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SONATA ARCTICA (& STRIKER & TRIOSPHERE) : Question d’étincelle… – Samedi 11 mars 2017 – Toulouse, Metronum –

Posted in SONATA ARCTICA / STRIKER / TRIOSPHERE Toulouse 11.3.2017 with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 11 mars 2017 by JATA LIVE EXPERIENCES

19h55 : après une intense journée, me voici enfin dans l’antre du Metronum, copieusement garni. Problème, TRIOSPHERE joue déjà depuis 25 minutes et il n’en reste que 15. C’est d’autant plus regrettable que je me souviens m’être arrêté sur le groupe en 2012 lors de l’écoute de l’excellent Marionette. Séduit alors, j’en avais perdu la trace depuis. Pourtant, les norvégiens amenés par l’étonnante bassiste et chanteuse Ida Haukland, tout aussi charmante que charismatique, naturelle et passionnée, semblent réussir le tour de force d’amener l’assistance sans la moindre difficulté dans leur univers heavy dont l’intensité n’a d’égale que l’implication du quatuor. Même si la mise en son s’avère un brin étouffée, nous voici cueilli d’emblée et immédiatement projetés dans ces riffs ciselés et ces mélodies épiques et puissantes (Steal away the light), parfois progressives comme en témoigne l’excellent The heart dominion. Bref, frustrant de n’avoir pas pu profiter pleinement de ce set efficace et inspiré.

Après la première étincelle, cette belle affiche va nous offrir un kiff absolu, telle une mandale savoureuse dont l’uppercut s’inscrit tel un voyage à travers les décennies. Welcome dans ce que le métal des 80’s avait de meilleur!

C’est avec une féroce envie d’en découdre, de convaincre, de répendre un déluge de riffs, de vocaux puissants, d’harmonies inspirées que les canadiens d’Edmonton nommés STRIKER déboulent sous nos yeux ébahis sur la scène du Metronum. Rien de révolutionnaire pourtant mais ce parfait mix entre Saxon, Accept, TNT ou Pretty Maids a le don de transcender la foule, de l’immerger en un rien de temps dans une époque quasi révolue où seuls les mastodontes du Hard rock semblent avoir les faveurs des tourneurs.

On entend ça et là des « Putain, ça fait du bien » ou encore des « Ils envoient du lourd! », « Quelle énergie , bordel! »… Les jeunots se démènent comme si c’était leur premier set et mixent le tout avec l’expérience de briscards, mettant en un rien de temps l’assistance dans leur poche. Forts de 4 albums et de 9 ans d’existence, il serait à présent inspiré à la sphère métal de donner à ce combo le statut qu’il mérite. Certains titres (Too late) tanguent même vers le Def Leppard le plus inspiré, celui de Pyromania! C’est dire si les chorus percutent.  Si Start Again thrashise davantage, ses riffs subtils nous emportent du coté d’un Megadeth tandis que Fight for your life allie à merveille puissance et mélodies. Tout y est : guitares jumelles, clichés quasi glam, duels de grattes, vocaux sincères, complicité, charisme non seulement du chanteur Dan Cleary (parfait!) mais aussi de tout le groupe (à noter l’ajout d’un second guitariste, celui sans cheveux, parfaitement intégré!). La réponse du public s’avère des plus enthousiastes. Retenez bien ce nom et ne les manquez pas s’ils passent près de chez vous : STRIKER, addictif et délicieusement contagieux!

Après cette vague de bonheur ultra rafraîchissante, place désormais à la tête d’affiche si rare en nos contrées : les finlandais de SONATA ARCTICA! Scène épurée mais bien agencée, pied de micro blanc et multi éclairé ultra classieux (logo de circonstance en son socle), le groupe sera servi tout au long de ces 95 minutes par un son encore amélioré d’une absolue pureté. Trop pur ? Trop lisse ? A l’image de la prestation ?

Aie. La magie n’opérerait-elle plus? Closer to an animal ouvre le bal et…  c’est très pop… Les filles vont adorer!

Si l’on ne peut que s’incliner devant la maestria vocale du leader Tony Kakko, que penser de la set list, du virage pris depuis quelques temps par le groupe et de cette curieuse impression que le leader vampirise l’auditoire au point de rendre transparent chaque autre membre du combo? 

Sonata Arctica n’est clairement plus le groupe de scène qu’il était avant parce que sa musique a considérablement changé. A leurs débuts ils évoluaient dans un registre speed mélodique, proche d’un Stratovarius mais depuis 2007 et l’album Unia, le groupe a pris un virage mélodique progressif important, complexifiant grandement ses compositions, ce qui n’a pas du tout été du goût des fans de la première heure.

Depuis, le groupe ne cesse de donner à sa musique un aspect toujours plus mélancolique, limite spirituel, et de toute évidence cela ne correspond pas à un style efficace sur scène, tout du moins si on veut bouger dans la fosse. En 2008, ils proposaient au Kobetasonik un set expéditif d’une demi-heure, ultra explosif, avec uniquement des morceaux speed. Neuf ans ont passé et ce soir,  c’est totalement différent. Les rares morceaux rapides encore joués, souvent issus des quatre premiers albums, semblent faire encore un peu d’effet au public, mais les compositions récentes ont laissé une grande partie du Metronum dubitatif, voire circonspect. Il y a de toute évidence trop de « La, la, la… » dans le nouveau single Life dont le refrain enchanterait le plus fervent des afficionados de l’Eurovision…

Pourtant,   la voix du frontman nous emporte au firmament d’un spleen fédérateur. La magie opère et si l’on se laisse bercer par les merveilles que sont Among the shooting stars ou We are what we are, le plaisir intérieur s’avère intense.

 Fairytale , puissant et lyrique fait headbanger sagement le fan tandis que Full Moon semble dérider l’auditoire et emballe la foule qui n’hésite par à reprendre les lyrics en chœur…

Malheureusement,  les métalleux traditionnels, qui sont restés bloqués sur le Sonata des années 2000, ne s’attendaient pas à un concert autant nourri de morceaux mi-tempo. Et ce n’est pas l’attitude des musiciens qui va emporter la foule. Si le bassiste esquisse quelques poses, les autres semblent s’ennuyer ferme et s’avèrent plus transparents qu’un backing band obligé de cachetonner pour un frontman imbuvable (aucun soupçon ne plane par ailleurs sur Tony!).

Outre un  groupe amorphe, que dire des intro lyriques mais surtout des chœurs samplés sur certains titres? Trop de  passages enregistrés et pourtant un discours hallucinant sur le thème de « Keeping live music alive! » On croit rêver! Qui plus est, la com’ de  Tony tendait à faire passer l’accent texan pour de l’anglais aussi plat que le Lac Majeur!

Malgré bien des réserves, le potentiel des finlandais est indéniable, non seulement pour des gens ouverts à la tendresse et au voyage musical intérieur, mais aussi pour les fans de metal symphonique. Le rappel en est la parfaite illustration avec les hits imparables que sont I have a right ou Don’t say a word.

Ce ne fut certes pas la prestation de l’année, ni même celui du mois mais un concert rempli de douceur, de mélancolie, d’images musicales abstraites et de plaisir où il manquait toutefois beaucoup d’implication, une once de sincérité et, le plus important : l’étincelle!

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Chronique : Tweety . Merci à Add Rien pour ces précisions!

Photos : Tweety sauf celles de Triosphere : merci à Fanny!

Mise en page, traitement : SB .

Merci à toute l’équipe de SPM et à Fred en particulier !

Merci à Triosphere et Striker pour leur disponibilité après le show!

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LES PHOTOS JATA DE SONATA ARCTICA ET LA SET LIST :

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