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HELLFEST 2010 : WELCOME TO PARADISE ! – Part 1 sur 3 –

Posted in HELLFEST 2010 with tags , , , , , , , , , , , , on 25 juin 2010 by JATA LIVE EXPERIENCES

CHAPITRE 1 : Genèse .

En ce 19 éme jour du mois de Juin, dans une petite bourgade Bretonne nommée Clisson, il est précisément 17 heures 46 quand Joël O’Keeffe, guitariste du brillant groupe AIRBOURNE grimpe sur la structure à 20 mètres du sol et fascine l’auditoire dans un moment de bravoure dont l’effet suscitera bien des réactions et ne laissera personne indiffèrent. A ce moment précis, je ne suis pas devant la scène, je n’assiste même pas à ce concert. Quelques jours plus tôt, il faisait pourtant partie de mes priorités. A cet instant-là, j’ai le privilège de me trouver dans le carré Presse VIP et de filmer la rencontre de mon fils avec son idole absolue : Dee Snider, le  leader de TWISTED SISTER !

19 juin 2010, 17 h 46 - Dee Snider & Jimmy -

C’était il n’y a pas si longtemps. J’ observais alors d’un œil distant, limite méprisant l’affiche plutôt extrême de cet unique festival important de métal dans l’hexagone. Je lui préférais nettement le Arrow Rock en Hollande en 2008 puis le Kobetasonic en Espagne l’année suivante. Pourtant, les choses commençaient  à changer dans mon esprit. Seuls Journey et Crucified Barbara avaient fait pencher la balance en faveur de Bilbao. L’affiche quasi similaire me privera toutefois de groupes cultes tels que Heaven & Hell ( que de regrets pour Dio ! ), Europe, Queensrÿche, Volbeat, Epica, Stratovarius, Girlschool ou WASP !!!

Tout commence vraiment en juillet 2009. Yotangor répète à Toulouse. Ce jour-là je rencontre Jeff sur le point d’aménager sur Nantes afin de répondre aux attentes de son nouvel emploi : chargé de la communication du Hellfest. Je lui avoue être intimement persuadé que KISS sera la grosse tête d’affiche du prochain festival et lui suggère Twisted Sister. Il me cloue en me disant que, pour ce dernier, c’est déjà prévu !!!  Le groupe n’a pu se déplacer un mois plus tôt mais a promis d’ honorer le festival de sa présence l’année suivante. Je sais alors où nous serons 11 mois plus tard … 11 mois passés à communiquer sur le Hellfest, à scruter l’évolution de l’affiche, à suivre les polémiques des intégristes politiques de notre pays mais surtout à organiser des soirées Hellfest et à motiver nombres d’amis et de connaissances à me suivre dans mon premier périple en Bretagne.

L’affiche est belle, ma vieille sensation kissienne s’est avérée exacte et il est confirmé que nombre de proches, d’amis de la KISS ARMY FRANCE se joindront à nous. Avec mes contacts Toulousains et les potes d’un peu partout en France,  l’ampleur du regroupement de tant de connaissances va s’avérer colossal, excitant et magique à plus d’un titre. Et si KISS clôturera le bal tel un immense feu d’artifice lors de la troisième journée, bien des émotions précéderont cette apothéose !

CHAPITRE 2  : Découvertes .

Jeudi 17 Juin 2010

Pretty Maids à fond dans la caisse ...
Pretty Maids à fond dans la caisse …

C’est le jour du départ. Dans la voiture, outre Sylvie et Jimmy, il y a mon super pote Adrien. Depuis notre rencontre lors du concert de Lordi en février 2009, on ne compte plus les concerts vécus ensemble. Le jeune Yoann est le cinquième à bord. A 15 ans, il fait partie des ‘Beaux gosses’ toulousains rencontrés lors de la venue de The Answer et Koritni. Ses amis Remi et Jeremy le rejoignent le lendemain en bus. Il ne semble pas trop s’inquiéter de la nuit qu’il va passer au camping du fest’ avec des inconnus dont je lui ai dit le plus grand bien. Pas vraiment seul… Il sera bien encadré avec Adrien mais aussi par ma bande de Taupes, des fans de métal plus extrême que nous rejoignons sur l’autoroute. Sylvain vient de lever son kilt et d’effrayer un bus de collégiennes … Le ton est donné, ça commence très fort dans la déconne, de quoi mettre tout le monde à l’aise. Nous nous suivons désormais, différent types de métal berçant notre itinéraire commun. La sensation de possession est proche, nous atteignons le kilomètre 666 !

La charmante bourgade de Clisson semble nous accueillir avec chaleur : micro-concerts dans les bars et attitude festive de nombreux hardos donnent le ton. On ne s’attarde pas et direction le fameux lieu pour déposer nos amis au camping avant de découvrir une chambre d’hôte bien plus cossue qui nous attend à 9 km de là.

Yohann, ma famille, 4 taupes et Adrien prêts pour le combat !

Nos bagages dans les placards, retour sur le parking du Leclerc local où, déjà, les tenues en disent long sur la fan attitude. A pied, nous sommes à cinq minutes du guichet. Nous récupérons déjà nos pass et découvrons un camping monstrueux qui donne déjà lieu à quelques scènes cultes et improbables dans la vie réelle. Nous venions de pénétrer dans le pays de Cocagne des guitares lourdes et autres composantes.

A droite un monticule de canettes de bières s’ élève plus vite que de raison tandis que quelques individus sont étendus au beau milieu du chemin. Un flot de sourires bercent nos trois visages lorsque l’on double ces 4 anglais qui marquent une halte tous les trois mètres. La palette de packs de bière qu’ils transportent est pantagruélique… Ils ont vu too big… pour notre plus grand plaisir ! So funny !

Welcome to the Hellfest Camp !

Jimmy est fier avec son pass. A n’en pas douter, il l’aura encore au poignet l’année prochaine. Je pense déjà à mon film et n’en perd pas une miette depuis ce matin. Sylvie taquine le portable, indispensable objet pour retrouver nos amis.

Avant que Georges nous retrouve enfin et nous convie dans leur  ‘circle tents’ pour casser la croute le spectacle est total. Un gars harangue la caille au mégaphone  et redonde ce qu’il arbore sur une pancarte ‘Show me your tits, I’ll give you a kiss’  ( montre moi tes seins, je te ferai un baiser ) . Il y a aussi celui que l’on suit et qui, croisant le regard d’un fan qui arpente le chemin en sens inverse lui propose un growl d’outre tombe :

-‘ BOUAAAARRRRR !!!!!!!!!!!!!!!!! ‘

Et son nouveau pote de lui rétorquer après une demi seconde de réflexion :

-‘ BOUARRRRRRRR !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ‘

Le premier tombe alors dans les bras du second tandis que j’enrage déjà d’avoir rangé ma camera et de ne pas avoir immortalisé cet instant d’anthologie. Il commence alors à évoquer sa vision du métal dans la langue de Molière. Son nouvel ami le coupe et lui répond délicatement :

-‘Sorry man, I’m Scottish, I don’t speak french !’

Comme l’instigateur de la rencontre ne sort pas un mot d’Anglais, ces deux là tracent leur route , non sans s’être salués d’un nouveau growl assorti d’un regard complice et d’un sourire affectueux tel un imperceptible tunnel reliant l’Atlantique à la Manche où ces éructations Death metalleuses symbolisent une  fraternité pour le moins universelle !

Le coin des Toulousains ….

C’est l’heure de la pause pique-nique quand Pierrot, qui a planté sa tante non loin de là nous rejoint dans l’antre des Toulousains. Cet inconditionnel du TFC, d’ Iron Maiden et de Lemmy va vivre la plupart du temps à nos cotés et au premier rang d’éminentissimes moments dans les jours à venir .

D’innombrables drapeaux régionaux, de pays Nordiques ou même du plus célèbre club de rugby ont été hissés. Il flotte au dessus du camping comme une quiétude réparatrice de frustrations accumulées durant trop de journées sans live music. Notre première soirée va se dérouler au métal corner. Première prouesse de l’orga, le match France- Mexique est diffusé sur écran géant tandis que les bars extérieurs ne désemplissent pas et que la Corner tent est déjà bondée . Tandis que nous suivons en direct l’effondrement du football français et que des milliers de metalleux se gaussent de la décrépitude du système Domenech, nous naviguons dans un univers où, même les amoureux de ballon rond relativisent la tristesse de cette déchéance tant le plaisir d’être ensemble dévaste tout.

Après Genève, le plaisir des retrouvailles.

Premières rencontres avec la famille KISS ARMY FRANCE. Les Kissettes du 58 sont toutes là et vont vivre ces quatre jours non loin de nous, souvent ensemble. Nous nous réjouissons de retrouver la bande à PoupouneSylvie a vécu le show magique de Kiss à Genève à ses côtés, au premier rang.

Entre Shandi et Jimmy, même âge, même passion, le courant passe de suite.

Des tables de jeux ont été érigées entre l’écran géant et la corner tent où des groupes issus de la scène locale et autres vainqueurs de tremplins distillent déjà un flot de décibels dévastateurs.

Retrouvailles avec Poupoune et Shandi, rencontre des autres kissettes ...

D’imposants sourires traversent nos visages tant la propension des festivaliers à se travestir régale les amateurs de photos en tout genres. Avant que quelques gouttes de pluie mettent un terme à cette parfaite introduction et nous ramènent au gite pour une belle nuit de sommeil, je ne peux m’empêcher d’appeler Lolo Rousselot qui organise plusieurs soirée à Nantes avec d’autres membres de la Kiss Army France histoire de mettre l’eau à la bouche de ceux qui ne viendront que le dimanche : ‘ Lolo, ça sent bon la super orga, toutes les conditions sont réunies pour un super festival ! J’aperçois au loin les essais lumières sur les deux main stage, ça va être grandiose !!! ‘

Sylvie, Jimmy, Adrien, Pierrot et Yohann, déjà dans l’ambiance.

Chapitre 3 : Laboratoire et premiers frissons .

Vendredi 18 Juin 2010

La nuit fut courte. Ajouté à l’excitation de longues minutes où je peinais à trouver le sommeil, je n’avais pas misé sur le rallye effectué dans le couloir dès 7 heures du mat par deux gamins de 3 ans, enfants du couple qui loge à coté ! Ils sont prestataires de service dans le car régie du Hellfest et leur rythme n’est pas le notre. Peu importe, nous avons hâte de voir vivre le lieu, de constater, comme le prétendent Boutin, De Villiers et autres politicards ridicules, avec quelle verve le Malin va prendre possession de notre âme.

Adrien, déjà au premier rang … tranquille pour le moment …

Neuf heure. Nous n’avons pas encore déjeuné quand mon jeune ami Seb Ramez nous rejoint au gite. Lui dort du coté de Nantes. Cette première journée va nous servir de laboratoire . Elle ne répond pas vraiment à nos gouts. Avec lui et Pierrot, avec les ‘beaux gosses’ aussi, nos attentes sont quasiment décalquées, même gouts, mêmes envies, mêmes délires portées vers un hard rock classic et quelques composantes. Adrien nous rejoint dans nos envies mais les siennes vont bien au delà, parsemées de trash, de stooner et de death. Ne va t-on pas trop souffrir  au cours de cette journée placée sous le signe de l’extrême ?

Dans notre parcours entre la parking du Leclerc et le site, les sourires sont toujours de rigueur tant on se sent à l’aise dans la grande famille du métal.

Seb doit récupérer son bracelet. Tandis qu’il file vers l’entrée principale avec Sylvie et Jimmy, j’ai la chance d’investir l’antre divin sans attente par l’entrée VIP. Par celle-ci, on déboule derrière la scène de la Terrorizer tent. Sous mes pieds, la terre tremble. Le son est tel que le sol doit encore en subir les vibrations. C’est THE FACELESS qui joue. Jamais encore je n’avais entendu un truc pareil ! Direction la main stage 2 où se produisent les frenchies de GOROD. C’est quasiment du même acabit, un gigantesque cochon que l’on égorge … Si subtilité il y a, elle se situe au niveau de la six cordes avec un registre plutôt complexe …

69 Chambers : Nina .

Adrien et Pierrot sont déjà devant la main stage 1. Ils se sont levés tôt et n’ont pas eu à patienter longuement devant l’entrée principale. Sylvie, Seb et Jimmy manqueront l’excellente prestation du groupe Suisse de Heavy rock 69 CHAMBERS. Le public rentre lentement. Des milliers de festivaliers sont à la porte, la fouille est fastidieuse.

Pour nous, pas de problème pour accéder au premier rang et se délecter des tenues affriolantes de la bassiste  Maddy et surtout de la belle et excellente chanteuse guitariste Nina. Remi, Jeremy et Yoann sont matinaux, la journée commence bien pour leurs jeunes yeux.

69 Chambers : Maddy .

Quant-aux oreilles, ce n’est que du plaisir avec une savoureuse prestation qui nous met en appétit. C’est même royal. le batteur assure tandis que la guitare solo est tenue par Tommy Vetterli, guitariste de CORONER et mari de Nina . Dans le pit des photographes, j’ai le privilège de pouvoir shooter et filmer ce premier moment attendu du Hellfest . Je sais désormais qu’il faudra attendre minuit pour voir le groupe qui m’excite le plus : The devil’s blood !

Pierrot, alias Mr Lemmy et les 3 ' Beaux gosses ' aprés le show de 69 Chambers.

Cette première journée va s’avérer idéale pour prendre le pouls du festival.  Si mes potes ne peuvent me suivre en zone VIP, je ne tarde pas à me sentir comme un poisson dans l’eau. Non seulement la déco est à tomber ( sculptures, écrans plasma, sofas, bar, hamacs en plein air, toilettes nickels ) mais je ne tarde pas à rencontrer des connaissances de concerts Toulousains : Fred ( Moocher ), mon photographe préféré et Nathalie, chanteuse et animatrice radio. Je découvre la salle de presse ornée de moquette rouge. Des box sont à la dispo des groupes  pour les interviews. Le premier à faire son apparition reste pourtant en extérieur pour un TV Talk. Il s’agit des agnostiques bordelais d’ OTARGOS dont le show eut lieu en même temps que celui de 69 Chambers sous la Rock Hard Tent. Sacré look !

Otargos

Je reste encore timide quand Steph Biard de Rock Hard me reconnait. Nous nous étions manqués en 2008 à Bercy pour Kiss. Cette fois, on prend enfin le temps de discuter, il m’offre un pot et c’est un réel plaisir de partager cet instant avec ce maître es-hard rock mélodique que je recroiserai souvent durant ces trois jours. Il me prête son téléphone mais impossible de joindre ma famille. Je ressors. La foule se densifie. Me voici seul au  milieu des premiers pogos et autres slams durant le concert d’ EVILE.

Heureuses d'être à Clisson !

J’ aperçois Pierrot, étranger à cette furie naissante. Assis peinard dans l’herbe avec les kissettes, je leur demande s’ils ont croisé ma moitié and Co.

– Regarde, ils viennent d’apparaitre sur l’écran ! Ils sont au premier rang …

– Quoi ? Arrête de garoffer ! Devant pour CROWBAR, n’importe quoi !!!!

– Putain, on vient de les revoir, ils s’éclatent grave …

– Incroyable, j’en reviens pas ! Bon au moins ils ont fini par rentrer !

Jimmy commencera même sa fructueuse récolte de médiators durant le concert du groupe de sludge métal américain venu de Louisiane. Étonnant !

Alors que je m'inquiète, Adrien, Jimmy et Sylvie sont aux premières loges pour Crowbar !

Alors que je m'inquiète, Adrien, Jimmy et Sylvie sont aux premières loges pour Crowbar ! (Pict : Moocher )

Pendant ce temps : Me and the kissettes at the Hellfest.

J’en profite pour faire le tour du site avec Poupoune et Shandi. Non seulement, la disposition est parfaite mais la taille, les stands, les lieux sont à échelle humaine tout en étant impressionnants. L’organisation est phénoménale !

Une des nombreuses sculptures présentes sur le site.

Avant de rejoindre l’incroyable extrême market, paradis du porte feuille du métalleux où les filles vont acquérir quelques objets estampillés Kiss, je suis happé par ce que j’entends et surtout ce que je vois sous la Terrorizer tent. Les japonnais de SIGH électrisent la foule. Je suis comme aimanté par le charisme de la belle growleuse aux ailes d’ange  Mikannibal . Y-aurait-il quelque chose que je ne soupçonnais pas dans ce black métal avant gardiste ? Quand le charme oriental est de la partie, l’ésotérisme prend ses distances !

Mikannibal l'ange du mal de Sigh.

Ne voulant trop faire attendre les filles, nous filons faire notre marché. On ne sait où donner de la tête ! Je me dis que je repasserai pour prendre ce porte feuille Kiss. Erreur ! A aucun moment durant ces trois jours, je n’aurai le temps de revenir tant le tourbillon sera intense. Même pas envie de manger avant tard dans la nuit, ça en dit long …

Autre surprise en passant devant la Rock Hard Tent : NECROPHAGIST. Nous arrivons en tout cas au moment d’une symphonie de guitares voluptueuse et savoureuse. Il y a du monde partout en permanence. Juste à côté, on aperçoit la séance de dédicace de KAMPFAR. En ce vendredi à la météo parfaite, c’est le D day des amoureux de musique extrême.

Mouss, le chanteur de Mass Hysteria électrise la foule.

On rejoint la mainstage 1 où les français de MASS HYSTERIA délivrent un métal fusion qui électrise la foule. Poupoune et Shandi ont rejoint les kissettes. Adrien suit son planning préétabli  à la seconde près, j’ai perdu Pierrot et n’ai toujours pas croisé Seb et ma famille ! Une équipe TV de Canal + et i télé m’aborde alors. A défaut de  la poutre musicale, de l’ambiance conviviale et fraternelle qui devrait leur dévorer les rétines et l’ouïe, ces gens là préfèrent aborder la brindille sataniste. De mon message où j’abordais longuement l’aspect musical et l’immense fiesta qu’ils avaient sous les yeux, moins de 10 secondes seront diffusées. Peu importe …

Une vue inédite des Mass grâce à mon pote Moocher.

Une vue inédite des Mass grâce à mon pote Moocher.

