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TRUST : Dompter l’indomptable…. (& DAVID SPARTE) – Toulouse, Le Bikini mardi 21 novembre 2017 –

Posted in TRUST Toulouse 21.11.2017 with tags , , , , , , , , , , , , , , on 21 novembre 2017 by JATA LIVE EXPERIENCES

C’était le temps de mon enfance, le temps des variétés sur les trois chaines. c’était le bon vieux temps des Carpentiers mais surtout celui de Guy Lux. Je vous parle d’un temps que les moins de …. bref, vous connaissez la chanson…

D’aussi loin qu’il m’en souvienne, j’ai toujours préféré le vrai live au play back. Guy Lux en proposait. Pourtant, ce soir là, alors que Claude François déjà parti demeurait encore aux cotés des Sardou et Johnny les maîtres des ondes, tout allait changer. Paradoxalement, la déflagration sera proposée en play back mais peu importe. Il faut l’avoir vécue pour se rendre compte du choc intersidéral que des dizaines de millions de téléspectateurs, incrédules, allaient recevoir tel un upercut fatal ou comme une révélation, source absolue de passion (à revivre ici sans tarder!).

Nous avions enfin nos Sex Pistols, notre étendard étendu au hard rock. La musique apportait enfin sa pierre à l’édifice politico social. Chaque mot claquait. Souvent, le sens m’échappait. Mais cette rage vindicative et revendicative me troublait, m’entraînait, me happait….comme toute une génération qui débattait dans les cours. On appartenait au courant Trust ou Téléphone! Il faut dire qu’en ce début des 80’s, les riffs de Nono servaient au mieux les propos d’un Bernie en état de grâce, le gars qui allait mettre un coup de saton bienvenu dans la fourmilière de la bienséance et des convention sociales françaises comme un absolu choc des consciences!

Ce fut ensuite le tout premier concert de ma vie, au Hall Cominges à Colomiers avec la grosse infrastructure scénique qui les perdra financièrement. Pourtant, les trois premiers albums resteront gravés à jamais comme des brûlots déclencheurs de toutes les révoltes, de toutes les colères, de toutes les passions. TRUST restera à jamais le seul groupe hexagonal que les anglais nous ont envié, l’inspirateur de ceux qui se dressent et qui alimentent à jamais mon panthéon musical bleu blanc rouge : Mass Hysteria, Tagada Jones, Sidilarsen, No one is innocent mais aussi Eiffel ou Saez. J’ai en moi tous ces poètes de la révolte tout comme Lavilliers, découvert quasi en même temps que Trust et qui ne faiblit jamais….

Clisson, Hellfest 2017…  Après une annulation particulièrement décevante quelques années plus tôt en quasi tête d’affiche (la bande à Bernie devait consacrer son set à ses trois premiers opus, un rêve avorté!!!), voilà enfin TRUST à l’affiche du plus fascinant des festivals. Le groupe se produit en pleine après midi sous une chaleur de plomb. Et là, comment dire…rien ne se passe! A tel point je vais agir tel que je ne le fais jamais : j’implore intérieurement à Bob (Bernie) de jeter l’éponge en milieu de set et file voir ce qu’il se passe ailleurs, manquant ainsi L’Elite ou Antisocial que je rêvais pourtant d’entendre à Clisson par ses créateurs.

J’avais déjà été dépité par l’attitude hautaine et méprisante de Bernie dans les années 2000 au Confluent, à Portet-sur-Garonne. Cette fois, ce sans âme ressenti au Paradis du métal semblait sonner le glas de ma fidélité envers le groupe de la Confiance. Je passe volontiers le chapitre tournée des zéniths avec DJ scratcheur qui vit des hordes de fans abdiquer à tout jamais.

Trust, pour ma part, c’est fini! Pas tout à fait visiblement. Dès juillet, me voici à Carcassonne pour une ultime chance. Il y a Europe et l’affiche semble suffisamment savoureuse pour faire le déplacement. Première réhabilitation! A ma grande surprise, le show est plus cohérent, plus compact bien que plus long qu’au Hellfest (90 mns) et la set list, qui alterne classiques et nouvelles chansons inconnues s’avère séduisante. Toulouse et son cultissime Bikini confirmera t-elle cette belle dernière sensation?

Sold out depuis des mois, le rendez vous de Trust avec le public de la ville rose a semble t-il rafflé tous les suffrages. Pas tout à fait pourtant. Malgré les 1500 personnes présentes ce soir, il n’y a quasi que des nostalgiques de l’époque Guy Lux. Beaucoup devaient être devant la télé ce soir là et on peut déplorer que la jeunesse du métal qui fréquente assidûment ce lieu habituellement ne soit que très très peu représentée. Rebelle, Bernie le restera à tout jamais et ne vendra jamais son intégrité ni aux modes, ni aux attentes. Il fait ce qu’il veut et se fout du reste. Il arbore ainsi son habituel bob ridicule vissé sur son crane et à troqué ce soir sa chemise hawaïenne contre un sweet à capuche noir. Rester soi même ou se vouloir anti-courant métal? Tel est son choix. Peu importe. Pourtant, à n’en pas douter, avec une attitude plus conformiste aux codes du genre et une set list adaptée aux attentes, le groupe aurait conquis bien de nouveaux fans et jouerait dans les enceintes les plus importantes du pays à l’image de ce que les ex Téléphone, alias Les Insus nous proposent depuis deux ans. Sont-ils pour autant moins intègres?

