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BENIGHTED : Porc Epique! ( + LOUDBLAST + FLESHDOLL) – Mardi 4 mars 2014 – Toulouse, Le Connexion Live –

Posted in BENIGHTED / LOUDBLAST Toulouse 4.3.2014 with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 5 mars 2014 by JATA LIVE EXPERIENCES

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Certaines galettes relèvent du choc absolu. Mis K.O par l’uppercut Collapse lors d’un été ensoleillé, nous ne nous sommes jamais complètement remis de ce premier choc avec l’univers BENIGHTED. Depuis, c’est be (29)une longue histoire : cette chanson est devenue l’hymne de nos soirées Hellfest et métal, l’incontournable de nos instants de délire, l’assurance de prodiguer une banane générale même aux plus réfractaires du style. Il arrive parfois  sans être un grand fan d’un genre ou d’un autre, d’y trouver le petit plus qui fait la différence. Ce supplément d’âme, je l’ai croisé au détour de mes quatre concerts du groupe à travers une proximité unique avec la foule telle une orgie de sons tout aussi violents que subtils. Servi avec maestria par d’excellents compositeurs mais surtout par un Julien Truchan à la fois possédé, impliqué mais détaché, au charisme enivrant et fédérateur, le personnage vous offre l’espace d’une heure de quoi sortir de votre corps et vivre une expérience rare. Un tour de force à lui tout seul, la réincarnation d’une truie en souffrance qui confère à son brutal death métal un souffle de porc des plus épiques…

Vous l’aurez vite compris, nous sommes là pour la bande de Stéphanois enragés. Quoi qu’il en soit, c’est  un riche plateau français qui nous est proposé ce soir dont le plat principal se nomme rien moins que les vieux routards de LOUDBLAST

be (2)be (1)En ce mardi de vacances scolaires, si les étudiants ont quelque peu déserté la ville rose, nous sommes tout de même plus de 300 à honorer les trois groupes extrêmes de cette Brutale Coalition dont l’escale toulousaine va s’avérer des plus réussies, festive et enivrante à souhaits.

Nous voici donc au Connexion Live, ravi à l’idée d’enchaîner 3 concerts, même si le second de la soirée propulsera le thermomètre de l’excitation, du déchaînement et de la fureur dans une sphère de laquelle les oreilles sensibles doivent s’éloigner.

Cette affiche 100% française constitue la preuve éclatante  de la bonne qualité de notre scène hexagonale.  Grosse valeur montante du death toulousain, FLESHDOLL ouvre le bal. Le groupe est rodé, parfaitement en place et n’en est pas à ses premiers balbutiements, enchaînant les concerts, même au Japon… Toutefois, difficile de percer réellement en France et ailleurs.  Les tempis sont très massifs, lourds et techniques. Cela rappelle beaucoup la scène floridienne du début des années 90. Ce n’est donc pas un hasard si  le groupe nous interprète une reprise des légendaires Cannibal Corpse (Stripped raped and strangled) qui, pour le coup va réveiller un public quelque peu contemplatif jusque là.  Tout au long de son set, les toulousains auront démontré un grand professionnalisme aidé par une nouvelle recrue bienvenue en la personne de son nouveau batteur, l’ex Gorod nommé Samuel Santiago  qui confère derrière ses fûts de la subtilité à l’entreprise. Une très bonne prestation qui présage le meilleur pour eux à l’avenir!be (8)

be (17)be (21)Je suis loin d’être le seul à attendre de pied ferme les stéphanois de BENIGHTED! Si ces derniers jouissent d’une  solide réputation en live, celle-ci est assortie d’une déferlante de louanges de la presse spécialisée autour de leurs derniers opus. C’est peu dire que le tout nouveau Carnivore Sublime (concept album relatant la dérive psychiatrique d’un individu qui finira par assassiner sa compagne pour la dévorer… lol…) atteint des sommets dans le style. Toutefois, peu importe le sens, les degrés, le niveau de lecture, les velléités existentielles et démoniaques qui s’emparent d’êtres perturbés ou pas… Nous sommes là pour le fun, pour partager la fureur, humer l’atmosphère de la porcherie , loin du pays des bisounours.