Les slammers et autres pogoteurs s’en donnent à coeur joie. Le message délivré par Mouss est reçu à merveille et la foule répond au quart de tour. A mes côtés, les deux belles de 69 chambers signent quelques autographes et prennent la pose. J’en profite !

Avec Nina et Maddy ...

Je rencontre aussi des anglaises fan de KISS, pas mal de gens qui m’interrogent sur ce qui se passera dimanche. Après la furia MASS HYSTERIA, FINNTROLL enchaine sur la Mainstage 2. Je fais une pause au carré VIP tandis que Jimmy, Seb, Adrien et Sylvie savourent la presta des trolls finois du pagan metal.

– ‘T ‘as eu tort de manquer ça !’ me dira mon fils quand enfin je les retrouverai à ma sortie du carré alors que KMFDM entame sa prestation. Ce métal industriel porté par le chant et le clavier de  la jolie Lucia Cifarelli au centre de la scène nous indiffère quelque peu. Trop froid ! J’en profite pour introduire mon fils dans le carré VIP. A son âge, il est accpté et déjà ses yeux en disent long. Pour le moment, on ne croise que Nathalie, Marjorie l’ntevieweuse des DVDs officiels du Hellfest et Enguerran Prieu, le réalisateur du film « Rock’ n roll over », moyen métrage en préparation qui promet beaucoup.

Jimmy avec Arnaud Pontaco de Gorod et une charmante attachée de presse.

Il y a aussi l’ excellent guitariste de Gorod, Arnaud,  avec lequel je sympathise particulièrement. Il sera comme un fil rouge durant ces trois journées, intéressant, prévenant, un plaisir constant de le croiser et le recroiser ça et là ! Nous baignons dans un univers fait pour nous et une excellente ambiance même si aucun concert ne nous a encore chaviré.

Avec Seb et Pierrot, nous enchainons sur un groupe majeur de l’après midi : WALLS OF JERICHO.  On ne fera en fait que passer tant les hurlements punk-hardcoriens de la chanteuse de Detroit Candace auront tôt fait de nous consterner. Le groupe a conquis la foule, pas nous ! Nous filons sous la Terrorizer pour une prestation nettement plus atmosphérique : SECRETS OF THE MOON. Le black métal des allemands l’emporte haut la main sur le death pour lequel nous sommes hermétiques. Sans être transcendant, ce que l’ont voit n’est pas inintéressant …

16 H 45 : voici venue la tête d’affiche du vendredi, étrangement placée au milieu de la journée puisqu’ils voyagent loin le lendemain : DEFTONES . Le style : du néo métal. Chemise rose pour le chanteur, pas de show, indifférents à ces riffs, Pierrot et moi ne tenons que dix minutes. Tandis que Seb, circonspect, veut en voir davantage, nous optons pour le stand dédicaces de Watain. Ils ne sont pas maquillés mais ne sourient pas pour autant. Avec nos T.Shirts Kiss et Lemmy, ils nous prennent à coup sûr pour des guignols !

WATAIN au naturel : le satanisme n'est pas contagieux !

BITE MAN et Pierrot !

RAHAN et une bien belle festivalière

Nous filons au camping poser quelques revues métal dans la tante d’Adrien. La foule qui se déplace est

considérable et l’on se délecte des déguisements multiples que l’on croise. Si l’on aperçoit LA DENREE de ‘La soupe aux choux’  ( tout de jaune vétu ) partout sur le site, il y a aussi SPIDERMAN, RAHAN ( toutes boules livrées au quatre vents ! ) et bien-sùr BITE MAN la star des photographes !!!

Adrien tente de réceptionner La Denrée !

Sous leurs tentes, à ma grande surprise,  mes amis les taupes sont là et se ravitaillent ! Sont-ils déjà épuisés les férus de hard extrême ? Drôle de rituel avant d’ aborder Watain ! Les beaux gosses réintègrent le site avec nous. Même à cette heure-là, il y a une petite queue devant l’entrée principale que j’emprunterai pour la seule et unique fois. Deftones vient de finir et l’on retrouve Seb avec Sylvie et Jimmy … qui se sont fait évacuer du premier rang tant la compression humaine devenait intenable pour eux !!! Sur la mainstage 2, c’est l’heure du set d’ HYPOCRISY. Hermétiques à cette overdose de décibels, on s’improvise une petite séance photos souvenirs.

Seb, Jimmy, Sylvie et 'Les beaux gosses'.

Un certain Gilles Lartigot me reconnait alors. Ce Marseillais travaille désormais notamment pour la chaine musicale québécoise  Music Plus. Grand fan de Kiss, nous nous étions croisés à Aubagne en 2004 mais, barbu désormais, je ne l’avais pas reconnu. Se retrouver et converser ainsi est un tel plaisir qu’il ne tarde pas à me proposer de participer à son reportage. Valérie, sa chérie, bosse aussi à ses cotés. Je leur propose plutôt Jimmy. Je sais que l’angle sera bien plus original avec ma demi portion, habituellement très loquace et passionné. Dans les jardins du ‘VIP CIRCLE’, Gilles est  ému, on sent qu’il se passe quelque chose de fort durant l’entretien …

Valérie, Gilles et Jimmy pour Music Plus et King of the Pit.

Jimmy, je te propose de m’accompagner demain durant l’interview de Twisted Sister.

Le sourire du gamin en dit long. Nous allions tout faire pour les rencontrer. Voici que cela semble se concrétiser dans des conditions inattendues.

Gilles nous présente alors Noémie Langlais. Super feeling aussi avec la jeune journaliste de ‘Rock one’.

Noémie et Jimmy.

Le cercle s’agrandit encore quand un gars me tend la main :

– Bonjour, Jean Pierre, enchanté ! …

Titi ! … Puis je réalise …

Jean PierreSABOURET ?!?! L’homme de Hard Rock magazine, de M6, de MCM, le journaliste culte pour tout fan de KISS,  celui à qui l’ont doit tout les spéciaux télévisuels et presse parus sur le groupe. The journaliste métal par excellence, celui dont les maximes ‘ Paix , amour et … ‘ qui clôturaient ‘ Dr heavy and mister hard’ sont restés dans bien des mémoires  !

Jimmy et Jean-Pierre Sabouret.

Jimmy & Jean-Pierre Sabouret.

Jean-Pierre & me.

Il me  présente son fils, Thomas, 15 ans.

– Je ne sais pas si tu réalises à quel point ton père a compté pour nous, fans de classic hard rock ?

– Je l’ai réalisé le jour d’une repet’ de METALLICA me répond-il. Mon paternel m’avait amené. On était à peine entré quand James Hetfield cesse de jouer et crie : ‘ C’mon Jean Pierre, so happy to see you ! ‘ J’ai alors compris que mon père était apprécié des plus grands !

Je navigue à vue ! Arrive alors un gars qui  le salue rapidement et presse le pas, visiblement débordé.

– Tu sais qui c’est, me dit Jean Pierre ? C’est Pascal Larre, le seul régisseur à qui IRON MAIDEN accorde sa confiance, celui là même qui leur a monté la scène en bambous en Indonésie ! ( voir le film ‘ Flight 666’ ….légendaire !)

Gilles nous présente  alors Werther, le bassiste de DAGOBA.

Insouciante de tout ce toutim métallique, une petite fille joue à nos cotés avec sa maman qui n’est autre que Lucia Cifarelli, la chanteuse de KMFDM. On en profite pour rajouter trois belles photos à l’album souvenirs …

En compagnie de Lucia ( KMFDM ) et Werther ( Dagoba ).

Durant ces dernières 24 heures, nous ne vivions déjà plus dans le même univers !

Il est  20 H 30 quand nous rejoignons enfin Seb et Sylvie … Nous venons de manquer INFECTIOUS GROOVES … L’autre groupe de Mike Muir est aussi énergique mais bien plus … groovy, funky que Suicidal Tendencies. Les beaux gosses, comme des centaines de fans sont montés sur scène lors d’un des concerts les plus marquants de la journée, symbole de l’alchimie si particulière entre les festivaliers et les musiciens .

La foule envahit la scène d'Infectious Grooves ( pict : Seb )

Par chance, nous sortons au moment où deux des musiciens du groupe improvisent une séance photos avec quelques fans … C’est l’occasion …

Avec deux membres d'Infectious Grooves.

Tandis qu’ Adrien est parti headbanger devant la mainstage 2 pour SICK OF IT ALL, que Pierrot s’en est allé au Métal Corner voir un triste match de l’Angleterre en coupe du monde, nous constatons avec plaisir que la KISS ARMY FRANCE s’est agrandie. Les kissettes sont là mais aussi Didier Rivet et mon ami Chris Rebaudo ainsi que son acolyte Yan. Chris n’est plus tout à fait le même qu’ à Genève, arborant un sourire permanent et la blague facile assortie de grande tapes dans le dos … Déjà un peu ‘parti’, le Roannais a décidé de se lâcher !

20 H 30 - La Kiss Army France prend la pose .

Alicia et Jimmy ...

Toutes mes connexions commencent à se juxtaposer. Quel plaisir de croiser Alicia, la petite perle Toulousaine du sleaze et du black, l’organisatrice de nombre de soirées, obligée d’émigrer en septembre dans la capitale. C’est elle qui m’avait fait écouter et découvrir ces ‘rigolos’ satanistes de WATAIN et voilà que nous allons assister ensemble à leur show ultra médiatique sous le Rock Hard Tent ! TF1 est présent, big report à venir dans  ‘Sept à huit’ . Ces sauvages sont ils dangereux ? Le bourgeois établi ferme la porte de son univers à double tour. Ces Suédois sont effrayants, subversifs . Mais malgré cette subversion de pacotille, la France a peur !

Sur le chemin, pause photo avec LOUDBLAST dont nous venons de manquer la prestation en même temps que Infectious Grooves. Je venais de les voir quelques jours plus tôt au Toulouse Metal Fest et j’avais été surpris par leur thrash/death élaboré, loin de mon univers mais parfaitement structuré ! Petite pose tandis que le batteur Hervé Coquerel congratule Jimmy :

– Hey mon p’tit gars, t’as une super veste ! Vraiment une super veste !

Sylvie, Jimmy & Loudblast.

Sylvie, Jimmy & Loudblast.

WATAIN donc … Curiosité mais plus que cela ! La foule s’est entassée et l’on comprend que ce show est attendu. Fourches enflammées ornent les deux cotés de la scène, de sales maquillages et du sang dégoulinant symbolisent visuellement cette ode au malin délivrée par un black métal qui, à défaut d’être virtuose, m’apparait plutôt inspiré et pas désagréable. Nous l’avons appréhendé et dégusté au millième degré, en ricanant de plaisir. Aucun envoutement en vue. Ouf ! La France peut dormir tranquille …

Watain s'amuse à faire peur à TF 1 ! ( Pict : Moocher )

Sepultura : Derrick Green - Quelle fabuleuse photo de Fred !

De retour à l’air libre, la nuit est tombée. Le site s’ éclaire de tous ses feux. Des projections du logo jonchent le sol, mention particulière pour les décorateurs, c’est somptueux !

Hellfest by night ...

... Magnifique ! Fred a du talent mais c'était vraiment ainsi !

Face à la mainstage 1, nous voici quelques minutes devant SEPULTURA.  Je les avais vus à Donington en 96 mais n’avais jamais approfondi ce  death métal teinté de racines brésiliennes. Malgré sa présence athlétique et sa voix d’outre tombe impressionnante, Derrick Green, le seconde ligne remplaçant de Max Cavallera ne m’embarquera pas davantage dans cet univers trop sombre pour moi. Néanmoins, nous avons droit aux classiques de la fin du show tels ‘Territory’ ( beurk !) et le convainquant  ‘Roots Bloody Roots’ .

Durant ce dernier titre, Seb et moi sommes déjà à 15 mètres de la mainstage 2. Sylvie et Jimmy sont restés près d’un arbre sur la droite, plus loin. Il le regrettera car le groupe qui suit va devenir une véritable obssession dans les mois qui suivront. Il faut bien défier son paternel de temps à autres …  Les fans attendent avec impatience ARCH ENEMY. Le groupe des frères Amott, deux guitaristes d’une remarquable dextérité avec un sens mélodique aigu connait un succés planétaire depuis qu’ils ont engagé ( il y a dix ans ! ) la blonde et charismatique chanteuse Angela Gossow. Véritable fascination pour certains, curiosité pour d’autres, le belle a la particularité de growler et non de chanter. On voyage allégrement outre tombe dans un death enfiévré dont la voix, qui envoi terriblement du bois, contraste avec les envolées soyeuses et inspirées des ‘Amott Brothers’ . Jusqu’au milieu du set, je me prends à m’éclater grave. Il y a non seulement le spectacle des slammers qui fusent au dessus de nos tronches mais surtout Angela, qui, il faut bien l’avouer, en impose grave.

Arch Enemy : Angela dans toute sa splendeur !

Puis, stop !

Seb, c’est bon pour moi, rendez vous à l’arbre familial à la fin du set.

Angela et ses boys ont conquis une bonne partie de l'assistance.

J’ avais eu ma dose, comprenant qu’il n’y aurait plus de surprises.  Et pourtant, allant filmer quelques plans de face, loin de la furie, je fus ceuillis par les magnifiques parties de guitares des Suédois. Les growl quant-à eux, furent-ils éructés par un charmant et atypique minois, ont eu tôt fait de me lasser. Depuis, grace à Jimmy, une chanson m’a conquis : ‘Burry me an Angel’ .

Nous voilà à nouveau tous les quatre. Il est 23 h 30. J’espérais retrouver quelques amis  disséminés partout sur le site. Personne à l’horizon ! Ne sont-ils pas tentés par un voyage quarantenaire aux origines de notre musique ? Surtout que le moment tant attendu se profile dans trente minutes. Après qu’une certaine Sandrine Le ( Thanks so much Shandi !) m’ait conseillé d’écouter ‘The time of no time evermore’ premier album de cet obscur et inconnu groupe venu des Pays Bas, je suis resté scotché par ce skeud comme transporté des 70’s, inspirée par Black Sabbath, Led Zep ou Blüe Oyster Cult mais avec un son actuel, trois guitares majestueuses et une chanteuse envoutante, soutenue par trois choristes.  Nous voilà donc devant ce fameux groupe sous la Terrorizer Tent. Nous assistons même aux derniers réglages. Ils sont alors habillés normallement…. Seules des dizaines de bougies trahissent déjà l’atmosphère . Quand THE DEVIL’S BLOOD rentre enfin en scène, les nombreux musiciens sont maculés de sang de la tête aux pieds.

The devil's blood : une expérience live bouleversante !

F. The Mouth of Satan !

Pourtant, loin du cinéma de bien des  groupes de black métal, on perçoit, on resssent une absolue conviction. Cette ambiance gothico mystique est si prenante qu’elle s’incrira dans un incessant rituel tel un voyage vers l’au delà. Le groupe fait corps, il ne communique jamais avec le public et trace son chemin tel un seul homme devant un parterre fasciné et des oreilles respectueuses qui jouissent des solos entrainants et des accords hérités d’un revival salvateur. On baigne à la frontière de l’occulte tout en revenant du coté de Woodstock. Car il s’agit bien de vieux rock, il y a du Lynyrd Skynyrd dans ces envolées à trois guitares. Tandis que Jimmy ne tient plus et vit sa première défaillance du festival s’endormant aux pieds de la barrière, nous sommes complétement transportés par cette ambiance à la fois psychédélique et mystique, fascinés par la chaleur de la rythmique, conquis par ce feeling heavy rock, ces riffs endiablés, ces arpèges mélancoliques à trois guitares , et envoutés par la présence statique, figée, possédée de l’étonnante chanteuse pseudoïsée F. The Mouth of Satan !!! Il s’agit en fait de Farida Lemouchi, soeur de Selim, guitariste et géniteur du groupe Batave.

L'un des trois guitaristes aux envolées planantes et déchirantes...

L'un des trois guitaristes aux envolées planantes et déchirantes...

C’ est de cette conviction absolue en ce qu’il font qu’émane cette force inébralable, ce talent insoupsonné. On est devant une sorte de secte. Leur dévotion au malin est loin d’être feinte. Pourtant, à l’opposé de toutes ces croyances, durant 80 minutes éternelles ( 20 minutes de plus que prévues ! ), nous venons de vivre un instant à la fois irréel, ésotérique, puissant, subtil, rare, unique ! Un bain de substances hallucinogènes à la frontière d’une noyade conssentie. Incroyable ! Nous étions le lendemain et venions d’assister à la pépite de la veille …

Il ne restait plus qu’à jeter un furtif coup d’oeil quelques dizaines de mètres plus loin. Le black métal actuel de MARDUK sévissait sous la Rock Hard Tent. Bof … Tandis que BIOHAZARD cloturait sans intérêt pour  Seb et moi cette première journée, il fallu bien du courage à Jimmy pour regagner le parking puis le gite. Ce soir là uniquement, nous avons pu tous les quatre ressortir par l ‘entrée  VIP. Derrière la Terririzer Tent, The Devil’s Blood était encore réuni, leur rituel peut être pas tout à fait fini. Un gars, probablement le manager, nous demanda de ne surtout pas les aborder. Il ne nous empechera pas de nous endormir bercé par la somptueuse mélodie du sang du diable …

Suite et seconde partie : parution au mois de mai . N’hésitez pas à commenter cette chronique !

HELLFEST 2010 : WHEN DREAMS CAME TRUE – Part 2 sur 3 –

Posted in HELLFEST 2010 with tags , , , , , , , , , , , , , , on 24 juin 2010 by JATA LIVE EXPERIENCES

CHAPITRE 4 : Du rêve à la réalité .

Samedi 19 Juin 2010

Se réveiller après moins de cinq heures de sommeil se conjugue chez moi avec une très mauvaise humeur. Pas aujourd’hui. Juste un peu de rancœur m’anime envers des parents laissant leurs marmots multiplier courses et  cris dans le couloir de la chambre d’hôte, juste devant notre porte.  Réaliser, en ouvrant les yeux, que l’on va vivre une rencontre magique, se l’imaginer, faire le match avant qu’il n’ait lieu allège votre sommeil tant l’excitation est vive . Ce matin-là, dans nos imaginaires,  nous allions comme pénétrer le clip de We’re not gonna take it  … Comment s’harmonisera la rencontre avec les légendaires Twisted Sister ? Cette pensée suffit à te propulser la dose d’ adrénaline nécessaire pour aborder une telle journée.

