AMORPHIS : Plus de peur que de mal ! ( + LEPROUS + NAHEMAH ) – Vendredi 25 novembre 2011 – Toulouse, Le Phare –

‘Plus de peur que de mal!’… Quand cette maxime est généralement prononcée, c’est que le pire a été évité, parfois de justesse, généralement après être passé par l’étape ‘peur bleue’…

Il était à peine plus de 22 heures. La tête d’affiche de la soirée venait tout juste d’investir la scène et nous commencions à rentrer dans le concert pour lequel plus de deux cents cinquante personnes c’étaient déplacées… Quand soudain…

Tomi Joutsen va vivre un début de show compliqué.

Sans que personne ne comprenne le pourquoi du comment, aussi inexplicablement que brutalement, à brûle-pourpoint, un individu pénètre sur scène. Il s’est faufilé sur la droite, a enjambé les ‘crash barriers’. En un instant, le voici qui agrippe le chanteur vedette du soir : Toumi Joutsen. La pieuvre finlandaise, à l’image de l’ensemble de la foule, tout comme des photographes, ne comprend rien à ce qui se passe. Seul un membre du staff n’est pas resté stoïque et intervient en un rien de temps, rapidement secondé par la sécurité. Que se serait-il passé sans sa vigilance? …  Nul ne peut le dire. Était-ce un fan ou un agresseur patenté? Vu sa véhémence, la deuxième option semble s’imposer… Toutefois, plus de peur que de mal! L’ agresseur fut expédié manu militari hors de l’enceinte après avoir compris de quel bois pouvait se chauffer un finlandais énervé! Ce sera bel et bien le seul accroc à une belle et longue soirée qui se terminera très tard, avec trois autres fans, à deux heures du mat, servis par  les attentions de tous membres du groupe et d’un adorable merchandiser qui nous facilita la rencontre et nous offrit à chacun les drumsticks gravés du batteur Jan Rechberger.

Quelques heures plus tôt, nombre de connaissances échangeaient sur ce dernier concert du mois, épilogue d’un marathon incroyable depuis la mi septembre pour les fans de rock toulousains. Mais comment se priver, un vendredi soir qui plus est, d’une affiche des plus alléchantes? Beaucoup pourtant ont fait l’impasse. Même mon fils Jimmy, exténué de sa semaine n’a pas trouvé le courage de sortir… J’appelle nombre de potes pour que sa place ne se perde pas… en vain! Dans cette curieuse atmosphère, les présents ne regretteront pourtant pas le déplacement…

Même si ce soir l’affluence est moyenne, on peut constater qu’aucun des concerts proposés dans la ville rose n’a fait  de bide intégral en cette période surchargée et c’est tant mieux. Quelques jours plus tard, les merveilleux Bellrays réussiront l’exploit de remplir une seconde fois cette année la Dynamo (350 personnes) pour un autre moment mémorable…

NAHEMAH ouvre le bal...

Mais revenons sans plus attendre au Phare pour cette soirée des plus éclectiques. Les hostilités débutent calmement avec les espagnols de NAHEMAH (attention : ne pas confondre avec le groupe de black metal français) qui proposent ce que je qualifierai de post-core/metal atmosphérique. Le son n’est pas prodigieux mais reste correct, servant une musique  planante et envoutante à souhaits. Il faut certes pénétrer dans cet univers inconnu mais le groupe est  intéressant et mérite d’etre écouté sur album chez soi à tête reposée pour en saisir toutes les subtilités.

LEPROUS volera t-il la vedette à Amorphis ?

Vient ensuite l’un des groupes les plus attendus ce soir, celui qui avait divisé l’assistance un an plus tôt en ouverture de Therion. Désarçonné dans un premier temps, j’avais pour ma part fini par adhérer à l’ ambitieux métal progressif de LEPROUS. Mais ce terme est vraiment trop réducteur pour ce combo hyper technique qui flirte aussi avec  le heavy extrême et l’électro. Une évidence ne peut être niée, ces musiciens sont tout simplement énormes. Le chanteur Einar Solverg dispose d’ un registre vocal exceptionnel (tour à tour chant clair, black ou metalcore) et montre qu’il est un frontman de premier plan. Le batteur Tobias rivalise sans mal avec les plus grands tandis que les deux guitaristes (qui utilisent sur certains morceaux des guitares à huit cordes) nous exposent leur virtuosité. Qui pourrait se douter que Tor Oddmund Suhrke (à vos souhaits!) à 40° de fièvre et qu’il retournera se coucher juste après avoir quitté les planches?

Un océan technique s'abbat sur le Phare...

Pas de doute, la Leprous touch est une musique  difficile à aborder lors d’une première écoute, ses formules élitistes  désorientent plus d’un métalleux,  mais le public présent ce soir adhère  davantage qu’un an auparavant. Certains ont écouté, apprécié et sont venus pour eux. Gageons qu’à l’avenir, ils auront la reconnaissance qu’ils méritent même si leur univers semble inaccessible à une certaine frange du grand public métal. Quoi qu’il en soit, ce fut encore un privilège d’assister à une telle démonstration qui méritait un son mieux réparti ( les premiers rangs ont subi une pure bouillie, navrant!).

Le dernier clip de LEPROUS pour vous donner une idée …

Un dernier salut avant de retrouver les fans, simplement, dans le hall, après le set d'Amorphis...

Toumi Joutsen, 4 pieuvres.

Après une telle claque, la tache s’annonce hardue pour AMORPHIS. En tout cas, le groupe est bien en place après la petite frayeur qui a parcouru l’assistance…

Toumi Joutsen, une pieuvre.