On annonçait une guerre totale. Elle a bien eu lieu! Un véritable déferlement de violence et de cris inhumains. Car c’est vrai qu’on se demande si  Julien est vraiment de cette planète quand il grouine à nous faire vibrer nos tympans extatiques, lui qui retrouve tout son charme, son humanité, son sens de l’humour (« Un beau moment de poésie, n’est ce pas? ») dès qu’il complimente la foule avec ce subtil ravissement teinté de bonhomie qui confère au personnage le contrepoids parfait de l’onde de choc qu’il vient de nous asséner. Tout simplement ahurissant!  Ce gars est juste extraordinaire, courant d’un coté et de l’autre de la scène pieds nus, tout en faisant la démonstration de son chant incroyable (alternant cris porcins, growls et chant clair).be (9)

be (27)Et le reste du groupe me direz-vous? Malgré deux changements majeurs du line-up, les petits nouveaux n’ont rien à envier à leurs prédécesseurs, c’est toujours aussi pro même si les anciens membres existaient tout de même précédemment un peu plus, aux côtés de ce monstre de Julien Truchan. be (14)  Toutefois, les deux guitaristes dont le fidèle Olivier et le nouveau Alexis n’en finissent plus de distiller riffs accrocheurs et heavy à souhaits, pluie d’harmoniques, pont thrashisants et autres interludes des plus mélodiques. La basse demeure sobre et solide tandis que les fûts sont malmenés avec une rage de circonstance et une dextérité qui illustre à la perfection les compositions déjantées des maestros du métal extrême. Dans le public,  le carnage se propage avec fureur tant la succession de slams, circle pits et wall of death ne laissera aucun répit aux guerriers qui ont investi les 15 premiers rangs du pit.be (30)

 Vous l’aurez compris, l’ennui est ce soir proscrit tant les instants de bravoure se succèdent dans ce délire sonore (le son reste pur, clair et puissant) où les compos particulièrement variées chavirent la foule  dans un pur torrent de brutalité. L’ivresse générale est telle que Julien n’y tenant plus, déploie son quintal telle une divinité de basse court hissée par les frêles bras d’une foule en transe érigeant growls porcins au firmament d’une communion extrême. Servi par un orgasme sonore dévastateur, l’interprétation transcendante du chanteur schizophrène nous propulse dans un tourbillon de folie où l’individu se détache de lui même. Que le Hellfest et autre Wacken se préparent à cette pure décharge d’adrénaline, sans quoi certains festivaliers risquent de ne jamais s’en remettrent. Nous voici quant-à nous toujours vivants mais désormais à jamais hantés par quelques beuglements porcins. Une certaine forme de jouissance qui restera à jamais inconnue du « grand public »….be (37)

be (35)be (33)Après cette baffe mémorable, dur pour les vétérans de LOUDBLAST de prendre le relais. N’était-il pas plus judicieux que Benighted soit la tète d’affiche? D’autant plus qu’une bonne partie du public semble être venu surtout pour voir ces derniers. Heureusement, la légende est toujours vivante. Stéphane Buriez en frontman d’exception qu’il est, le démontre une fois de plus ce soir. Première satisfaction, le groupe bénéficie lui aussi d’un son optimal. Et, il faut bien le dire, ça fait plaisir de voir à quel point ce combo était avant-gardiste au début des années 90 quand il offrait des titres comme My last journey qui n’a pas pris une ride. Même si les compos sont un peu moins violentes que pour le groupe précédent, le public reste présent et démontre une fois de plus son enthousiasme (les pogos sont toujours aussi nombreux…). Seul petit bémol, la durée du set ne dépasse pas l’heure et il n’y aura pas de rappel  (contrairement à Benighted) : les spectateurs auraient pourtant bien repris une petite dose de rab. Malgré tout, LOUDBLAST a démontré ce soir qu’il est bien plus qu’un dinosaure et que ses titres sont toujours aussi percutants.

Alors oui, les anciens sont encore bien présents mais ce soir, il convient de l’avouer, le porc fut ô combien épique!

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Chronique : Titi ( Intro et Benighted) & Conan Akiro ( Fleshdoll et Loudblast)

Photos : Titi ( Benighted et Fleshdoll) & Jimmy (Loudblast)

Merci à toute l’équipe de SPM et à Fred en particulier!

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