Hier soir, de retour au gîte, mon pote Jean Claude et deux amis à lui sont arrivés tard de Toulouse. N’y résistant pas, ils ont parcouru les 9 kilomètres afin de ressentir, à l’extérieur du site le feeling du festival. Le son de quelques riffs tardifs et la réponse de la foule furent comme un peu de réconfort pour oublier la route et la journée de boulot. Bien sûr, ils ont voulu recueillir nos impressions  dès notre retour, nous qui étions encore sous le choc du Devil’s blood !

En ce samedi, nous ne les saluerons qu’au réveil, nos positions n’ étant jamais les mêmes durant cette journée mémorable.

L'entrée du site pour le public

Petit déj’, douche, Seb passe nous prendre, nous voilà repartis. Il a, avec Sylvie et Jimmy, cette petite appréhension d’ une attente trop longue devant l’entrée principale, cette peur de manquer un des concerts qu’il attend le plus :  Electric Mary ! Heureusement, seul le premier jour fit embouteillage. L’entrée est désormais fluide. Ils n’ont manqué que le premier groupe de la Main Stage 2 : DEW SENTED.

Ce n’est pas vraiment un problème. Si les thrasheurs allemands ont fait lever mes potes Les Taupes de bonne heure, nous restons hermétiques à tant d’agressivité et à cette absence de nuances. Je ne resterai que quelques instants devant ce vain combat avec une assistance clairsemée .

Pierrot et Adrien sont déjà aux premières loges de la Main Stage 1. Nous revoici dans notre élément…

Depuis le temps que Seb nous parle de ces  Australiens, nous avons hâte de les entendre. Et nous n’allons pas être déçus ! Dignes héritiers de Led Zep ou Whitesnake, nous sommes happés par un revival qui oscille entre le feeling d’un Free et la puissance d’un Rose Tattoo. Dès les premiers accords magiques de Let me out, divine introduction à une journée placée sous le signe du Classic Hard Rock sur une scène principale qui mobilisera toute notre attention, nous sommes happés par un son parfait. Les lumières oranges, la fumée dans le fond contrastent merveilleusement avec la fine pluie qui s’invite le temps d’un soupir puis laissera place au fil des heures à une météo parfaite où soleil et ciel nuageux nous enroberons d’ une soyeuse tunique de bien être.

ELECTRIC MARY : Une journée classic hard rock qui débute parfaitement !

ELECTRIC MARY : Une journée 'classic hard rock' qui débute parfaitement !

Rusty : présence et voix enrobent l'assistance

Rusty Brown : présence et voix enrobent l'assistance

ELECTRIC MARY n’est certes pas le groupe le plus original de la journée mais ses références à l’essence même du rock sont tellement maitrisées, assumées tant au niveau de l’exécution, de la présence, que du look ( la barbe est de rigueur pour quatre des cinq musicos ! ) que ces trente minutes paraissent bien trop courtes. Le public s’enthousiasme et Rusty Brown, dont la rondeur de la voix n’a d’égale qu’ une chaleureuse bonhommie, trouve une astuce pour palier l’absence de backdrop : brandir l’écharpe du groupe dont le public n’est pas prêt d’oublier le nom ! Un régal !

Autour de nous, notre ‘famille’ Hellfest s’est rassemblée mais certains demeurent introuvables. Mon ami Parisien Jérôme Barre et son fils J.C ( des retrouvailles attendues après le show de Kiss à Genève un mois plus tôt puis un match de football qui a fait parler, maquillé,  à Toulouse la semaine avant le festival ! ) ne sont toujours pas arrivés et la bande à Boubouille est aux abonnés absents (Ces férus de concerts Toulousains résident dans des tipis à quelques kilomètres du festival et vivent les concerts depuis la plate forme handicapés, Jeff le fils de Jean-Luc étant paralysé des membres inférieurs ) . Les kissettes du 58 sont là ainsi que nombre de potes Toulousains et de Kiss fans  .

Lorsque TAMTRUM débute son set, je file sur la scène 2 par curiosité puis reviens vite. Il faut dire que ce son indus gothique à tendance techno s’avère comme qui dirait anachronique lors de cette journée très classic rock. Des looks barrés et une musique déstabilisante.

Tantrum, zarbi et glauque ...

Déstabilisé, plus d’un mâle va l’être dans les minutes qui suivent mon retour à la barrière de la scène principale . L’écran géant central nous offre des plans savoureux de deux danseuses stripteaseuses particulièrement motivées, impliquées et … wouaw … chaudes ! Me voici donc, avec quelques milliers de nouveaux potes, reparti au pas de course, sourire béat, vers la Mainstage 2 !

Tantrum et l'attraction de la matinée : les Garage Babes !

Tantrum et l'attraction de la matinée : les Garage Babes !

Une curieuse façon de prendre son petit déjeuner !

Une curieuse façon de prendre son petit déjeuner !

Grâce à son duo sexy et vraiment hot, le trio goth a réussi à focaliser sur lui toute l’attention du site, hormis ceux qui sont sous la Terrorizer Tent  ou poursuivent leur nuit au camping. Le  show qui se veut décadent et subversif à souhait devient alors de plus en plus bouillant sur certains titres,tels  le poétique Fuck you, I’m drunk 

Topless,  la blonde et la brune, so sexy, font leur retour, se versent du yahourt à boire sur les seins et crachent du feu. Pas certain que la finalité de l’entreprise ait été captée par tous. Quoi qu’il en soit, si vous aimez vous rincer l’œil, c’est à ce concert qu’il                    fallait assister . Et Jimmy ?  Son sourire de satisfaction est évocateur. Les Garage Babes hanteront probablement longtemps ses nuits de pré – ado. Dire qu’il brule certaines étapes est un euphémisme !

Light everybody's fire !

Light everybody's fire !

12 heures 15. La fine bruine a laissé place à un ciel nuageux et menaçant. Autour de moi, j’entends dire :

– C’est quoi DELAIN ?

– Un groupe à chanteuse !

Charlotte Wessel : classieuse !

Charlotte Wessels : classieuse !

Un brin réducteur comme qualificatif pour évoquer ce combo de power pop symphonique aux mélodies riches et raffinées.

Il est vrai que certains curieux semblent  un peu perdus. Seb se trouve d’ailleurs à coté d’un gars qui n’ ôtera pas son masque de Jason, le tueur de Vendredi 13 ! Si nous nous réjouissons de les revoir neuf mois après le concert au Ramier, le groupe Batave n’est plus tout à fait le même et deux membres ( guitare et basse ) ont été remplacés. Les nouveaux venus font preuve d’implication et de dynamisme mais tous les regards sont focalisés par la belle et classieuse Charlotte. Jupe blanche longue et légèrement fendue, bustier aux couleurs du backdrop de fond de scène laissant discrètement deviner une délicieuse poitrine, la magnifique rousse capte l’attention. C’est la classe et l’élégance incarnée dont le charme vocal le dispute à une sensualité naturelle brodée dans son headbanging discret.

DELAIN au complet

Conséquence : le public souffre très vite d’un certain manque quand la belle quitte trop souvent la scène lors des plages musicales non chantées. Sa voix est certes belle mais pas toujours aussi juste qu’il le faudrait. De plus, la set list de ces quarante minutes  est un peu bancale et fait l’impasse sur certains titres majeurs dont le tubesque April Rain. C’est facile d’accès, agréable à écouter, les serpentins  surprennent l’auditoire lors du final, Charlotte  distille un sourire charmeur mais il manque encore le X factor à ce groupe au potentiel énorme s’il veut atteindre le niveau d’un Within Temptation ou d’un Nightwish .

Il est temps pour moi de laisser mes proches, de zapper Tankard, sa bière gargantuesque, et de prendre la température du coin presse pour la première fois de la journée…

L' amusante fête de la bière version Tankard !

L'affiche du film désormais culte THE STORY OF ANVIL

Le moment est bien choisi, c’est le moins que l’on puisse dire ! Après avoir croisé les gars de Tantrum, qui vois je, seul dans un box, qui attend la presse ? Lips !!!

Robb Reiner est dans le box adjacent en interview ! C’est un peu comme si je m’étais projeté en une fraction de seconde de l’autre côté de l’écran, dans le documentaire le plus tendance du moment, celui qui récolte des prix à travers toute la planète. Le film témoigne de la désillusion de deux musiciens promis à un avenir radieux, de leur galère quotidienne un quart de siècle après avoir foulé les plus grandes scènes sur la même affiche que Scorpions, Whitesnake ou Bon Jovi.

Les deux gars d’ ANVIL sont là, et, comble du bonheur, ils disposent d’un peu de temps ! On peut discuter, prendre pas mal de photos. Je ressens le plaisir qui est le leur d’être à l’affiche d’un tel festival en Europe, d’avoir cette seconde chance octroyée par le septième art, comme enfin la reconnaissance tant méritée par cette obstination perpétuelle.

Si un groupe à travers les décennies n ‘a pas lâché l’affaire et à tout sacrifié à sa passion, ce sont bien ces deux Canadiens, ces deux amis d’enfance. Leur nom, à l’image de bien des fans de hard rock, ne m’évoquais que de vagues souvenirs avant la sortie du film.  80 minutes de pellicule plus tard, ces gars là sont devenus comme familiers. Comment ne pas les aimer tant leur dévotion à la musique est touchante ? Me retrouver auprès d’eux , je l’ai vécu comme un privilège.  Le cinéma, ce chemin de traverse inattendu leur a ouvert à jamais les portes des légendes du hard rock !

Lips, Robb Reiner and me ...

Avec Charlotte ... Oui, je sais, je sens quelques envieux ...

Cerise sur la gâteau avant de rejoindre ma tribu : Charlotte apparait, radieuse ! Je l’avais longuement rencontrée lors du meet and greet de Delain à Toulouse. Sur le point d’enchainer les interviews, elle prend la pose, le temps de quelques clichés.

Le ciel n’a pas abdiqué à nous inquiéter quand, à 13 h 45, un très grand moment de rock’n roll nous est proposé : Y & T ! Ce sont des instants quasi inespérés qui s’offrent à nous. Depuis deux décennies, j’ignorais même ce qu’était devenu ce légendaire groupe Américain dont les clips me fascinaient des les 80’s : Mean StreakKeep on runnin’ et le légendaire Summertime Girls avec sa plage, ses jolies rock girls et son robot ! Dieu, que c’était bon ! Le nouvel album, particulièrement réussi, Facemelter, le premier depuis 13 ans, laissait présager le meilleur pour les quarante minutes à venir !

Sylvie et Jimmy, entourés d'amis vivent ce superbe instant on ne peut plus près

Dave Meniketti, un des meilleurs chanteurs du festival !

Ces presque trois quart d’heure allaient filer tel un éclair tant l’uppercut dans le sternum de la machine à remonter le temps allait nous laisser sur les genoux, heureux que la nostalgie soit synonyme de passion, de conviction et surtout de talent.

Malgré un vent tournoyant, nous ne souffriront pas d’un son approximatif. Au contraire, au premier rang, l’acoustique est parfaite mettant en relief  le timbre chaud, juste, précis d’un Dave Meniketti aussi à l’aise vocalement qu’ avec une six cordes qui pridigue à ses envolées plus de couleurs que l’arc en ciel !

Le regretté Phil Kennemore assure malgré sa maladie

Bien décidés à marquer de leur empreinte la carte d’identité du festival, les Californiens vont nous régaler de huit trop courtes chansons si réussies que les nouveautés ( On with the showI’m coming home ) se confondent avec  les classiques ( Rescue me ; Forever etc ). Le public, nombreux,  ne se fait pas prier et donne de la voix. Il vient de vivre un très grand moment. Personne ne se doute alors que Phil Kennemore, le bassiste de toujours, souffre d’un cancer. Déjà affaibli, il ne laissera pourtant rien paraitre, enchanté de vivre sa passion devant tant de regards admiratifs. Six mois plus tard, le 7 janvier, c’est avec beaucoup de peine que nous apprirent sa disparition.

Dès lors, tout allait s’accélérer, se juxtaposer. Le tourbillon des évènements à venir m’ invitait à franchir le seuil d’une tranche de vie particulièrement excitante, envoutante, émouvante .

Je n’avais malheureusement le temps de n’accorder mon attention aux vétérans de RAVEN que lors de leur premier titre : Take control. Pêche et implication semblaient bien au rendez- vous pour un nouveau revival mais je savais que je devais sacrifier certains concerts pour me pointer  en zone V.I.P et constater que ça grouille de toute part.

John & Mark Gallagher, les frangins qui ont fondé Raven en 1974 !

Jean Pierre Sabouret est là. Jimmy en profite pour lui demander comment est né sa passion pour Kiss. Je ne manque pas de filmer ses confidences… J.C, 10 ans, l’ami Parisien de mon fils vient enfin d’arriver avec mon pote Jérôme. Privilège de l’âge, les enfants ont le droit de m’accompagner dans le carré.  Par bonheur, il y a deux membres d’Electric Mary dont Rusty, le chanteur avec lequel j’ai la chance de discuter un bon moment. Ils sont vraiment contents de l’accueil et ont ressenti de bonnes vibrations de la part du public.

Deux ELECTRIC MARY et nous ...

– Do you have our last CD ? m’interroge Rusty.

– For sure, a friend of mine ( Seb) bought it for me as a gift ! Very good album !

– I’m sure you don’t have this new version with 4 bonus live songs !

Heinrich ( Blackrain ) and the kids

Et voilà le chanteur qui m’offre la réédition de leur album. Remerciements chaleureux, signatures, photos où le barbu ne manque pas de mettre son écharpe autour du cou des enfants. Bref, un super moment avec les Australiens … Heinrich, le bassiste de Blackrain, groupe dont nous sommes fans depuis deux ans apparaît alors ! C’est même lui qui immortalise le moment avec les Australiens …

A côté de nous, il y a les Garage Babes, les danseuses de Tantrum, certes ( court ) vêtues mais toujours aussi sexy. L’occasion est belle, impossible de se  priver de faire saliver quelques potes ! Qui plus est, sans le montrer vraiment, les garçons étaient enchantés de la petite séance de pose avec les filles … Quand je vous dis qu’on se régale !

The Garage Babes and us !

Il est un peu plus de 15 heures. Je n’ai rien grignoté mais peu importe, manger ne me préoccupe guère durant ces trois jours. L’objectif est de rejoindre la barrière de la Mainstage 1 où toute notre tribu nous attend. Avec les enfants, c’est plus facile de se frayer un chemin même si la foule n’est pas aussi compacte qu’elle le sera un peu plus tard dans la journée.

Au moment où certains doivent maudire et pester contre l’annulation de RATT quelques jours plus tôt, je me réjouis du choix de l’orga qui n’aurait pas pu trouver meilleur remplaçant que les légendaires compositeurs d’une des plus belles balades du début des années 90 : Please don’t leave me.  Bien sùr, PRETTY MAIDS ne se résume pas à ce titre magique qu’ils n’interpréteront pas aujourd’hui…

PRETTY MAIDS bien décidé à en découdre

Ronnie Atkins, encore un grand chanteur !

Bien que plus jeunes, le profil est un peu le même que Y&T : une grosse notoriété à la fin des 80’s et au début des 9o’s puis une sorte de no man’s land jusqu’à ce tout nouvel album magique sorti quelques semaines plus tôt : Pandemonium. Devant nos yeux, voici donc ces Danois que l’on n’attendaient pas soutenir un magnifique album que l’on n’espérait plus ! De quoi prendre un pied monumental ! Et ça commence très fort avec le titre éponyme de cette nouvelle galette : le tempo semble avoir opté pour la voie rapide, c’est à la fois puissant et mélodique très speed en tout cas . De toute évidence, les nordiques, bien décidés à faire oublier l’absence de RATT communiquent leur plaisir qui ne tarde pas à être partagé par une foule conquise et réceptive. Même le single Little drops of  Heaven, une jolie balade ne rafraichit pas un public désormais placé sous les rayons d’un soleil qui s’invite à la fête et compte bien y rester.

Sylvie, Jimmy et Seb savourent chaque instant de ce show

Sylvie, Jimmy et Seb savourent chaque instant de ce show

L’excellent frontman Ronnie Atkins, malgré une voix très rauque et un peu cassée ( par l’abus de tabac probablement … ) ne cesse d’arpenter la scène de long en large magnifiquement soutenu par un groupe charismatique à l’image de son complice depuis 1981  Ken Hammer, du nouveau bassiste Hal Patino sans oublier les excellents Allan Tschicaja ( batterie ) et Morten Sadager    ( claviers ) .

C’est peu dire qu’on se régale : Love games, Red, Hot & Heavy, scandé par la foule et Future World concluent une prestation convaincante, preuve s’il en est que le hard FM de qualité, non dénué de heavy songs ( comme l’avait prouvé Europe en 2009 ) a bien sa place au Hellfest ! Forcément frustrantes tant on les a savourées, ces 45 minutes sont passées trop vite !

S’il était hors de question de sacrifier la moindre minute du spectacle de PRETTY MAIDS tant ce fut la concrétisation d’un songe bien lointain, Jimmy et moi savions qu’il nous était impossible d’honorer de notre présence ceux qui m’avaient donné sourires et instants complices quelques heures auparavant : ANVIL.

Aurons nous une chance de les revoir ? Rien n’est moins sûr. Allez, au moins une chanson. C’est certain, Lips, Robb et le troisième larron qui les accompagne vont prendre leur pied devant tant de monde. Juste un titre, juste quelques notes venues du Canada, un dernier regard sur les milliers de dents souriantes de Lips et nous voguons vers notre grand moment, la pierre angulaire de ces trois jours de festival …

Lips, l'homme aux 25 000 dents !

Quand nous arrivons dans la press room, Gilles et Valérie ne sont pas-là . Roger, le responsable des plannings Presse semble inquiet de leur absence. Ils sont en fait légèrement retardés par un reportage. Nous en profitons pour regarder si par hasard … Quand, bord… de m… , c’est bien lui !

Jimmy, tu ne le reconnais pas ????

Nous sommes si près de l’icône des 80’s, du fondateur de la Sœur Tordue qu’un temps d’arrêt, l’espace d’un instant pour réaliser s’impose :

– Oh p… Jay Jay French !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Jimmy ne semble pas impressionné aux cotés de Jay Jay French !