Probité, intégrité, anti conformisme? Provocation aussi…. Ce n’est pas du Motörhead ou du Scorpions qui est diffusé avant que le groupe n’entre en scène mais bien….une sorte de hip hop….passons encore. Un mot quand même sur la première partie : David Sparte n’est autre que le fils de Nono.

Là encore, ce n’est pas du tout ce que le public pourrait espérer en ouverture en venant voir son groupe culte. Le contre pied s’avère permanent chez nos amis agitateurs de principes et adeptes cette fois-ci du « copinage familial » en guise d’ouverture d’esprit. Soutenu par trois excellents musiciens, le fiston du gratteux légendaire nous offre un funk groovy, inspiré, parfois soul et justement interprété. Malheureusement, il est soutenu par des chœurs systématiquement samplés. Agréable mais hors sujet…

Nous y voici. De ma position privilégiée, je peux voir la set list. Première désillusion, il n’y a que 12 titres….Seconde déception, peu de classiques, de Gold comme Bernie les appellera par la suite. Pas même l’Elite, pourtant jouée à Carcassonne et au Hellfest, le fameux titre interprété chez Guy Lux! A la place, je constate avec satisfaction que Préfabriqués et surtout Fatalité apparaissent noir sur blanc! Le pire  : Fatalité sera zappée, oubliée. Bernie l’avait pourtant promise à un spectateur qui s’impatientait, jetant un oeil sur le sol où se trouve le « programme » du soir!

Dépité? Pas vraiment. Juste déçu, comme les fans, de ne pas avoir entendu cette merveille prévue, tout comme d’autres chefs d’oeuvres oubliés tels que Bosser 8 heures, Mr Comedie, Passe, Le sauvage, La junte, Les Templiers, Certitude …Solitude en lieu et place de titres moyens tels que Chaude est la foule ou Fais où on te dit de faire.

Que vaut donc cette tournée 2017? Trust ne serait donc plus ce groupe incandescent et agitateur qui nous servait de modèle? Parlons nous d’un vrai groupe ou d’un duo accompagné ? Au fil des dates, si la complicité et la cohésion de l’âme du groupe (Bernie et Nono) avec les excellents musiciens que sont David Jacob (basse) Izo Diop (guitare) et le très jeune Christian Dupuy (batterie) s’est renforcée, le combo apparaît désormais comme un excellent groupe … de rock ( Surveille ton look nous est offerte dans une envoûtante version lors de cette tournée!).

Si la provoc’ de Bernie demeure, son caractère affirmé le pousse avant tout à taquiner le public. Heureusement, cette fois, c’est bon enfant et le bougre s’avère de très bonne humeur malgré sa bronchite et son atèle à la cheville. Comme il n’est pas du style flagorneur, on peut le croire quand il se dit impressionné par l’ambiance et la réponse chaleureuse de la foule (« Top 5, largement! »). Toutefois, il ne se renie pas et le chanteur lance quelques piques bienvenues à la classe politique hexagonale ( « En marche…arrière!« )

Par ailleurs, pour peu que l’on ne soit pas que nostalgiques, les nouvelles compositions du futur album font souvent mouche et dressent toujours un constat politico-social des plus lucides. On se croirait parfois revenu enfin 30 ans en arrière lorsque Nono nous livre des riffs affûtés comme avant!  Si Démocrassie est une réussite, ce n’est toutefois qu’un mid tempo, contrairement aux excellents Déjà servie et surtout L’exterminateur qui envoient du lourd tant dans le tempo que dans les textes:

Lassé d’être un prédateur, je suis devenu exterminateur…

C’est mon corps, c’est mon sang,

C’est mon Dieu, …mon portable!

Bref, le public se régale de cette nouvelle mouture de leur groupe culte et le futur nouvel album promet! Seul bémol, l’absence de Fatalité, pourtant prévue ( et de l’Elite, on ne le dira jamais assez!). Quand on voit la réaction du Bikini qui scande à pleins poumons sur Préfabriqué : « Quelle sensation, la destruction! » et qui pogotte même sur Antisocial, on peut quand même regretter les choix du Boss, qui certes, comme il le répète « fait ce qu’il veut »!… »Même si j’ai envie de rester le pied sur ce retour pendant 10 mns, comme hier, sans bouger, personne ne m’en empêchera!« 

Si Bernie (particulièrement en voix et juste, soulignons le!), n’oubliera pas de mentionner le souvenir de leur ami Malcolm Young, guitariste d’AC/DC, disparu il y a quelques jours, quel dommage et quel regret de ne pas avoir saisi cette malheureuse opportunité pour nous proposer Ton dernier acte, magique hommage à Bon Scott.

Quand le groupe tire sa révérence, après 110 minutes de plaisir partagé, je me dis que la réhabilitation, à défaut d’être totale, est proche. Trust nous proposera t-il le show qu’il peut faire et dont nous rêvons avant qu’il ne soit trop tard? Pour assouvir ce fantasme il faudrait dompter l’indomptable….

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Chronique et photos : Tweety

Mise en page, traitement : SB

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TRUST, LES PHOTOS JATA DE LA SOIREE :

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