Le son va aller en s’améliorant au fil du set mais ne servira pas au mieux les subtilités du sextet. Dommage car celui-ci fait la part belle à son dernier opus, le brillant The beginning of times. Les titres passent très bien en live et déchainent sans mal une partie du public.

Toutefois, le spectacle repose uniquement sur le charismatique chanteur Toumi Joutsen, dont les dreadlocks touchent presque le sol. On s’aperçoit vite que ce dernier  sera bel et bien le seul à s’agiter sur scène, la discrétion des autres musiciens s’avérant quasi suspecte.

Le public semble plus que conquis, envouté!

Quoi qu’il en soit, même s’il manque à ce show le petit brin de folie qui aurait pu casser la baraque, là n’est pas l’essentiel. L’ambiance et les titres efficaces sont au rendez vous à l’image de compos ultra chiadées telles que You I need , l’envoutant Silent Waters , l’ épique et efficace From the heaven of my heart ou encore le dandinant et réjouissant hit   House of sleep, absolument imparable .

Esa Holopainen & Niclas Etelävuori

Un concert que certains jugeront juste  correct laissant à Leprous   le règne du champ de bataille. Toutefois, c’est sans compter sur le sens absolu des mélodies d’Amorphis qui nous convie à une belle balade dans une atmosphère à la fois puissante avec cette once d’onirisme qui fait la différence. Un voyage que nous ne nous priverons pas de  réitérer avec le plus grand plaisir dès que l’occasion se représentera!

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Chronique, mise en page, photos : Titi

 Merci à Conan Akiro pour ces compléments live.

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Un grand merci à Roger de Base Prod et à l’équipe du Phare…
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NAHEMAH WEBSITE

LEPROUS WEBSITE

AMORPHIS WEBSITE

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SET LIST AMORPHIS :

La set list du soir à Toulouse.

SET LIST LEPROUS :

  • Thorn
  • Restless
  • Passing
  • MB. Indifferentia
  • Waste Of Air
  • Forced Entry

9 Réponses to “AMORPHIS : Plus de peur que de mal ! ( + LEPROUS + NAHEMAH ) – Vendredi 25 novembre 2011 – Toulouse, Le Phare –”

  1. J’avais vu Amorphis au Wacken 2010 en ne connaissant que trois ou quatre titres du groupe. Le concert m’avait énormément charmé même si cela devait être 14h00 et sous un soleil de plomb ( je pense qu’un tel concert doit plus donner de nuit). Depuis je me suis un peu rattrapé en ayant écouté le dernier album (ce qui ne fait toujours pas de moi un grand connaisseur, mais faut bien commencer quelque part).

    Quoiqu’il en soit le peu de gens que je connais et qui ont assisté au concert en sont sortis enchantés. Je pense que le public ne comptait pas trop de personnes étant là par curiosité ou parce qu’ils connaissaient deux ou trois titres, en octobre-novembre nous avons eu beaucoup de concerts à Toulouse et bon nombre ont surement dû faire des choix. C’est pour ça que je ne suis finalement pas venu à Amorphis.

    Tout ça pour dire que pour le premier groupe tu as fait une petite erreur. Tu cites « Nehemah » dans le texte et en légende pour la photo tu les appelles « Nehamah »🙂

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  2. Comme toujours, j’ai eu un réel plaisir à lire ta chronique toujours
    si détaillée et bien écrite.

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  3. Ben dis donc, j’étais pas au courant de cette soirée si agitée. Heureusement que tout s’est bien terminé.
    Belle chronique, ça donne envie d’y aller la prochaine fois qu’ils passeront même si je ne connais pas et que je découvre leur clip. Pour ma part, j’ai du faire des choix en octobre/novembre tellement il y avait de concerts.

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  4. Incroyable le coup du mec qui investit la scène et qui veut en découdre! Heureusement qu’on est pas aux States sinon le mec aurait buté des membres du groupe et des gars du 1er rang à coup de shotgun! Sinon je ne connais pas du tout Amorphis, ni Leprous, cependant j’ai vu sur différents sites de metal que les albums de Leprous avaient reçus d’excellentes critiques, parlant d’un groupe à l’originalité unique. Si j’ai le temps entre deux écoutes de Lacuna Coil et Primal Fear je tenterais d’y jeter une oreille!

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  5. Je ne regrette pas d’être allé voir ce groupe que je connaissais assez peu. « sampo » ou encore « The Kantele » sont superbe en live

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  6. Nous avons trouvé AMORPHIS génial,même si nous avions un peu peur pour le son (comme d’hab au phare) mais il s’est vite arrangé et c’était super, et il est vrai que le show scénique de Toumi Joutsen masque un peu le reste du groupe mais ayant vu leur DVD on a pas été surpris …
    Leur dernier album est fantastique,nous l’écoutons en boucle donc avis aux amateurs, à posséder absolument !!!

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  7. Toujours aussi agréable de lire tes reviews !

    Tes derniers mots traduisent parfaitement ce que je pense d’Amorphis : rares sont les groupes à créer une musique aussi riche que la leur. Ce concert au Phare a d’ailleurs été un bon témoignage de la valeur de cette formation, même si je regrette que les musiciens aient été aussi peu démonstratifs (on mettra cela sur le compte du flegme finlandais…)

    Il est aussi intéressant de faire un tour du côté des paroles. La plupart est adaptée du Kalevala, la plus grande épopée finlandaise : encore un petit bijou made in Amorphis!

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