Comme il est seul, nous avons le temps de nous présenter, de lui faire dédicacer photos et pochettes soigneusement sélectionnées et de poser à ses côtés. J’avoue qu’à cet instant je suis à mon tour comme envahi par une certaine fébrilité. Gérer la caméra, l’appareil photo, les stylos et autres marqueurs pose quelques soucis. Tout se juxtapose.

Pouvoir prendre le temps de savourer l'instant ...

Il faut pourtant garder son calme et celui qui n’est que Français par le nom nous y aide bien. Dès le premier plan, il enlève sa bague arborant le sigle TS et la met au doigt de Jimmy. Au même moment, père et fils ont une pensée commune : c’est pas vrai, il ne va quand même pas nous offrir son bijou !?!?

Ce fut bien sûr pour la photo ( je filmais en fait ) mais le geste fut vraiment oool ! Il offrit toutefois au gamin deux médiators magnifiques et prit le temps de tout signer avant de répondre à d’autres sollicitations.

A quelques mètres, il y a le leader de Y & T. Dave Meniketti est d’une chaleur absolue, méga souriant, ultra disponible. On a tout loisir de prendre beaucoup de photos avec lui. 

Dave Meniketti, vraiment chaleureux !

Dave Meniketti, vraiment chaleureux !

Raven est là aussi. Fait exceptionnel, on a tout loisir de poser avec le groupe au grand complet. La beaugossitude n’est pas de mise ! Mais Jimmy n’est même pas effrayé par le batteur Joe Hasselvander qui en ferait fuir plus d’un au coin d’une rue sombre. En tout cas, l’amusement est de rigueur dans les poses que l’on s’octroie avec ce dernier et les frères Gallagher.

RAVEN prend des poses équivoques

Voilà ensuite les autres membres de Y & T ! On y croit à peine ! Tous sont dans le couloir sauf Phil. Assis tranquillement dans un box, il récupère de son concert. Pourtant, quand on a la chance de le rencontrer, la fragilité de sa santé ne nous effleure pas l’esprit. C’est désormais une évidence : déjà amoindri, Mr Kennemorea voulu vivre intensément les derniers mois de sa vie. Son visage témoignait de ces instants de bonheur, du réel plaisir qui était le sien.

Des moments inoubliables avec Y & T . Ces images sont parmis les dernières de Phil Kennemore

La joie des groupes  à se retrouver fait vraiment chaud au cœur. Anglais et Américains ( Raven et Y&T ) ne se sont sans doute plus rencontrés depuis bien des années. Ils ont forgé l’histoire de notre musique. Ces pionniers qui faisaient les grandes heures de Headbanger’s Ball sur MTV, ceux là dont on enregistrait fébrilement chaque nouveau clip, se tapent dans le dos devant nos yeux! C’est pas rien quand même !

e moment où Jay Jay dit à Gilles ' I've met Jimmy before '

Le moment précis où Jay Jay signifie à Gilles ' I've met Jimmy before '

Gilles, micro en main et Val, caméra sur l’épaule sont arrivés et fins prêts pour  interviewer Jay Jay. J’ai tout loisir alors de filmer tranquillement et de prendre quelques clichés quand la parole est donnée à Jimmy, assis tranquillement à côté de celui qui auditionna pour Kiss en 1972 avant que Ace Frehley ne soit engagé :

Jay Jay, pourquoi, dans les superbes clips de Twisted Sister, il y a toujours une lutte entre les kids et l’autorité parentale ou enseignante ?

Le guitariste lui répondra que c’est Dee qui a eu l’idée du concept et des scénarios. Il confiera comme souvent que le métal est bien la seule musique qui peut rassembler autant de monde autour des mêmes groupes à travers les ages et durant trois ou quatre décennies.

Si nous aurions sans doute pu rencontrer le groupe, je l’avais promis à ma progéniture et m’étais fixé cet objectif, jamais, sans le concours de Gilles, nous n’aurions pu prendre part à un tel moment. Qu’il en soit remercié, ainsi que Jeff et le destin !

Du rêve à la réalité ...

Sous nos yeux, retrouvailles entre Twisted Sister et Y & T !

De retour dans le couloir, ce à quoi nous assistons est tout simplement invraisemblable : devant mes yeux incrédules, deux légendes du classic hard rock Américain se retrouvent : Twisted Sister et Y & T. Les gars sont tellement heureux de se revoir qu’ils tombent dans les bras les uns des autres. Les mines réjouies et sourires en disent long, bien plus que leurs conversations tellement rapides que pas mal de mots s’évaporent dans mon cerveau avant que j’ai pu en délivrer la traduction. Pas de doute, le moment est savoureux.

Avec Mark Mendoza : la photo magique de ces trois jours !

J’eus pensé mon fils au bord de l’évanouissement devant Eddie ‘fingers’ Ojeda et l’impressionnant Mark Mendoza. Il n’en est rien ! Ce dernier soulève l’enfant, lui enfonce ces gros doigts dans les cotes  :  la pose est grandiose ! Seul soucis, mon appareil ne se déclenche pas !!! Je commence  à transpirer et ne suis pas le seul ! Deux tentatives puis trois…  Pas la moindre réponse à mon index rageur ! Jimmy souffre mais celui qu’on surnomme l’animal ne le lâche pas quand enfin l’appareil délivre un flash libérateur ! Ce sera probablement ma plus belle photo de ces trois jours, pas la plus prestigieuse ( elle arrive ) mais la plus réussie !

Et puis c’est la panique : première apparition de Dee Snider !!! Gilles l’intercepte, Valérie prend une furtive photo avec lui mais tout le monde devient comme aimanté par la star. Quand Jimmy arrive à ses côtés, le chanteur ne l’aperçoit même pas et file vite dans le studio de Oui FM, juste à l’extérieur de la salle. Il est attendu de pied ferme pour un direct radio. Tant pis pour AIRBOURNE qui est en train de performer ! Il est des opportunités qui ne se représenteront probablement jamais. Quant-aux Australiens, c’est un jeune groupe que nous aurons l’ occasion de revoir sans nul doute… en priant pour que Joël O’Keeffe ne perde jamais l’équilibre !

L’inquiétude est de mise. C’est un peu comme si Paul Stanley me passait à côté sans que je puisse l’ aborder. L’oasis était-il illusoire pour le sweet child o’ mine ? Il ne faut pas manquer la sortie de Dee, provoquer la chance. On navigue alors entre extérieur et intérieur quand le reste du groupe en finit avec ses interviews. A son tour, Eddie Ojeda offre son médiator à Jimmy qui est aux anges tant ces petits triangles gravés ont de la valeur à ses yeux !

Un moment tranquille avec Eddie ' fingers' Ojeda

Quelques photos plus tard, on évoque le Arrow festival de 2008 en Hollande. C’ était il y a déjà trois ans, l’enfant aux cheveux d’or n’en avait que huit et nous avions prit un tel uppercut que les cortex familiaux en sont marqués à jamais !

En dehors du grand blond frisé, tout le groupe se trouve en salle de presse mais nous ne reconnaissons pas le batteur A.J. Pero !!! Il nous passe maintes fois à côté mais sa tignasse brune ayant disparue, on se fera avoir. Il est pourtant juste dans un box voisin lorsque l’on prend une dernière photo avec les trois gratteux …

3 guitaristes et un bassiste....

Dehors, il fait beau et chaud. Heureusement, Mr Snider n’est pas sorti. Il parle encore à la radio. Je ne sais pas que Sylvie et Jerôme répondent sur le site à un journaliste de Presse Océan qui leur consacrera le lendemain un tiers de page avec photo et sujet sur le 129 ème concert de Kiss du fan Parisien !

Quant-à nous, nous n’avons guère le temps de nous languir ! Voici qu’arrive … rien moins que le leader de Pretty Maids : Ron Atkins ! Bière à la main, clope au bec,  il se balade en quasi touriste désormais, bien décidé à profiter de la vie sur un lieu et dans un contexte des plus agréable. Là encore, nous avons tout le temps de prendre pas mal de clichés  …

Avec Ronnie Atkins, le leader de PRETTY MAIDS

Quand, soudain, ça y est, l’idole pointe enfin le bout de son nez. Une marée de VIP privilégiés accourent. Heureusement, le manager personnel de Dee, celui-là même qui avait annoncé le groupe sur scène au Arrow Rock Festival  par un vibrant ‘… Hey Holland, could you please welcome the lengendary TWISTED SISTER ! ‘ tient déjà Jimmy par l’épaule et semble bien décidé à ce qu’il ne soit pas oublié par la star au catogan . A ce moment là, je sais , si ma caméra ne me trahit pas, que le pari est gagné !

La bête de scène esquisse un sourire, ravi de lire l’émotion d’une demi portion à son contact mais demeure à mille lieux de s’imaginer à quel point cet instant relève de la magie pour le kid qui connait par cœur titres et clips du glam heavy band légendaire influencé par Alice Cooper, Kiss et les New York Dolls.

Dee aura finalement tout signé ....

Je ne rate pas une bribe de ces instants et comme je l’ai fait avec Mark et Eddie, je laisse Jimmy profiter et me contente d’immortaliser ces scènes. Plus question de prendre le risque de l’appareil photo, heureusement la caméra dispose d’une double fonction ! Ce sera parfait !

– Dee please, look at me, can I take a pic of you with the kid ?

– For sure, Yeah, let’s make a pose !

Une image tirée du film ... l'espace temps a fait une halte définitive dans lea vie du petit fan

Une image tirée du film ... l'espace temps a fait une halte définitive dans la vie du petit fan

Tout cela fut intense, bref et parfait . Mr Snider s’engouffrait déjà à l’intérieur, nous filions vite voir AIRBOURNE et sortions du carré Presse juste au moment où les Australiens saluaient la foule :

-Thank you so much Hellfest !

Peu importe, nous avions encore et pour bien longtemps la tête dans les étoiles …

Airbourne tente de décrocher les étoiles au moment précis où elles défilaient sous nos yeux !

Nous retrouvons sans problème Jérôme, Seb, J.C et Sylvie ... Même pas le temps de leur raconter ce que l’on vient de vivre … Revoici Steph Biard, mon copain de Rock Hard … Tandis que NEVERMORE se produit sur la Mainstage 2, ça grouille de partout dans notre petit cercle et l’on immortalise d’agréables moments …

Titi, Steph Biard & Jérôme

Il y a même la moitié de BLACKRAIN ! Iann et Heinrich attendent avec impatience la performance d’ une de leurs idoles : Slash ! Pour Seb, devenu fan de Licence to thrill et la famille Barre, l’occasion est belle de passer quelques instants fun avec les membres de ce groupe dont je leur vente les mérites depuis un certain temps ! Qui plus est, ils sont particulièrement joueurs avec les kids comme en témoignent les photos de ces agréables moments .

Un moment bien fun avec la moitié de BLACKRAIN

Un moment bien fun avec la moitié de BLACKRAIN

La chance de l’accrédité presse que je suis, c’est aussi de bénéficier de toilettes propres et d’y croiser, quand je m’accorde le temps de soulager ma vessie,  Ronnie Atkins par exemple ! Il n’a fini ni sa bière, ni sa cigarette, à moins que ce n’en soit d’autres.Nous bavardons encore un peu mais le temps presse, Seb m’attends  …

Ronnie and me, devant les chiottes !

Il ne reste que 20 minutes avant la fin du set de NEVERMORE. Celui ci semble plaisant, une petite minute pour apprécier  mais impossible de s’y attarder.

Tandis que certains filent à l’Extrême Market, je réussis avec peine à convaincre mon pote du Mans d’aller voir si la séance de dédicaces  de Twisted Sister n’est pas finie. Le stand se situe assez loin, entre la scène 2 et la Rock Hard Tent. Malgré la peur de se retrouver loin pour Slash, Seb finit par me suivre …

Quand nous arrivons à l’endroit, trois des membres du groupe quittent juste les lieux et saluent les centaines de fans qui font encore la queue pour rien tant il y avait de demandes et d’attente. Heureusement pour certains, le management distribue quelques dizaines de magnifiques photos toutes préalablement signées à la main… Les deux dernières sont pour Sebet moi, au grand dam de beaucoup d’envieux dont une girl fan peu chanceuse sur le coup !

Des dédicaces qui ont une histoire

Un attitude pour le moins curieuse qui n'a pas échapée à Moocher

Il ne reste plus aux lucky guys que nous sommes de presser le pas et de regagner la Mainstage 1. La journée est sold out, il y a du monde partout, impossible de tourner les yeux sans croiser quelques hurluberlus ou autre accoutrements cocasses.

Syvie, Ronnie, the kids & Morten Sadager

Pendant ce temps, Sylvie, particulièrement ravie, Jérôme et les enfants ont croisé la route de deux Pretty Maids : Morten Sadager  et Ronnie Atkins, décidément partout !

Quand débute le show de SLASH, Seb et moi sommes isolés de nos proches et amis. Impossible de les retrouver tant la foule est compacte. De toute évidence, le nom prestigieux du virtuose co-ex-leader de Guns ‘n Roses a attiré beaucoup de monde dont une quantité de jeune glameuses particulièrement charmantes !

Jenifer, une amie désormais, fait partie des jolies glameuses qui n’auraient manqué Slash pour rien au monde ! Pict : liveforrock

Si la caille, la femelle, la donzelle est de sortie, elle se hisse bien souvent sur les épaules d’un  costaud de service. L’atmosphère, chaude, révèle cet insondable sentiment qu’il va se passer quelque chose de cool. Tout y est, soleil et poussière, légende et passion, sueur et excitation. Place à un maître de la six cordes, une icône du rock : SLASH !!!!

Slash & Miles Kennedy, duo gagnant !

Slash & Miles Kennedy, duo gagnant !

Slash, guitar hero de légende

Sur la gauche à une vingtaine de mètres de la scène, notre position est confortable. Nous sommes fins prêts à chanter, à hurler, à nous régaler. Et, comme prévu, le charme opère ! Epaulé par un groupe parfaitement choisi, Slash est surtout accompagné d’un chanteur de premier ordre, le leader d’Alter Bridge : Miles Kenneddy ! Disposant de variantes vocales hors du commun, si ce dernier s’approprie sans soucis les morceaux du nouvel et premier album du guitariste mythique ( parfois magiques tel By the sword  qu’on dirait écrite pour lui mais qu’il ne chante pas sur le disque où l’envoutant et atmosphérique Back from Cali qui nous amène très vite ailleurs ) , il excelle sur les tant attendus hymnes de Guns & Roses, sa voix bien que moins nasillarde, se confondant pour notre plus grand bonheur avec les envolées aiguës d’ Axl Rose ! Fermez les yeux et vous êtes au Ritz club en 1988 ou encore dans un stade immense en 1992. Ce Myles Kennedy a le felling des plus grands. On se demande même si Slash    n ‘a pas fini par trouver sa voix idéale !

Pas de doute, c’est un grand moment du fest ! L’attitude, les compos, la patte des soli de l’homme au chapeau, tout y est. La foule est en liesse quand le guitar héro se déplace d’un côté puis de l’autre pour nous gratifier de quelques riffs aussi démonstratifs qu’inspirés qui, à tous les coups, recueillent les vivas généraux !  Nous sommes bien au Hellfest en 2010, la sono est parfaitement réglée et nous ne voudrions pas être ailleurs.

Miles Kennedy, la voix de Slash

Si chaque titre trouve sa place, dévoile un charme qui se fond parfaitement dans une set list bien pensée, la foule exulte sur les Gun’s songs auxquelles elle réserve un accueil phénoménal. Durant le monumental final ( Sweet child O’ mine puis Paradise City), un frisson de bonheur général électrise une marée humaine qui hurle et chante de plaisir, qui vit telle un seul être ce dernier quart d’heure d’exception. Le groupe salue la foule, l’ovation est belle… Une heure ailleurs. Décidément, cette journée recèle des trésors dont la pièce maitresse n’a pourtant pas été dévoilée !

Le groupe au grand complet quitte la scène sous les ovations !

A.J Pero débarque sur scène, méconnaissable... Le public ignore encore que Clisson va s'embraser !

20 heures. Tandis que la haie qui borde l’entrée du site est prise d’assaut par des centaines de malles urineurs, Seb et moi sommes surtout préoccupés par le fait de nous rapprocher du premier rang. Peu importe ce qui se passe sur la Mainsatge 2  ( Annihilator) où sous les tentes ( sans nous aujourd’hui ), nous devons retrouver Pierrot et Adrien tout devant ! Pas évident mais nous y sommes … Poupoune et les kissettes sont aussi à la barrière mais à l’extrème gauche sur un côté. En face, en revenant vers le centre ma famille et celle de Jérôme sont ensemble. Nous nous trouvons à moins de dix mètres d’eux, dans l’axe. Plus le temps avance, plus je me sens tel la merguez entre deux tranches de pain. Et je sais que ce n’est rien. Ce qui va suivre va tout broyer, tout laminer. Bien sûr, si j ‘ai prévenu mes amis, le vivre pour eux, va se situer bien au delà de ce que j’ai pu leur conter . Sur ce coup-là, après le choc vécu au Arrow Festival, je sais précisément à quoi m’attendre. TWISTED SISTER va t’il, peut il, me surprendre ?

Dee Snider entame le show avec son cache poussière mais sans round d'observation !

Quand débutent enfin les 70 minutes rêvées, espérées par tout fan français qui n’a pas vu le groupe fouler l’hexagone depuis plus de 25 ans, c’est une incandescente boule de lave et de feu qui déferle sur nos cranes.Elle irradie de bonheur les visages, radieux, souriants, stupéfaits, incrédules d’une fourmilière humaine prête à lutter, à en découdre  avec la furia dévastatrice de la bande à Dee, survoltée !

Jay Jay French, bien décidé à montrer qui est Twisted Sister

Le groupe, c’est une évidence, veut croquer la plus grosse part du gâteau de ce hellfest. Pour cela, une seule direction, la volonté, la rage, le partage, tels une sorte de combat complice avec un public, sixième membre du combo !

Le Hellfest se métamorphose alors en planète TWISTED SISTER!

Adrien, envouté, conquis par la planète Twisted !

