le respect que je lui porte et malgré tout le talent qui le caractérise, devrait méditer là-dessus. Pour ma part je continue de vivre cette passion pour la musique au maximum de mes possibilités, car vivre ses passions n’est-il pas le meilleur moyen d’être passionné de vivre?

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Chronique : Adrien

Merci à SPM et à Fred en particulier

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