Dès les premiers instants, sans répit, le ton est donné. Pas d’annonce comme au Arrow, juste une voix off joueuse qui s’amuse à répéter à l’infini : Twisted Sister, come out and play …

A.J Pero, sans cheveux donc, se place  seul derrière ces futs, donne le ton avant que le tsunami ne se propage et ne retourne tour à tour chaque spectateur comme un crêpe.

Enchainer Come out and play, The kids are back et Stay hungry s’avérera bien plus qu’un palliatif destiné à colorer chaque existence présente du chaos des ennuis. Le groupe et chaque individu ne font plus qu’un, les corps tournent boulent au dessus de nos têtes, sont portés à bout de bras à tel point que je navigue entre jouissance absolue et frustration de me sentir obligé de filmer une grande partie du show. Ainsi, je crains vite que les bracelets cloutés et autres rangeots qui me tombent sur le crane ne brisent mon matériel high tech. Combien de temps vais -je tenir si prés ?

Twisted, malgré sa longue carrière n’est ni Kiss ni Maiden, il dispose de beaucoup moins d’albums et ne semble pas en mesure de proposer des set list différentes d’un concert à l’autre. Ma surprise principale vient de là. Plus long qu ‘au Arrow, le groupe , sans nuire à l’intensité de l’entreprise, sortira des tiroirs poussiéreux, le méconnu Captain Howdy qui calme un brin le jeu tout comme le fera la sublime balade The Price, telle une vague de romantisme, savoureusement interprétée et portée des vagues de milliers  bras ondulant sous un soleil couchant magnifique.

La foule, subjuguée, ne fait plus qu'un avec le groupe !

Dee Snider ne lachera pas la foule qu'i tient dans le creu de sa main

Dee Snider ne lachera pas la foule qu'il tient dans le creux de sa main

Outre ces deux instants de répits bienvenus, preuve s’il en est que TWISTED SISTER a la personnalité de ne pas se laisser dicter ses envies par le nom d ‘un festival qui en poussera d’autres à éradiquer toute balade de leur liste, le reste du show confirmera toutes les qualités qui m’avaient scotchées en Hollande …

Le spectacle est aussi au dessus de nos têtes !

Les filles sont aux anges, nombres de fausses blondes et de belles brunes volent dans le ciel de Clisson tandis que Mark ‘Animal’ Mendoza martyrise sa basse comme un dégénéré.

– Hellfest, clame Dee Snider, jamais dans notre carrière nous n’avons joué avec un temps aussi plaisant dans un festival !

Le frontman s’est en fait emparé de la foule. Tel un marionnettiste, il exécute un numéro dont ceux, sur la planète, qui en détiennent le secret se comptent sur les doigts d’une seule main. Nous sommes sa tribu, ses disciples, il nous propose son univers dans lequel nous nous engouffrons avec l’inconscience de la flèche propulsée au centre de la cible.

C'est ce qui s'appelle regarder le public en face !

Une à une, il va cueillir chaque pétale de la rose Hellfest et reconstitue sous les regards incrédules, médusés de l’assistance, l’âme du festival. Dee Snider y met tout son cœur. Sa performance, son implication sont si naturelles que le mot charisme semble avoir été inventé pour lui. Dans ce show, rien n’est mécanique. L’énergie déployée par le groupe transcende la foule qui à son tour amène les Américains dans un dépassement permanent. Un quart de siècle de frustration est ainsi anéanti par cet échange unique, cette connexion absolue qui transpire et se respire en une communion dont la star détient le secret.

Dans le public, toutes les vannes vers le lacher-prise sont ouvertes !

Devant, en pleine furia, je résisterai encore durant un You can’t stop rock’n roll dévastateur et un The fire stills burns frénétique. L’hymne absolu We’re not gonna take it aura raison de mon inconscience. Par miracle, ma caméra neuve et téméraire est encore en état malgré le coup de latte qu’elle vient de manger. Je recule. Désormais, je suis au vingtième rang. Si l’ambiance est aussi chaude, elle est plus rassurante pour le matériel.

Cinq Américains vont laisser une empreinte indélébile sur le festival

Le moment qui va suivre restera à jamais dans l’histoire, dans la mémoire de tous les festivaliers. A Genève, le jour de la mort du légendaire Ronnie James Dio, Kiss avait tiré les larmes à pas mal d’entre nous. En ce 19 juin, plus d’un mois après cette injuste disparition, ce que va proposer Twisted Sister constituera l’ultime hommage au merveilleux chanteur de Holy diver. Médusés, les Rock’n roll Children que nous sommes, vont vivre 5 minutes dans les bras de l’arc en ciel avec la sublime reprise de Long live rock’n roll .  D’une couleur à l’autre, le timbre vocal de Dee se confond presque avec celui de Ronnie. La performance et l’émotion est telle que le temps est suspendu. Tout simplement improbable, unique, magistral !

Des coulisses au live, aprés plus d'un quart de siècle de disète en France

S’il est une chose que Dee ne supporte pas, c’est de ne pas capter la moindre attention. Or, dans un festival, rien n’est moins évident. Le numéro qu’il avait fait au Arrow avec les spectateurs qui attendaient Whitesnake sur l’autre scène avait été dantesque. Voilà qu’il réitère ses invectives, cette fois avec les fans de Immortal qui assistent au spectacle trop loin à son gout, devant la scène 2.

– Votre leader Abbath, est là lui sur notre scène ! Vous devriez célébrer ce grand homme qu’était DIO avec nous !

Charisme, présence, et magie ont un nom : Dee Snider !

S’il les vilipende, il ira les chercher, les cueillir à maintes reprises se déplaçant à l’extrême droite de la scène. Dee n’est pas homme à lacher quoi que ce soit. D’autant plus, ce qui n’est pas un mince exploit, que le groupe existe malgré l’omnipotence de l’individu. Les guitares de Jay Jay French lancent à la perfection et avec une  complicité soutenue par le poids des années les  brillants soli d’un Eddie ‘fingers’ Ojeda parfaitement dans le tempo.

'I wanna rock' ou le Dee marathon ... Il court ... Il saute ... Il fait jumper 20 000 fans, poings levés, hallucinnant !

Dee joue désormais la partie dans un fauteuil tant les brulots que sont Burn in Hell, l’interminable et définitif  I wanna rock puis SMF en rappel seront des joyaux évidents d’une invisible parure de sueur, de fureur et de  chaleur offerte par le groupe et à tous les heureux veinards que nous sommes, témoins de l’Everest de la performance rock. Nul désormais ne niera l’évidence : TWISTED SISTER, sous estimé,  prouve à chacune de ses sorties qu’il est bel et bien,  sur scène, l’ un des groupes majeurs de la planète !

TWISTED SISTER, gravé pour l'éternité dans nos mémoires

Le plus difficile après avoir assisté à une telle performance, après avoir vécu l’intensité de cette communion, est de reprendre ses esprits, de redescendre sur la planète terre tout simplement. Je retrouve les kissettes.

Poupoune semble abasourdie, comme la plupart des visages que l’on croise. La nuit commence à tomber sur le site. Je propose à Shandi de me suivre dans la carré VIP. Il est 22h20 et , malheureusement pour elle, aucun artiste ne montre le bout de son nez. On passe malgré tout un agréable moment, calme, avec Enguerran, Marjorie et Nathalie, charmés par la passion de la petite fille et impressionnés par son calme absolu …

Shandi entourée de Nathalie et Marjorie

Et dire qu’il reste encore la tête d’affiche de la journée plus un jour de festival !

C’est comme si une vie de concerts défilait en vitesse accélérée. Le sentiment qui prédomine, outre le bien être, c’est la conscience de vivre des instants de privilège extrême. Ceci grâce à un certain  Ben Barbaud et son équipe ! Quel boulot les amis, quelle prouesse et quelle réussite ! Dans les années 80 et 90, même en rêve , nous n’étions allés aussi loin que ce qui est réel aujourd’hui ! L ‘hexagone n’était alors que désert non seulement en matière de métal mais aussi pour l’ensemble du rock au sens large ! Point de festival à l’horizon …

Alice version cuir

Me voilà prêt pour la dernière ligne droite ! J’aperçois mes proches qui, pour rien au monde, n’auraient voulu quitter le premier rang de la MainStage 1. A coté, si Abbath est un grand fan de Gene dont il a pompé toutes les attitudes scéniques, la musique d’Immortal n’attire pas les Kiss fans dans leur majorité. Ceux qui sont présents attendent la suite. Grace à mon pass presse, la sécurité me permet d’aller discuter avec Sylvie, en passant par le pit photo, desert pour le moment.

Alice version paillettes

Les mecs sont si compréhensifs qu’ils m’autorisent même à rejoindre ma famille au premier rang en enjambant la barrière. J’ai rarement vu un personnel aussi compétent, toujours de bonne humeur, respectueux des festivaliers. Ici, l’excès de zèle n’est pas au programme, la bonne humeur se conjugue avec le soucis de faciliter la vie des festivaliers. Là encore, la réussite est totale.

Me voici donc aux premières loges, près des miens mais pas de tous mes proches assistant aux dernières mises en place de la scène d’ ALICE COOPER . Non loin de nous, il y a ce couple que nous avons aperçu dès le matin, déjà maquillé en Alice ! Demain, toujours devant, ils arboreront le make up de Kiss !  J’en profite pour me restaurer enfin un peu avant l’entrée en scène du maitre des ténèbres, précisément à 23h 35.

Un décor bien pensé. Photo : Seb.

Le décor est malin à l’extrême. Sans disposer du budget des plus grands, quand tombe l’immense flag Theatre of Death  sur l’air entrainant du classique  Schools Out, il dévoile cinq immense bandes de plastique transparentes déployées à divers endroits de la scène sur lesquelles figurent une lettre du nom ALICE. Beau et réussi !

Alice, la jeunesse éternelle ? Pict : Seb

Mille et une façon de mourir ...

Le show débute d’ailleurs en trombe puisque suivent No more Mr nice guy, Under my wheels et I’m eighteen ! Et si Alice ne fait plus ses dix huit ans, le papi du rock a gardé la ligne, la voix, la passion pour ce concept de théâtre-rock sanguin où l’idole va mourir de bien des manières et renaitre sous nos yeux autant de fois.

Mais Alice reviendra sans cesse à la vie ...

Les effets magiques s’enchainent, une assistante sexy sévit, le tout au son de classic songs que l’on a plaisir à redécouvrir : Guilty, Poison , Only women bleed, Billion dollar Baby.

Des billets à l’effigie d’Alice volent sur la scène et se déploient dans le ciel de Clisson. Chacun veut repartir avec le sien.

Le  plaisir est immense de voir enfin, pour la première fois et dans de telles conditions, la star en pleine forme entouré de musiciens parfaits et ultra lookés. On peut toutefois regretter que ce théâtre musical vivant mais traitant de la mort ne propose aucune interactivité avec le public, pas le moindre partage, comme une antithèse du tremblement de terre et d’âmes Twisted !

Les gratteux d'Alice et le bassiste Chuck Garric

Malgré quelques moments plus ou moins denses et l’absence de titre plus FM tel que Hey stupid ou Spark in the dark le temps passe vite . Je sens alors quelque chose tomber sur mon épaule. Mon fils se retourne aussitôt :

– Tu l’as eu, tu l’as eu ?

– Quoi donc ?

– Le médiator !

– Merde, je viens de sentir un truc me tomber dessus mais je n’ai rien vu !

L’un des très rares ( le seul ? ) guitar pic lancé ce soir là était à mes pieds. Jimmy le garde désormais soigneusement.

Alice Cooper et l'excellent Keri Kelli

Seb repart avec la set list d' Alice

Le rappel nous propose deux titres cultes de la légende : Feed my Frankenstein et Elected. 75 minutes viennent de s’écouler.

Time to say goodbye

Alice reprend alors ( curieuse idée ) le titre d’ouverture : Schools Out avant de tirer sa révérence.

Soudain, un furieux enjambe la barrière et se déploie pour acquérir un médiator perdu ou un billet égaré. C’est Adrien qui se lâche et qui est stoppé, sourires de toutes part, par les gars de la sécurité, devenus ses potes tant ils ne voient ‘que lui’   ( et ce n’est pas fini ) depuis deux jours ! Quand à Seb, qui a passé ce concert un peu trop loin à son goût, il repartira ravi, un roadie lui offrant  les trois pages de la set list.

Malgré des jambes et des yeux de plus en plus lourds, nous passons rapidement devant Carcass et entreprenons un détour vers la Terrorizer Tent, au fin fond du site pour assister à une partie du show punk de Jello Biafra & the Guantanamo school of medicine afin de parfaire notre culture dans ce domaine inconnu. Or, n’ y tenant plus, nous ne restons que 5 minutes tout au plus avant de rebrousser chemin et de marcher près d’ une demi heure jusqu’au parking du Leclerc où nous sommes garés.  Demain, une autre folle journée nous ouvre grand ses bras  ….

Le site se vide tranquillement

Remerciements spéciaux à Jeff  .

La troisième et dernière partie, sera publiée en juin avant le prochain Hellfest .

Retrouvez de sublimes photos du  SAMEDI sur le site de MOOCHER . Mais aussi les photos d’ AMBIANCES et celles du VENDREDI dont certaines figurent dans la première partie de ce récit .

4 belles photos sont issues de havelock photos . Merci à Christophe pour celles-ci !

N’hésitez pas à laisser un commentaire sur le site ou par mail !

HELLFEST 2010 : LAST DAY IN WONDERLAND ! – Part 3 sur 3 –

Posted in HELLFEST 2010 with tags , , , , , , , , , , , , on 23 juin 2010 by JATA LIVE EXPERIENCES

CHAPITRE 5 : Dernière ligne droite.

Dimanche 20 Juin 2010

Kiss, leur seule date en France.

Kiss, leur seule date en France.

Avez-vous déjà vécu en une aussi courte période tant d’évènements marquants que leur juxtaposition provoque dans votre esprit comme un chaos inattendu ? Nous voici au réveil de ce KISS day, traversé par un bien étrange sentiment, comme abasourdi par la puissance des émotions vécues hier, un samedi qui n’a de cesse de hanter nos esprits tant il fut riche. Une journée qui nous a propulsé de l’autre côté du miroir.

Aéroport de Nantes en ce 20 juin 2010 ...

Il convient pourtant de reprendre nos esprits et de réaliser que le nouvel et dernier épisode clissonnais propose aux festivaliers rien moins ( avec Rammstein, il faut en convenir ) que le spectacle hard-rock le plus spectaculaire au monde, celui pour lequel je vibre depuis mes 13 ans, celui du groupe qui m’a donné l’amour de cette musique et qui restera à jamais le number one in my heart !

La show sera t-il à la hauteur de la réputation des Américains ?

Cerise sur la gâteau, c’est le seul show que donnera le Baiser dans l’hexagone, le festival ayant obtenu l’exclusivité du groupe dans notre pays. Pour les organisateurs, c’est l’occasion de pénétrer pour la première fois le top 5 mondial et de faire basculer le festival de la petite bourgade bretonne dans une nouvelle dimension. C’est la raison pour laquelle, hier soir, sur la MainStage 1, les techniciens étaient déjà à pied d’œuvre dès la fin du concert d’ Alice pour agrandir la scène, apposer trois avancées et commencer à installer l’imposant matériel de KISS ! Aujourd’hui, juste pour mes idoles, plus de 130 techniciens et 15 semi remorques ont envahi la fourmilière invisible du site.

Sur Kissintime radio, quelques jours plus tôt, j ‘avais donné deux rendez-vous, vers 11 heures puis à la fin du festival afin que la famille KISS ARMY FRANCE et tous ceux qui le souhaitent se retrouvent plus facilement. En l’absence de mes amis marseillais Sylvain et Michou, me voici investi d’une tâche qui m’honore mais me tracasse aussi. Tout comme Jean-Claude et pas mal d’amis, je ne veux pas rater certaines prestations. Je me suis aperçu par ailleurs durant ces deux jours que l’endroit n’est pas le plus approprié pour un tel rencart . Enfin, on verra bien !

Jean-Claude retrouvera Marie Joëlle et Didier un peu plus tard dans la journée.

Me revoici dans l’arène Hellfest où du son qui se propage de la MainStage 2 ressurgi des fantômes du passé. BLASPHEME est de retour ! 25 ans après, revoici ces pionniers du métal hexagonal qui font à Clisson un retour inattendu et offriront même deux chansons inédites de leur nouvel album ( retardé en septembre ) dont l’excellent Carpe Diem. Le soleil est de la partie, l’ambiance est bon enfant, de vieux fans n’en croient pas leurs yeux mais le stress s’invite à la fête. Pas facile de se retrouver sur une telle scène après tant d’années de congélation ! Toutefois et malgré quelques solos de six cordes un brin laborieux, le charme opère et j’ai du mal à filer vers le rendez vous, inutile …

Marc Fery, le grand retour de Blasphème !

Un bain de Général Surgery! Pict : Ozirith

Me voici devant la Rockhard tent. Comme je le prévoyais, je ne trouve aucun fan du baiser, juste le spectacle particulièrement ensanglanté de GENERAL SURGERY, un combo qui ne fait pas dans la dentèle ! Un grindcore  surpuissant associé à un visuel qui  me fait sourire, si bien que je me surprend à apprécier un solo groovy vite anéanti par le growl qui suivra. Bienvenue dans la boucherie !

Le public chante Vengeance Barbare avec Blasphème

Heureusement, les trente minutes dévolues à BLASPHEME ne sont pas arrivées à leur terme. Je savoure ainsi le classique Vengeance barbare sur lequel le public donne de la voix et prouve au groupe que ce retour fut une réussite !

Sur la gauche, le matériel de Kiss est en place. Tout est soigneusement calfeutré sous des draps noirs qui ne laissent rien apparaitre de l’infrastructure démentielle déployée dans la nuit. Aucun groupe ne hissera d’ailleurs son backdrop au fond de cette immense estrade à l’exception du groupe de Lemmy.

Place au  Motörhead français d’ailleurs : VULCAIN . Enchainer deux groupes des 80’s qui chantent dans la langue de Molière, ne nous le cachons pas, ça fait quand même du bien ! Or, le show de Vulcain, rageur, furieux et disposant d’un trio homogène dont la voix rugueuse de Daniel Puzio est un atout non négligeable, je ne le découvrirait véritablement que plus tard sur youtube en montant mon DVD . J’entends pourtant bien les excellents Ebony, Rock’n roll secours ou Le fils de Lucifer mais, autour de moi, c’est la déferlante !

Vulcain, le come back des Motöread français !

Devant la MainStage 1, je retrouve nombre de fans de KISS, connus ou inconnus, qui sont déjà en place, frais comme des gardons, pour le moment tant attendu ! Il y en a tellement qui arrivent de droite et de gauche que nous sommes tous propulsés dans le tourbillon des retrouvailles et autres présentations, le tout sous les riffs de Vulcain.

De bonne heure, les places sont chères pour ce soir pour les Kiss girls et les childs !

Il y a là d’autres accrédités : Laurent Lahierle qui a fait la promo du fest’ sur Radio Morvan, Didier Jernasz l’administrateur du forum Boomerang, Thierry Selva ( présent depuis vendredi ) qui filme beaucoup pour le KJ Web TV ainsi que les kissettes et tant d’autres fans qu’il m’est impossible de tous les évoquer. Bien-sûr, les retrouvailles sont chaleureuses car ce sont les quatre coins de la France qui se retrouvent ici, à Clisson. Certains étaient à Genève il y a un mois, j’en reverrai d’autres à Barcelone dans quatre jours mais pour la plupart, nous nous découvrons où nous revoyons pour la première fois depuis le phénoménal concert de Paris Bercy de 2008 .

Jérôme, Sylvie et J.C en vedettes dans Presse Océan

Quelle ne fut  pas ma surprise quand Francis Marchal, un fan de l’est, me déploie la page de Presse Océan avec  photo et article sur Sylvie et surtout sur le 129 ème concert kissien de   Jérôme !

Sous le son de Vulcain, pas facile de s’entendre parler. J’amène donc Laurent et Didier en zone presse et leur fait visiter les lieux, quasi déserts de si bonne heure. C’est enfin l’occasion de retrouver Jeff que je n’avais plus revu depuis cette fameuse répétition de Yotangor !

11h42 - Titi, Jeff, Didier et Lolo -

Malheureusement, nous manquons à cet instant précis un savoureux moment de cette édition : des milliers de fans rappellent et acclament Vulcain en entonnant la paillarde Digue du cul ! Trop fort !

Devant la MainStage 1, les Kiss fans se sont multipliés, Seb et Sylvie sont là, Pierrot aussi … Patrick Sacchi le viennois de l’ Isère  est  présent avec son fils Cyril Jimmy en profite pour offrir à Shandi un cadeau inestimable à ses yeux : un des deux  médiators Twisted Sister que Jay Jay  French lui a donné la veille ! Il n’a pas oublié que l’adorable petite fille nous avait permis de lui ramener la baguette d’ Eric Singer à Genève. Elle semble ravie mais surtout très touchée, à l’image des adultes qui assistent à la scène.

Jimmy offre le médiator à Shandi sous les regards explicites de sa famille

SABATON : pour faire la fête ! Pict : Seb

Vite, je file quelques mètres à droite où les excellents Suédois de SABATON, découverts récemment grâce à Adrien ont débuté leur show. Si les textes évoquent guerres et autres champs de batailles, le power métal proposé par le groupe de l’excellent frontman Joakim Brodén, Ray ban de rigueur sur tête rieuse à crête, se veut festif et joyeux. Les nombreux aficionados ne s’y trompent pas, sautant à souhait tels un groupe de potes dans une taverne Irlandaise.

Avec Piotr pendant SABATON

J’aperçois alors un drapeau polonais et me dirige vers Piotr afin d’échanger quelques mots avec un ressortissant de cette contrée dont mes ascendants sont originaires. Il n’a pas fait le chemin pour rien. Son plaisir se lit sans difficulté, tout comme celui d’une foule conquise par les hymnes imparables que sont Coat of  arms Primo victoria, Ghost division ou l’excellent medley qui conclut un show des plus festifs !

Joakim Brodén fait sauter le peuple Hellfest. Pict : Seb

Joakim Brodén fait sauter le peuple Hellfest. Pict : Seb

Si les festivaliers se comptent désormais par dizaine de milliers, il est encore facile de rejoindre les premiers rangs.  Entouré de beaucoup d’amis, c’est chose faite pour assister aux facéties d’un autre groupe suédois, un trio dont j’avais entendu dire le plus grand bien : FREAK KITCHEN.

Les improbables Suédois de Freak Kitchen

Christer Örtefors ne laisse personne indifférent !

Christer Örtefors ne laisse personne indifférent !

Affirmer que ce qui va être proposé n’est pas original serait malhonnête. Difficile de qualifier cette musique : sur une base de classic hard-rock, de multiples variations et autres défis techniques s’entrechoquent et déstabilisent l’auditoire. Parfois difficile à suivre pour un public non averti, le groupe déboussole d’abord la majorité du public en l’ embarquant vers des contrées inexplorées, le tout sur fond de bonne humeur et de délires communicatifs.

Mattias Eklundh, le délire personnifié

Mattias Eklundh, le délire personnifié !

Ainsi, Mattias Eklundh, l’excellent chanteur guitariste  affublé d’ un T.Shirt de son idole Gene Simmons qui lui confère toute la sympathie des premiers rangs, vogue de délire en délire et introduit chaque titre devant une assistance hilare en nous déballant d’abord le totale du GPS local : ‘Tournez à droite, tournez à gauche’  puis en naviguant à vue ‘ Je suis une petite fille’ , ‘Edith Piaf’, ‘Vive la France’ et autres onomatopées …

Freak Kitchen, de grands techniciens délirants. Pict : Seb.

Lorsque l’on tourne la tête à gauche, que dire du bassiste Christer Ôrtefors ( à vos souhaits ! ), un barbu coiffé d’un casque de motard des années 50 surplombé de lunettes ! Savoureuse présence et belle voix lui aussi, souvent en soutien mais aussi en solo  sur l’efficace  Razor flowers, délicieusement heavy aux refrains pop et ciselés. Seul le batteur Björn Fryklund reste sobre … Quoi qu’il en soit, après quelques minutes de digestion, nous voilà dans le tempo, surtout après l’irrésistible Speak when spoken to repris en cœur par un hellfest séduit puis enchanté de découvrir des bizarreries du nom de Teargas jazzMurder groupie ou Pono Daddy ! Et même si parfois leurs compos s’égarent vers des chemins tortueux, retrouvent la lumière puis s’embourbent à nouveau dans des sables mouvants, elles finissent toujours par revenir à la surface et à remporter ce perpétuel combat témoin d’une complexité qui désarçonne l’auditeur tout en le domptant progressivement.

Propaganda Pie qui clôture le concert réussit l’exploit d’allier une monstrueuse technicité à une mélodie que l’on peut chantonner. Quant-à Mattias, il ne quittera pas la scène sans se donner des coups de jack sur le crane et de révéler au public :

– Hey, it’s a new song !

Un  facétieux délire bienvenu, frais, surprenant et qui a filé une banane générale !

Devant la MainStage 1, dès le départ de Freak Kitchen, La Kiss Army France se retrouve.

D’autant plus qu’il y a de quoi être heureux. Les amis se multiplient. Sylvie Bonin et Phil Curey, ont enfin trouvé le chemin depuis leur village perdu entre Dijon et Auxerre. Quel plaisir de les retrouver  après une première rencontre à Bercy et les avoir reçu chez nous l’été dernier ! Ils arrivent même avec un ch’ti cadeau qui fait trop plaisir : un jeu de cartes Kiss ! Thanks a lot to them ! D’autres fans me sont présentés : Didier Rivet ou Jean Mi Clenet avec lequel le courant va vite passer …

Partout déjà, des groupes identifiables attendent ...

La Kiss family grandit à vue d’oeil même si, dans un tel cadre, les sensations n’ont rien à voir avec ce qui s’est passé à Genève. Ici, il y a les concerts, le soleil, la poussière, l’entourage, d’autres couleurs, d’autres saveurs.

Difficile de se poser pour converser, tout va trop vite. Et puis, le décalage est évident. Il y a  ceux qui ne viennent voir que Kiss ou surtout Kiss, leur candide fraicheur festivalière est symbole de découverte absolue. Elle se heurte à ceux qui ont plus qu’apprivoisé le lieu et dont l’expérience des trois jours passés ici, jeudi compris,  s’accompagne d’une usure inodore, incolore tant cette adrénaline qui nous inonde se couple  à une insondable addiction pour la formule du Hellfest. Nous sommes plongés dans cet univers ou plus rien d’autre n’existe . Quatre jours loin de toute actualité dans l’univers de la musique, du plaisir et de l’amitié.

Qui a dit que la Kiss Army France ne savait pas poser ?

L’apparition de Christian Renard, comme d’habitude, n’est pas passée inaperçue ! Avec la denrée, tout de jaune vêtu (mais présent depuis le premier jour – Non, je ne veux pas imaginer l’odeur dans le déguisement ! -), ce classieux Kiss fan sera le festivalier le plus photographié.  Une page entière lui sera même consacrée dans le futur numéro spécial de Rock Hard !!! Si Christian capte l’attention des curieux et des journalistes, on souffre déjà pour lui … comment va t-il tenir jusqu’à deux heures du matin non seulement avec son make up mais surtout avec son costume à la gloire de Paul Stanley et ses platform  boots ???

L'exploit de Christian : une page entière dans le spécial Rock hard !

Quoi qu’il en soit, il est 13 heures et nous prenons enfin le temps de partager un peu, de prendre des photos,  de raconter nos expériences de la veille et de l’avant veille. Un photographe s’est perdu dans le pit déserté de la Mainstage 1. C’est le moment idéal de lui demander gentiment d’immortaliser le groupe de Kiss fans de ce début d’après midi.

Les Kiss fans garderont-ils leurs précieuses places jusqu' à la tête d'affiche ?

Un moment avec Daniel Puzio de Vulcain.

Adrien m’a conseillé de ne pas louper le prochain concert. Avant qu’il ne débute, les quatre privilégiés accrédités filons vers la salle de presse afin de voir ce qui s’y passe. Certains spéculent sur une hypothétique rencontre avec un membre de Kiss. je les rassure tout de suite : Lemmy, Alice, Slash et à fortiori  Kiss ( qui ne recevra que France 3 ), tu as autant de chance de les voir que de croiser un kangourou vert à cinq pattes !

Gilles et Valérie avec Mélanie et Jérémie, les gagnants du concours de la chaîne musicale québécoise MUSIQUE PLUS.

Par contre, nous rencontrons Daniel Puzio, enchanté des moments qu’il vient de vivre avec Vulcain et des retours que le groupe reçoit avec ferveur depuis une heure ! Thierry Selva, ravi de le rencontrer évoque avec lui quelques glorieux souvenirs du passé.  Avant qu’il ne s’échappe, nous sortons nos appareils photo.

Gilles et Valérie sont aussi de la partie accompagnés du charmant couple québécois, Mélanie et Jérémie vainqueur du concours Musique Plus. Assister tous frais payés à ce festival à l’autre bout du monde est pour eux un tel rêve qu’ils consument chaque instant avec délectation, absorbent chaque moment eyes wide open !

ELUVEITIE : acte manqué !

Soudain, de ma posture backstage,  un son fort séduisant m’interpelle. Si le growl est de rigueur, la cornemuse et la flûte Irlandaise qui se détachent de  la Mainstage 2 me mettent la puce à l’oreille … J’ai complétement zappé ELUVEITIE, cet excellent groupe de folk métal Suisse ! C’est regrettable mais j’ai beaucoup de chance : quelques jours plus tard, ils confirmeront une date au Phare à Toulouse. Avec Korpiklaani en co-tête d’affiche,  celle -ci nous régalera !

Devant la MainStage 1, Poupoune et les 2 Sylvie attendent Primal Fear.

Ralph Scheepers, la présence et la voix

Retour près de nos potes pour le fameux conseil d’AdrienPRIMAL FEAR ! Si je ne connais encore rien à ce combo, dès les premières minutes, me voilà comme happé, subjugué par ce power métal teuton qui me file une claque monumentale.

Avant de sombrer, Jimmy semble sensible à d'autres arguments que ceux de Primal Fear !

Il faut dire que si la puissance est mise en orbite par des riffs ultras tricotés par deux gratteux qui n’hésitent pas à délivrer des doubles soli saturés d’un autre monde soutenus par une rythmique dopée sous amphétamines, l’atout majeur de ce groupe est bien son sens de la mélodie. Chaque refrain s’avère imparable, porté par le chanteur le plus impressionnant du festival : Ralf Scheepers ! Inculte en la matière, je ne découvrirai que plus tard que ce sosie de Monsieur Propre n’est autre que le chanteur culte de Gamma Ray et qu’il traine un belle carrière à ses basques. Je vogue de séduction en séduction au fil des titres tout en m’apercevant qu’excepté les premiers rangs et une fan qui déploie des atouts de poids sous son soutien gorge, l’accueil est à peine poli, d’une froideur incompréhensible.

Primal Fear, découverte et coup de coeur !

Ralf touche des notes improbables.

Si Scheepers n’est pas un grand communiquant, tout me séduit chez lui : ses postures , son attitude humble, sa façon de bouger … même son crane chauve qui colle parfaitement au personnage.

De belles envolées ...

Le plus impressionnant restant toutefois des variations vocales hallucinantes dont les sur-aigus sidéraux transpercent le soleil.

Alors oui, impossible de ne pas le comparer à Rob Halford tant il a absorbé toutes les qualités de son idole. D’aucun diront que Primal Fear est à Judas Priest ce que Dick Rivers est à Elvis, il n’empêche que dans le cas présent, l’élève a vocalement dépassé le maitre, avec tout le respect qu’on doit à Rob, gageure pas si fréquente admettons-le !

C'est ce qui s'appelle vivre sa musique ! Pict : Seb.

Dieu que ce power mélodique est bon, chaque titre prenant le contrôle instantané de nos cervicales tout en gardant le potentiel d’un hit absolu ! Je découvre entre autres les incroyables Killbound, Six times Dead (16.6) dont le refrain ne me quitte plus, Riding the eagle ou l’ hymne absolu Metal is forever qui réveille enfin l’assistance. Dommage que ces quarante petites minutes ne permettent pas de proposer  Fighting The Darkness , sublime balade qui nous aurait amené dans une autre dimension.

Primal Fear, riding the eagle ! Pict : Seb

Malgré l’impressionnant batteur Randy Black, un chanteur comme on n’en fait plus et  un bassiste star, Mat Sinner, omniprésent et merveilleux compositeur de ces perles entêtantes, à ma grande surprise, cette force de persuasion, évidente à mes yeux ne convainc pas plus que cela et les avis furent très mitigés.

Le comble, c’est que Jimmy vécut pendant ce set sa deuxième défaillance du festival après The devil’s blood dans la nuit de vendredi ! Alors que j’étais à fond, je l’ai vu se recroqueviller et disparaitre petit à petit à l’intérieur de lui même. Dès la fin du show, sa maman l’amènera vite à l’écart sur les verts pâturages qui jouxtent la scène principale pour 20 minutes d’ un sommeil que l’on espère réparateur.

Un final énorme : Métal is forever !

Benoit Fournier & me ...

Il est 14h30. La chaleur commence à se faire sentir. Quant-à la fatigue, pas le temps d’y penser.

Un fan dont on ne verra jamais le visage.

D’autres Kiss fans pointent le bout de leur nez, j’aperçois Benoit Fournier. Les maquillages fleurissent désormais de toute part. Il y a tant de monde à l’effigie du groupe de New York, que je m’aperçois que nous ne connaissons pas la plupart des  afficionados du Baiser.

Joakim Brodén, Didier & me.

Nous revoilà dans la zone VIP. Laurent m’interroge pour Kissin’ Time radio. Me voilà lui livrer mon incroyable vécu des deux premiers jours lorsque l’on aperçoit Joakim Brodén qui s’arrête pour discuter avec nous. Laurent nous prends quelques photos mais je songe à ma demi portion, fan de Sabaton depuis peu, encore grâce à Adrien … Je demande à Joakim s’il peut patienter quelques instants. Fébrile, j’ ignore si je vais retrouver mon fils et me précipite dehors.

Il y a foule mais Sylvie m’aperçoit et demande à une demoiselle de m’indiquer sa position. La scène à laquelle j’assiste est irréelle quand j’aperçois le petit qui dort encore sur sa maman. Deux colosses se battent ! Ils tourne-boulent et cabriolent jusqu’à percuter ma douce et notre progéniture. Bien-sûr, je m’interpose, nous leur hurlons dessus et s’aperçoivent à peine qu’ils percutent un enfant et sa maman ! Complétement à l »ouest, ils vivaient leur délire comme deux allumés seuls au monde. Nous sommes alors passablement énervés . Jimmy revient à lui, imperturbable. Il ne s’est aperçu de rien. Les deux gars se confondent immédiatement en excuses. Plus de peur que de mal. L’ambiance reste bon enfant. Pas l’ ombre d’une attitude volontairement malveillante à l’horizon. Jimmy semble avoir récupéré.

– Tu veux voir Joakim Brodén ?

– Oh que oui !!!

Le chanteur est toujours là, enchanté de rencontrer le gamin. Il part alors dans un fou rire quand je lui raconte que le petit a déjà vu prés de cinquante concerts avant ce Hellfest et nous rétorquera un amalgame qui en dit long sur la perception des scandinaves à notre égard :

– I know right now why we call the French ‘crazy’ ! ( Je sais désormais pourquoi on dit que les français sont des fous ! )

Jimmy, tout juste réveillé avec Joakim, radieux

Il continue de rire à chacune des photos. J’en profite pour relever le pari lancé par Adrien.

– Si tu rencontres Joakim, je te défie de me ramener une photo de lui sans lunettes !

Sans soucis, le Suédois hôte ses Ray Ban puis dit à Jimmy qu’il va essayer de lui trouver baguettes et médiators. Malheureusement, nos chemin ne se recroiseront pas …

Pari gagné : Ray Ban enlevées !

Les potes accrédités de la Kiss Army France sont à nos côtés.Tandis que Laurent Lahierle réalise quelques interviews pour Kissin’ Time Radio, sa compagne Marie Christine n’est jamais loin de lui.

Un moment d’accalmie dans l'effervescence de cette journée.

– Wouaw, y’a Freak Kitchen à l’extérieur du coin presse !

Christer Örtefors offre un spécail pic à Jimmy.

Christer Örtefors offre un spécial pic à Jimmy.

Dès qu’il l’aperçoit, Christer Ôrtefors, qui a troqué son casque contre un chapeau noir de cow boy, semble sensible à l’intérêt du petit bonhomme. Outre les traditionnelles signatures et avant de prendre des postures très freakkitchiennes avec ses deux acolytes qui mettent autant d’ardeur à poser avec nous que s’il s’agissait d’une séance pour Kerrang ou Rock Hard, le bassiste lui offre son médiator et lui avoue :

– This bass pic is a very special one. The factory made these ones aspecially for two guys : James Hettfield ( Metallica ) and me !

Je traduis ces propos au kid qui se réjouit de compter ce précieux sésame dans sa collection. Jaune transparent,  la caricature de Christer est gravée au recto … avec casque et lunettes, of course !

Suivront trois minutes de sourires et de plaisir avec un groupe dont le délire ne se restreint pas à l’espace scénique !

Les extravagants FREAK KITCHEN et nous ...

Les extravagants FREAK KITCHEN et nous ...

UDO, bonne surprise !

Le timing est parfait. Il est 15h15 et nous revoilà à la barrière de la scène principale, avec un peu plus de mal toutefois. Jérôme et J.C, après une lénifiante et impressionnante grâce matinée (!!!) sont enfin parmi nous !  Une légende du métal vient de faire son apparition : UDO !

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, je n’ai jamais été sensible à l’univers du groupe qui l’a rendu célèbre : Accept. J’avoue avoir traversé les 80’s et 90’s complètement hermétique à ce heavy allemand pachydermique dont même le célébrissime Balls to the walls m’ennuyait.

Je m’attendais donc à ronronner allégrement durant la prestation du chanteur teuton qui reprend nombre de standards d’Accept. Bilan : rien de cela, bien au contraire ! 45 minutes de pur plaisir passées avec ce vétéran de la scène européenne toujours vêtu de son treillis de combat et dont la voix virile, d’où semblent surgir des cailloux par milliers, n’a pas varié d’un iota !

Me voilà donc transporté dans l’univers d’un UDO que je découvre véritablement en ce jour. Difficile de rester étranger à des power songs aussi remuantes que Vendetta, Thunderball ou Man and machine qui, dès les premiers accords, s’emparent du contrôle de vos cervicales. Le ton est donné, le show se conclue avec deux titres incontournables qui ne manquent pas d’électriser une foule massive qui reprend en cœur des hymnes d’Accept : Metal heart qui a le don de réveiller le chanteur qui sommeille en chacun de nous et … Balls to the wall qui, pour le première fois, s’il referme avec brio la page Hellfest consacrée à UDO, ouvre définitivement la mienne à l’univers de cet incontournable artiste d’ un heavy métal où plomb, acier et mélodies fond décidément bon ménage !

UDO, rock'n roll attitude. Pict : Seb.

Entouré d’un groupe solide, le papi allemand aura délivré une prestation plus que plaisante, enthousiasmante, un véritable moment de partage dont le public, chantant à gorge déployée, se souviendra tel un très agréable moment du festival. Je m’interroge encore sur mon hermétisme durant tant d’années …  Un mystère évaporé par la grâce du Hellfest !

Au plaisir de vous revoir guys ! Pict : Seb.

Un curieus mélange de Alice Cooper, Paul Stanley et Bart Simpson !

Un curieux mélange de Alice Cooper, Paul Stanley et Bart Simpson !

Milieu d’après midi, soleil de plomb. Je zappe le show de Behemoth sur la scène 2 pour profiter un peu de l’ambiance du festival. Autour de nous, des enfants sont déguisés, des familles envahissent le site.

Un très curieux personnage !

Il y a toujours de curieux personnages qui interpellent comme ce gars arborant un masque à gaz dont je ne verrai jamais le visage ! Moi qui n’aurais pas tenu plus de deux minutes là dessous, je reste circonspect ! L’ambiance demeure toutefois des plus festives, paisible à souhait.

Des fans maquillés envhissent le site.

Des fans maquillés distillés dans la Hellfest Arena..

Le moment est venu de  me rafraichir. Il est 16h20, j’ai bien choisi mon heure . Backstage, la chance est décidément de mon côté, plus que jamais même car peu auront le privilège de croiser la route du baroudeur anglais !

– Hey Byf, can we take a couple of pictures ?

-Yeah, for sure, no problem !

Je file vite mon appareil à une journaliste qui passe, le moment est dans la boite. Le leader de toujours de Saxon, celui qui m’avait fait rêver dans mon enfance lors des referendums Studio 3 à la TV avec le clip de Princess of the night venait de faire son unique court passage dans le coin presse !

Rencontre avec Byf Byfford !

Rencontre avec Byf Bifford !

Avec les autres journaleux en herbe de divers webzines, l’ambiance est excellente. C’est toujours un plaisir d’ évoquer son parcours et de découvrir celui des autres. On échange nos cartes, évoquons nos diverses expériences puis, souvent, quelques stars font leur apparition.  Et ceux qui arrivent ne me laissent pas de marbre puisqu’il s’agit de Mat Sinner et Ralph Scheepers qui viennent de me scotcher avec Primal Fear.

Ralf and Mat with me.

Ralf and Mat with me.

Il y a aussi Marjorie et l’équipe qui fait les reportages pour la Hellfest TV. Ils désirent interviewer Jimmy. Pas de temps à perdre, je file le chercher. Laurent et Marie Christine sont toujours dans le parc en zone presse. Elle me dit ne pas vouloir manquer Saxon.

– Tu sais que Byf était à 10 mètres de toi il y a cinq minutes ?

Ma révélation sonne comme un coup de bambou pour la compagne de l’animateur radio. Elle m’avoue alors, blême,  que Mr Byfford est son idole absolue ! Je lui montre les photos. Elle n’en revient pas… Une déception dont elle aura visiblement du mal à se remettre !

Un fan... Pict : Lolo.

Retour dans la salle presse avec mon fils. Nous avons croisé de plus en plus de personnes arborant le maquillage kissien !

On croise même quelques make up du Fox ! Pict : Insane Motion.

La pression commence à monter, elle est perceptible. Peu à peu le site se transforme en un petit kissland . Quel dommage que des fans absolus et certains amis ne puissent vivre ces instants avec nous. Beaucoup préfèrent les dates en salle, spectaculaires à souhait, d’autres n’ acceptent pas que Kiss puisse se produire sans capter toute l’attention d’un public acquis à 100 %. Ce contexte d’un festival aux origines extrêmes ne les a pas séduits. Dommage !  Le pari n’est pas des plus évidents aujourd’hui. Si la plupart des festivaliers respectent, si beaucoup admirent, d’autres ricanent devant ce qu’ils appellent un cirque. Nul ni personne, aussi brillant et novateur fut-il, ne fera jamais, quoi qu’il en soit, l’unanimité …  même si le groupe en question a inspiré des centaines d’ artistes dont ces gens là sont fans …

Hellkissland !

Hellkissland !

Pour l’heure, nous voici en compagnie de la voix et du poumon de Primal Fear que nous rencontrons avec un plaisir non dissimulé. S’il se prête au jeu des photos avec plaisir et sourires, Ralf Scheepers s’averera être un parfait gentleman, soucieux de masquer sa bière derrière lui quand il prend la pose avec le petit ! Cohérent avec ce que j’avais perçu sur scène, je ne peux m’empécher de lui dire ce qu’il sait déjà, quitte à enfoncer une porte ouverte :

Ralph, you’re really like a  new younger Rob Halford to my point of view. It’s an amazing discover for me ! One of the best voice of the fest  ! And I enjoy your cool attitude, your way of standing, very cool !

-Thanks a lot, I appreciate !

Jimmy profite enfin de Primal Fear.

Jimmy profite enfin de Primal Fear.

Interview pour la Hellfest TV.

Interview pour la Hellfest TV.

Nous sommes désormais devant la caméra de Enguerran et le micro de Marjorie… pour rien puisqu’il n’y aura pas de bonus finalement sur le DVD officiel du Hellfest.

Une équipe particulièrement sympathique.

Une équipe particulièrement sympathique.

Tour à tour , Laurent, Marie Christine, Jimmy et moi-même avions donné nos impressions sur nos activités, le lieu, notre expérience et le regroupement de la Kiss community, pas évident à mettre en place au sein d’un tel fetival . Le kid s’était exprimé comme un chef pour une équipe de reporters qui n’avait pas ménagé sa peine et son investissement aux quatre coins du site. Toutefois, cela reste un bon souvenir et notre toute dernière incursion dans le cercle …

A notre retour dans la fosse aux lions, le peuple s’est considérablement densifié . Pas moyen de rejoindre nos proches cette fois. Nous sommes à une quarantaine de mètres de la scène. Le show de SAXON a débuté depuis déjà dix minutes ! Il en reste quarante, heureusement !

Byf Byfford, le vieux routard du rock.

Byf Byfford, le vieux routard du rock. Pict : Seb.

Juste à notre droite, il y a Marc Fery, le chanteur de Blasphème. Tout en nous délectant du spectacle, on prend quelques photos avec lui. Je lui hurle à l’oreille que ce fut un vrai plaisir de les voir ouvrir cette journée et de découvrir quelques nouveaux titres. Le chanteur profite, comme soulagé d’avoir réussi son examen de passage !

Rencontre avec Marc Fery de Blasphème.

Sur scène, SAXON assure son set comme les vieux pros qu’ils sont, sans surprise mais avec conviction. Byf sait que les vieux titres sont les plus attendus et offre au public ce qu’il est venu chercher. Si le soleil brille, le vent éparpille le son aux quatre coins du site, les seuls premiers rangs ne souffrant jamais de l’acoustique tournoyante. Quoi qu’il en soit, la set list enfile tous les classiques et notre homme connait la recette pour faire chanter, taper des mains et headbanger la marée humaine. Pas un titre faible à l’horizon … Et que dire des cinq derniers, tous cultes : Live to rock, Princess of the night, Crusader, Wheels of steel et Denim and leather! Que du bonheur !

Saxon prend congé de nous... Pict : Seb.

Une musique qui conserve !

Une musique qui conserve !

J’ai conscience désormais qu’il convient de vite retrouver nos amis, nos proches, de regagner les premiers rangs et ne plus les quitter. Tant pis pour Devin Townsend Project qui joue sur la Main Stage 2 et dont j’ai entendu dire le plus grand bien ! C’est aussi la dernière fois que j’apercevrai ce vieil homme qui n’a échappé à personne, se dandinant quatre jours durant sans discontinuer au son de tous les groupes des deux scènes principales. Magnifique !

Sylvie, Jérôme et J.C, pantois, découvrent leur article !

Entouré des miens, je peux enfin dévoiler à Sylvie et Jérôme qu’ils sont désormais célèbres dans l’ Ouest de la France. Les voici bouche bée devant un tel article ! Ceux qui les entourent sont aussi surpris qu’eux de cette mise en lumière sur un fest’ qui glane autant de monde.

18h50, il est temps de découvrir STONE SOUR live, groupe dont j’avais apprécié le dernier DVD chez Chris Rebaudo un mois plus tôt et dont l’ alternance de power rock et de belles balades m’avait séduit. On est loin de Slipknot dont le chanteur Coray Taylor fait aussi partie tout comme le guitariste James Root.

Corey Taylor, belle présence mais ...

Corey Taylor, belle présence mais ...

Stone Sour sera LA déception du festival tant je n’ai eu l’impression de n’entendre qu’un seul titre tout au long du set. Toutes les soft songs et autres mid-tempos sont passés à l’as et il ne restait plus qu’une énergie furieuse qui nous a vite lassés malgré le charisme et l’implication furieuse de Corey !   Et si le groupe prend le risque de proposer plusieurs titres de son futur album, ce qui doit être un bonus divain pour les spécialistes ( y’en a t-il beaucoup ? ) apparait pour nous comme un ballon de baudruche aussitôt dégonflé ! Pour le première fois, les jambes vacillent, le corps devient lourd …

Sylvie Bonin et l'homme au masque à gaz durant Stone Sour.


Si lourd que, vissés sur nos deux pattes devant la scène principale, plus question de naviguer sur le site. Il est désormais temps de s’asseoir sur l’infime espace qui nous est dévolu. Notre champ de vision se résume à une foret de jambes dressées tout autour de ce champ ou l’herbe n’est plus que friche.

 A droite, se joue pourtant, aux dires de nombres d’amis, afficionados de thrash métal, un des moments cultes de cette édition 2010. EXODUS va libérer toute l’énergie des plus féroces spectateurs, va ensorceler ceux qui ont décidé de se lacher, de véritablement en découdre, partageant une folie communicative faite de circle pits, bravehearts et autres slams ravageurs où la fureur le disputera à la folie comme en témoignent cette video ou encore celle ci plus audible.

Un concert de dégénéré ? Surement d’un certain point de vue même si, à n’en pas douter, il fut un exutoire jouissif dont beaucoup garderont un impérissable souvenir tel LE moment extrême du festival, infiniment supérieur à ce que proposera SLAYER une heure plus tard en clôture de cette même  Mainstage 2 .

Une des bravehearts superbement photographiée par Moocher.

Une des bravehearts superbement photographiée par Moocher.

Entouré de potes en attendant Lemmy ...

Pendant ce temps, je suis toujours assis dans mon salon de poussière. Magie de l’époque, je passe une bonne partie de l’heure Exodus avec Sylvain Verne puis mon paternel. Ils vivent en direct la honte du football national en Afrique du Sud. Rivés sur les écrans, c’est l’affaire du bus de Knysna, la grève des inconscients du football français. Le foot, c’est mon job au quotidien, je suis éducateur sportif. Pourtant, complétement déconnecté du monde, sur la planète Hellfest, dire que je m’en contrefous est un euphémisme.

Maquillé hier en Alice, ce couple attend Kiss aux premières loges. Pict : Insane Motion.

Je prends l’info avec stupéfaction mais j’embarque immédiatement mes interlocuteurs dans l’univers du métal. Quoi qu’il en soit, je n’entends quasi rien tant le vrombissement humain et le son étouffé que distille Exodus m’ autorisent davantage à parler qu’ à écouter.

Sylvie & Poupoune, juste avant Motörhead.

Sylvie & Poupoune, juste avant Motörhead.

Anisi,  s’il demeure à Marseille, Sylvain va connaitre avec précision ce qui se passe sur le site et en informer ceux qui n’ont pu faire le déplacement et auxquels nous pensons ( Phil, Michou, Vincent, Riri and co, trop nombreux pour les citer ) … Il sait que la fête bat son plein, que beaucoup se sont retrouvés et qu’il y a à mes côtés moult amis.

Ce qu’il ignore encore, c’est que le pire nous attend !

Il est 20h45 quand je me relève et rend à Jérôme son objet de communication mobile contemporain. J’aperçois l’immense drapeau Motorizer dressé devant le matériel de Kiss. Nous nous délectons tous de savourer le concert du légendaire Lemmy et de son non moins célébrissime groupe MOTÖRHEAD ! Nous trois particulièrement puisque nous avions dû sacrifier leur prestation trois ans plus tôt au Arrow festival afin de conquérir les premiers rangs pour savourer, déjà,  l’immense show de Kiss !

Jean-Mi et Ann So Clenet avec Sylvie.

Nous voilà donc debout ! Les Britanniques sont attendus de pied ferme. Les T.Shirts et maquillages kissiens sont entourés désormais de poilus et imposants fans du combo Britannique. Sillonnant la France en permanence, ils semblent toutefois attendus de pied ferme, tant par les habitués que par les curieux qui, comme nous, allaient vivre cette première expérience … dévastatrice !

– Ca va ? Nous dit Lemmy. We are Motörhead and we play rock’n roll !!!

Nous voici alors en pleine guerre, comme victimes d’une secousse tellurique, nos corps attaqués de toutes parts, déjà mis à mal par une furie humaine. Pas de place désormais à une quelconque léthargie , il convient de vite ranger caméra et appareil photo. A présent, mon sac est  en bandoulière autour de mon cou agrippé hargneusement par mon bras gauche tandis que le droit, tel un bouclier tente de parer les attaques aériennes. C’est Pearl Harbor, toutes les dix secondes, se sont des corps de slammeurs qui inondent le ciel de Clisson.

Les slammeurs s'en donnent à coeur joie !

Les slammeurs s'en donnent à coeur joie !

Pris dans cet océan de frénésie ou des vagues humaines déferlent tel un  mouvement perpétuel, l’inquiétude est de mise. Il y a beaucoup d’enfants. Pour la première fois du festival, ils sont réellement en danger. Tout comme nous, c’est une évidence, ils ne profiterons non seulement pas du concert mais l’épreuve sera particulièrement délicate et impressionnante pour eux. Jimmy est quasi incrusté à la barrière entouré avec une bienveillance protectrice par les bras du plus grand fan de Lemmy. Pierrot ne lâchera pas  l’enfant qui nous surprend avec son sourire de délectation tandis que nous sommes tous blancs de peur. On s’inquiète aussi  et surtout pour Shandi, heureusement très protégée elle aussi.

Motörhead, la puissance du rock'n roll !

Motörhead, la puissance du rock'n roll !

La sécurité sera à la hauteur !

La sécurité fait un boulot de dingue, les effectifs ont été triplés. De gros bras recueillent ainsi tel des sacs de pommes de terre les ectoplasmes qui tournent boulent au dessus de nos bras fatigués et ne manquent pas, leurs esprits retrouvés, de naviguer à nouveau du fin fond du site vers la scène !

Lemmy, imperturbable !

Lemmy, imperturbable !

Poignets cloutés, rangeots, bottes et autres douceurs nous percutent à souhait, une semi libération parvenant jusqu’ à nous  avec parcimonie quand un frêle corps féminin déboule au dessus de nos crânes. C’est quasi dos à la scène, au mieux de trois quarts que nous appréhendons le passager suivant. Hallucinant et de plus en plus insupportable. Car la situation, prise avec philosophie au premier abord devient vite lassante, interminable, mettant les nerfs d’un public souvent familial à rude épreuve.

Pendant ce temps, Adrien revient d’Exodus . Le roi de l’incruste va t’il réussir l’exploit de se retrouver à la seule place qui lui est dévolue, le premier rang ? Son calvaire ne sera pas un vain mot pour fendre la foule. Il parviendra toutefois au profit d’un pogo furieux, à nous rejoindre et, mieux, à se visser, comme par magie  à la balustrade ! Le champion du monde a encore frappé  et zappera Slayer afin de  rester aux premières loges pour le baiser. Il pourra toutefois profiter de ces derniers deux semaines plus tard, à Bilbao, avant de nous clouer sur place, Seb et moi, nous retrouvant au second rang lors du phénoménal show de Rammstein  !!!

Heureusement, quelques filles aussi, plus légères innondent le ciel de Clisson.

Heureusement, quelques filles aussi, plus légères innondent le ciel de Clisson.

Et le concert me direz vous ? Ah oui, Motörhead ! L’affrontant dans l’adversité, baigné dans un nuage de poussière d’où percent les derniers rayons d’un soleil couchant, il restera les traces d’un savoir faire à toute épreuve, d’une machine à broyer, d’un rouleau compresseur drivé par un timbre rocailleux à l’extrême et deux acolytes au diapason.

Lemmy, légendaire ! Pict : Seb.

Si ce n’est celle du contexte, le set est sans surprise, carré et redoutablement efficace. Nos seuls répits viendront des solos de gratte et de batterie ( inutiles mais reposants ) et d’une danseuse du ventre qui capte les regards sur Killed by death.

L'éclate absolue pour certains. Pict : Insane motion.

Quand  Phil Campbell nous propose alors les premiers accords de l’attendu et cultissime Ace of spades, on imagine que l’averse des corps qui s’intensifie touche à sa fin. Malheureusement, nous demeurons davantage focalisés par notre supplice   que par le divin brulot ! Ann So Clenet, l’épouse de Jean Michel, nous a rejoint peu avant le concert avec sa charmante  fille Marie. Or, les girls sont comme apeurées, à la frontière de la terreur, les enfants sont planqués sous les hommes. Je vois Christian Renard blème sous son maquillage qui s’efface peu à peu. Ses platform boots le tiennent debout mais il vogue de tribord à bâbord emporté par le flot des corps qui vacillent sans chuter.

Voici alors venu le temps de  la prolongation où le coup de grâce nous est asséné par le savoureux Overkill qui manque de nous achever pour de bon ! Au rythme des futs de Mickey Dee,’the best drumer in the worlld’, dixit Lemmy, les secondes se transforment en incandescentes et interminables minutes qui semblent se jouer avec sournoiserie de notre libération salvatrice.

Les corps pleuvent sur Clisson !

La Kiss community est désormais émancipée mais comme vidée, stupéfaite. Malgré les tumultes, nous n’avons pas bougé d’un iota. Cette position, si  proche des icones du glam rock, aura été  plus méritée que jamais ! Les die-hard fans de Motörhead s’éloignent pour la plupart, il vont pouvoir se restaurer, se soulager, ou aller headbanger sur SLAYER tandis que d’autres restent sur place. Je sympathise avec l’un d’entre eux, un molosse. L’échange est chaleureux, il se languit de découvrir Kiss dont il ne connait que la légende.

Les kids ont survécu à Motörhead !

Les kids ont survécu à Motörhead ! Pict : Jérôme.

Il est temps de parfaire son make up... Pict : Ann So.

Je rappelle Sylvain, lui confie que l’ambiance festive, chaleureuse, on ne peut plus foisonnante nous a mis à rude épreuve. En direct, je lui raconte l’installation impressionnante de la Kiss stage. Bizarrement, cela se passe devant nos yeux. L’immense rideau au logo argenté n’a pas été déployé. Il est pourtant enroulé sur la première rampe. Le début du show va être encore modifié. Pour palier à l’absence d’un écran sur le côté gauche de la scène, l’immense flag ne tombera qu’ après la diffusion du film montrant le groupe en coulisses afin que tout le public profite de l’incroyable et spectaculaire entrée du groupe en scène !

... Pour un joli résultat ! Pict : Lolo.

Nous n’en sommes pas encore là, une surprise de taille m’attend ! Alors que la nuit vient de tomber, invisible depuis trois jours, mon ami Boubouille a décidé coute que coute de me retrouver. En un tel instant, il n ‘imagine pas que je puisse être ailleurs et sillonne frénétiquement, profitant des mouvements d’entre concerts, la largeur des premiers rangs. Une sorte d’ Adrien sommeillant probablement en lui, le voilà qui réussit son pari. J’en reste pantois, enchanté de le voir enfin en ces lieux ! Il va vivre le spectacle près de nous, laissant sa bande sur la plate forme handicapés, on ne peut mieux placée toutefois !

Tandis que la tension monte et la fébrilité nous gagne, congédiant la fatigue en un espace temps reculé, mon fils est en train de craquer et de vivre sa troisième défaillance du festival, au pire moment cette fois-ci ! Lui qui n’était pas avec nous à Genève, qui se délecte d’assister à ce concert depuis si longtemps n’en peut plus. Il est au bout du rouleau et veut partir !!! Impossible pourtant de reculer, de bouger d’un pouce. On ne peut même plus poser nos fesses dans ce qu’il reste de brins d’herbe. Dans trente minutes, le dernier concert, le plus prestigieux jamais donné à Clisson, le seul en France des américains, va commencer. Jimmy sort des bras de Pierrot, se déporte, perd sa place et commence, lui qui est si facile à vivre,  à devenir pénible.

Il flotte comme une once d’énervement. Adeline, la cousine de Poupoune, témoigne d’un certain agacement, elle qui n’est plus qu’à quelques minutes de son premier concert du baiser, compressée, en sueur comme nous tous et prise dans l’étau du rêve et de l’âpreté. Une certaine acrimonie, ô combien concevable, apparait alors tant l’ état de l’enfant est aux portes de la rupture. Si on finit par lui faire entendre raison, un photo, parue dans Le télégramme résume à elle seule l’état dans lequel il vivra les 130 minutes de Kiss sur le sol français !

On aperçoit pas mal d'entre nous sur cette photo du Télégramme. Jimmy est au bout de lui même...

Malgré le coup du rideau, décalé par rapport à Genève, l’entrée en scène des New-yorkais, amenés par une passerelle élévatrice du fond de la scène jusqu’à nous, s’effectue dans un vrombissement irréel entre flammes et explosions. La foule semble médusée quand elle aperçoit le trio volant au dessus de la batterie impressionnante d’Eric Singer sur le premier single de Sonic Boom : Modern Day Delilah.

Une des quatre plus belles entrées de l'histoire de KISS !

Une des quatre plus belles entrées de l'histoire de KISS !

Poupoune et Sylvie à fond !

Poupoune et Sylvie à fond !

KISS a amené la grosse artillerie et n’ a pas fait les choses à moitié contrairement à Mötley Crüe ou Marilyn Manson l’an passé ! Durant les premiers titres, il flotte comme un sentiment étrange dans le public où s’entremêlent émerveillement, méconnaissance de l’univers kissien et décalage visuel absolu . Les gens sont au spectacle, moult caméras et appareil photos sont hissés et la furie retombe peu à peu.

L'attente fut longue pour Adeline et J.C qui profitent enfin !

Si certains slammeurs impénitents se hasardent à voler encore au dessus de nos têtes, ils comprennent vite que ce petit jeu là est terminé. J’ aperçois alors un père de famille et quelques proches sortir de leurs gonds . Électrique,  l’ambiance l’est aussi dans le public ! D’autant plus que Dean Snowden un des managers du quatuor maquillé donne désormais des consignes stupides à la sécurité : plus de photos et de films ! Ce fait est d’autant plus inexplicable qu’il est inédit au Hellfest mais aussi sur toutes les autres dates de la tournée de Kiss ! Jamais nous n’ avions été ni ne serons scrutés de la sorte ! Quatre jours plus tard, à Barcelone, lors de la meilleure date de cette tournée, pas la moindre contrainte pour les spectateurs ! Cette initiative est d’autant plus regrettable qu’elle ne touche que les cinq premiers rangs, les die-hard fans, le reste du public pouvant photographier à loisir ! Depuis, même pour les organisateurs, le mystère reste entier.

Trop de photos pour les fans ??? Pict : Le télégramme.

Mais ce malaise n’est il pas révélateur d’un état de fait ? Le baiser n’est pas au mieux, c’est une évidence. Enfin, pas le groupe : son génie, mon idole : Paul Stanley ! Pourtant, même nous,  les spécialistes, mettons du temps à nous en apercevoir. Il faudra attendre la piètre réponse du public sur Black Diamond pour le réaliser vraiment.

Paul Stanley, un mystère non résolu !

Gene by Moocher.

Pourtant, le starchild, comme à son habitude en France et ici seulement, entame l’hymne national et réussit la gageure de faire chanter la Marseillaise au Hellfest, véritable exploit en ces temps de honte footballistique nationale !

Ce n’est que plus tard, au fil du show, que l’on décéléra subrepticement que quelque chose cloche. Lui qui se déplace perpétuellement ne viendra nous voir vers la droite qu’à une reprise, il entamera deux growls aussi inattendus que mystérieux et dénoncera quelques problèmes sonores et de retours lumières qui nous sont restés étrangers.

Tommy by Moocher.

Outre ces faits, vocalement, mon idole absolue n’est pas dans un grand jour, loin s’en faut. Plus le concert avance, plus il pioche ! Le tant attendu I was made for lovin’ you s’avèrera même des plus laborieux !

Heureusement, les trois compères de Paul font le show ! Gene Simmons, l’image du groupe toute langue dehors, chante parfaitement et capte l’attention de l’assistance. Une marée humaine qui ne sait pas ou donner du regard tant il y a à se mettre sous les yeux et à se faire saigner les oreilles.

Eric by Moocher.

Même si un membre du groupe est moins bien,  il y a dans les voiles du navire KISS suffisamment de souffle créatif pour ne pas faire appel  aux alizés du grand guignol. Ils l’ont prouvé durant près de quarante ans de carrière. Le seul groupe aux quatre chanteurs témoigne d’une énergie à toute épreuve. Tout en souffrant  d’une set list qui eut pu être plus catchy ( rendez nous I stole your loveTake me, Makin’ love, I want you, C’mon and love me … ), les moments de pure magie rock’n rollienne le disputent sans cesse aux prouesses du spectacle proposé. Ce groupe pourrait changer six fois chacun des vingt titres qui composent le set sans que la tournée n’en pâtisse, bien au contraire … Qui peut en dire autant ?

Il suffit de se retourner pour lire le plasir sur ces visages expressifs.

Quand ces deux aspects là sont réunis, le groupe nous offre ce merveilleux duel guitare / batterie Tommy et Eric rivalisent de technicité complice chacun sur leur plate forme élévatrice dans un déluge de feux d’artifices. Alors oui, il y a tout cet aspect spectaculaire que les fans adorent, l’envol de Gene au dessus des lights, celui de Paul à l’autre bout de la fosse sur un filin qui surplombe la foule, les flammes à gogo, les confettis et autres élévateurs …  Oui Kiss est cela, quatre héros de BD prenant vie devant vous et jouant un rôle défini mais ce groupe est une institution majeure,une des  influences principales du monde du hard rock, du death, du thrash, de tant de groupes qui ont défilé durant ces trois jours et bien plus encore !

Shock me : la version qui déchire !

Alors surtout, ne lieu comunisons pas sur cette légende bien vivante et ne le réduisons pas à ce visuel quasi fantasmagorique. Ils démontrent ce soir encore, toute la dimension de leur univers devant un public pas tout à fait acquis, souffrant parfois de préjugés malveillants, éreinté par trois jours de folie, et qui n’a plus beaucoup d’essence ni de gaz. Même Pierrot, subjugué mais vidé, blanc, le regard minuscule reste livide tant il aura du mal à sortir vainqueur du combat qu’il mène avec la fatigue .

100 000 years : Paul envoute enfin le Hellfest !

Sur  100 000 years, Paul, enfin merveilleux, retrouve tout son éclat de  rock star charismatique. La rythmique en béton armé du morceau propulse la foule dans le jeu du starchild, véritable bête de scène qui transcende le public dans une communion  totale ! Deuce demeure tonitruante, I love it loud, heavy à souhait fait son petit effet tandis que Love gun, Detroit rock city et Shout it out loud  électrisent une foule qui semble retrouver vigueur dans la dernière ligne droite alors que Rock ‘n roll all nite fascine fans et néophytes qui ignorent tout du terrible final où le show bascule dans l’inouï avec guitare cassée, confettis, musiciens qui taquinent les étoles et scène qui s’embrase .

Un final toujours grandiose !

On adore Kiss ou on déteste. Ce soir, même en petite forme, le combo magique a conquis de nouveaux fans. Ils furent la raison de la renaissance de bien des yeux éteints avec un show imparable qui a respecté durant plus de deux heures les   25 000 métalleux présents. Même si ils ont oublié la sublime version acoustique de Beth, même si l’on était très loin de ce que seront les concerts espagnols de la semaine suivante, ils ont montré, dans l’adversité, leur incomparable savoir faire et permirent au Hellfest de pénétrer dans une toute autre dimension.

Un montage des magnifiques photos d'Insane Motion.

Un montage des magnifiques photos d'Insane Motion.

Chapitre 6 : retour sur terre.

Durant le feu d’artifice qui conclue ces trois jours en apnée dans un monde parallèle, on a conscience que ce Hellfest a filé comme la nuit avant l’aube en un fraction de seconde et nous a ouvert des portes qu’on pensait à jamais verrouillées en proposant à qui veut bien en profiter un voyage étonnant vers une ouverture d’esprit libératrice.

Just after the show ...

Boubouille nous quitte  tandis que la famille se retrouve peu à peu. Cette idée de Rock Hard tent n’était pas la bonne pour un rendez vous. Les fans arrivent à tour de rôle devant une MainStage 1 où les roadies de Kiss s’affairent. Si certains nous quittent vite pour retrouver une couche dont ils rêvent, quel plaisir de  revoir à nouveau Pascal Riccieri, the Cannonball, le célèbre catcheur fan de longue date. Il y a aussi Marie-Joelle que je retrouve enfin et des tas d’autres potes : Jean Claude, Christian etc…

Un coup de vent bienvenu amène jusqu’à  nous un certain Philippe Briec, pierre angulaire française ( avec le Kiss journal ) d’une époque pré-internet où il était impossible d’avoir des infos sur le groupe dans les 80’s et les 90’s. Son réseau était impressionnant …  Jérôme, qui espérait le rencontrer depuis un quart de siècle, savoure cette apparition un peu trop brève mais ô combien appréciée !

Retrouvailles avec Philippe Briec.

Beaucoup de proches sont déçus par l’attitude mollassonne d’ un public épuisé qui n’aura répondu avec chaleur qu’au début du show et dans la dernière demi heure. On est loin de l’ambiance caliente, survoltée qui donne aux concerts espagnols ce sentiment d’éternité. Mais peu importe, les flashs crépitent de toute part, on active les boites à souvenirs avant de filer au Métal corner, entre le site principal et le camping. Au milieu de cette effervescence absolue qui nous conduira jusqu’à trois heures du mat, j’ aperçois l’imposant fan de Motörhead . Il s’avance vers moi, du respect plein les yeux :

– Putain man, ton groupe, quelle claque, ils m’ont troué avec force !

Tandis qu’une fête bat son plein à la Corner Tent, Pierrot retrouve la vigueur du fan de Maiden qu’il est et file headbanger une dernière fois sur un petit Running free bienvenu.

C'est Sylvie Bonin qui s'est sacrifiée pour nous prendre cette photo de groupe.

A deux heure trente, nous sommes encore près de quarante Kiss fans. Certains auront zappé le rendez vous ( Raymz, Jean-Rémi etc … ). Après la photo de groupe, on navigue de l’un à l’autre comme pour rendre ces instants éternels. Reverra t-ont le groupe ensemble en Europe ? 38 ans après sa création, le mythe est encore vivant ….

Quand on quitte le site, la hôte aux souvenirs déborde déjà.

Souvenirs, souvenirs ...

Lundi 21 Juin 2010

Peu avant de prendre congé de notre hôte vers 12 heures, la vieille dame nous dévoile la journal du jour : aussi incroyable soit il, Sylvie, J.C et Jérôme sont encore à l’honneur ! Adeline est aussi sur la photo …

L' édition du 21 juin de Presse Océan.

L' édition du 21 juin de Presse Océan.

Nous retrouvons Adrien sur le parking du Leclerc et filons vers Toulouse. Sur une aire d’autoroute , mes amis Les taupes nous attendent. Je ne les ai pas vus depuis vendredi. Le festival est multiple, il se vit de bien différentes façons ….

Deux unes ....

Après le plein d’essence, je file avec Adrien vers la boutique afin de régler la note. Dans le tourniquet à journaux, on aperçoit alors Midi Olympique, le journal du rugby. Anelka est en couverture . Le titre : Foot, la chance du rugby !

Prenant conscience du drame national sportif qui sévit, un fou rire nous guette devant l’inspiration des journalistes. Le coup de grace nous sera alors asséné par la découverte de la Une de l’Equipe : La France en car ( et non en quart ! ) avec une photo du bus de Knysna .

... devenues cultes !

... devenues cultes !

Beaucoup de gens attendent pour régler leur note et nous fixent, sidérés par notre attitude. Nous voici alors à genoux, écroulés dans le magasin, pris devant la caisse d’un fou rire communicatif et interminable.  On devine à leur regard médusés comme une pensée transparaitre !

– Pauvres garçons, ils sont envoutés …. Ils reviennent du hellfest !

THE END

Thierry Agar

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Remerciements spéciaux à Jeff sans qui cette aventure n’aurait pas été la même …. Sans oublier Gilles.

Merci à Moocher pour les superbes  photos complémentaires. Toutes celles de cet épisode et beaucoup d’autres sont ici : DIMANCHE HELLFEST MOOCHER .

Merci aussi à HAVELOCK pour le prêt de certaines photos et à tous ceux dont les clichés figurent dans ce reportage dont les superbes photos d’ INSANE MOTION .

N’ oubliez pas, vos commentaires, vos impressions sont importants. Laissez donc un petit mot !

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